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Le cheminement du Compagnon Franc-maçon par Olivier Pouclet

Le grade maçonnique de Compagnon est souvent négligé, considéré à tort comme un simple passage obligé vers la Maîtrise. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui rend souvent le procès initiatique de la Franc-maçonnerie stérile.

Le travail d’Olivier Pouclet intéressera tous ceux qui souhaitent restaurer la puissance de ce grade essentiel.

Conscient de l’absence de liens de filiation entre le Compagnonnage et la Franc-maçonnerie, Olivier Pouclet met en évidence les emprunts, notamment symboliques, faits au Compagnonnage et choisit comme fil d’Ariane de son ouvrage un ensemble de sculptures romanes. Il justifie ainsi ce choix :

« Les sculptures des édifices religieux, traduction de la pensée des tailleurs de pierre, sont de véritables livres de pierre et peuvent être abordées à la manière d’une banale bande dessinée. L’objectif principal des illustrations était de pallier l’illettrisme de la population, mais on suppose que certaines images ont également servi à représenter des messages symboliques destinés à un public initié. Les thèmes religieux de la période romane privilégient l’Ancien Testament aux Evangiles, et font référence à des textes apocryphes. Les monastères étaient dépositaires d’une culture héritée des centres antiques comme Alexandrie et la présence de certains ensembles sculpturaux des églises prouve la réalité d’une transmission du savoir des moines aux sculpteurs. L’imagerie romane s’inspire également de l’apport des cultures barbares, transmises à l’occasion des vagues successives d’invasions. On peut dire que les édifices romans bénéficient d’une forme de pensée plus universelle que celle présente durant la période gothique. »

L’auteur s’appuie notamment sur le travail des imagiers sur l’église Saint-Nicolas de Brem-sur-Mer. Il commence par s’interroger sur la place de la géométrie dans la Franc-maçonnerie. Ne maîtrisant plus l’art du trait et n’étant pas destiné à le maîtriser, le Compagnon se tourne vers une géométrie toute intérieure. Cette géométrie ne peut se déployer qu’à partir d’une étude minutieuse du grade et de sa symbolique. L’auteur de retourne vers l’alchimie, la kabbale, la gnose, les mythes pour favoriser la compréhension de ces symboles au service d’une architecture intérieure.

Olivier Pouclet propose une interprétation ésotérique du grade de Compagnon en s’appuyant sur les travaux kabbalistiques de Serge Marcotoune, malheureusement oublié aujourd’hui.

« Il a été suggéré, dit-il, que le Compagnon puisse être apparenté à l’homme de la chute, en tant que figure archétypale du premier représentant de l’Homme. Il est, en effet, celui qui doit trouver un équilibre entre sa partie céleste et sa partie chtonienne, entre sa spiritualité et sa matérialité. Son action opérative est traduite dans l’élaboration d’un savant équilibre entre l’esprit et le corps, avec pour ambition d’accomplir l’édification du temple intérieur.

La lecture des nombres, selon le modèle des arcanes de Serge Marcotoune, confirme non seulement l’état indifférencié de l’Apprenti, mais aussi la position dynamique du Compagnon. Cet aspect actif, ou même opératif, permet, lors de l’acquisition du deuxième grade de la Franc-maçonnerie, de s’engager dans le cycle interminable de la vie spirituelle. Le Compagnon possède déjà les qualités du mage, même si elles ne seront totalement opérantes qu’au moment de l’accession à la maîtrise. L’évocation de la magie donne cependant ses lettres de noblesse au rituel de Compagnon.

Le Compagnon s’engage donc consciemment dans sa quête de l’absolu, grâce à la connaissance de l’Etoile Flamboyante, dans un chemin qui le conduira à la sagesse. »

En ouvrant les portes des disciplines traditionnelles, Olivier Pouclet contribue à restaurer la dynamique du grade et l’art du voyage sans lequel rien de saurait aboutir. Ce travail intéressera au-delà du grade de Compagnon.