Marie-Madeleine: une figure archétypale du féminin ?

Marie-Madeleine : une prostitué désœuvrée ou bien une femme fortunée issue de la bourgeoisie de la ville de Magdala ? Les archétypes comportent bien souvent plusieurs facettes, qui parfois s’opposent. C’est ce qui fait leur force, leur universalité et surtout leur inaltérabilité. Ici donc, France Schott Billmann et Csilla Kemenczei vont tenter non seulement de dissocier l’histoire de l’affabulation autour de la personne de "Marie de Magdala", mais aussi, et surtout, essayer d’analyser pourquoi, et comment, cette figure représente "l’avatar d’un mythe ancestral, féminin".

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51:32
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"Sublimer la pulsion" : basculer du corps à l’Esprit, passer du charnel au spirituel

L’un des piliers du christianisme repose sur la croyance selon laquelle "Jésus est mort en croix puis ressuscité". Or justement c’est à Marie-Madeleine qu’Il va échoir le rôle de "premier témoin"… Et que lui-dit justement le Christ à ce moment précis* ?

"Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté"

Souhaitez-vous donc découvrir ce rôle quasi-alchimique et initiatique du personnage de Marie-Madeleine, sœur de Lazare, et archétype de toutes les femmes ?
Un rôle trop rarement évoqué par les théologiens, et pourtant passionnant, que le succès planétaire d’un Da Vinci Code est venu nous rappeler. Un écho, lointain et puissant à la fois, qui telle la course en forme d’ellipse d’un boomerang est venu récemment se rappeler avec force à notre "conscient". Un phénomène cyclique et dont l'origine, selon France Schott Billmann, se nomme "refoulement".


*Jean 20:17

Extrait de la vidéo

Bonsoir à tous, bienvenue sur Salamandre TV, alors un petit mot pour vous rappeler que Salamandre TV travaille en étroite collaboration avec Bagliss TV, j'en profite pour dire un grand merci aux équipes de Bagliss TV sans lesquelles la rencontre de ce soir ne pourrait pas avoir lieu. Alors ce soir, nous avons le grand plaisir d'accueillir mesdames Cilia Kemensai et France Schott-Billemann en compagnie desquelles nous nous interrogerons sur la figure de Marie-Madeleine dans une perspective psychanalytique, que ce soit le point de vue youmien, lacanien ou freudien.

Alors madame Schott-Billemann, bonsoir, je vais vous demander de vous présenter en quelques mots. Alors je suis docteure en psychologie et j'exerce cette fonction de deux manières, à la fois comme psychanalyste et comme danse thérapeute. Alors souvent les gens me disent « mais quel rapport entre les deux ? » En fait ce sont deux façons de rencontrer de l'autre en soi, de rencontrer de l'inconnu, quelque chose que nous ne connaissons pas dans le quotidien, qui nous surprend, et auquel on va s'efforcer de donner un langage.

Alors ce langage, ça va être un langage verbal dans la psychanalyse, un langage gestuel, rythmique et sonore dans la danse. Voilà, donc j'ai écrit un certain nombre de bouquins sur ces questions, qui sont donc à la fois toujours psychanalytiques et de danse. Et puis j'enseigne à la fac de Paris-Descartes, où j'enseigne dans le master de danse-thérapie. Donc parmi les livres que vous avez écrits, on va particulièrement parler de ce livre-là, donc je le montre à l'écran, « Le féminin et l'amour de l'autre, Marie-Madeleine, avatar d'un mythe ancestral » chez Odile Jacob.

Voilà, vous en avez écrit un certain nombre d'autres que nous présenterons en fin d'émission. Alors je me tourne maintenant vers vous, Silia Kevensaï, et je vais vous demander à vous aussi de vous présenter en quelques mots. Je m'appelle Silia Kevensaï, je suis d'origine hongroise, je suis psychologue-clinicienne, au départ avec un diplôme de Budapest, où j'ai été formée surtout par les psychanalystes froudiens.

Après mes démarches, ils m'ont guidée vers Jung, donc je suis devenue psychanalyste junguienne et je pratique encore la psychanalyse junguienne, donc je vis en Belgique depuis presque 20, un petit peu 20, 22 ans, et donc j'étais membre de la société belge de psychologie analytique Ségue Jung jusqu'ici deux ans, où je démissionnais. Et je continue quand même tout ce qui est de psychanalyse junguienne, mais avec une complémentaire qui est l'art-thérapie.

Donc je fondais une école, un institut d'art-thérapie qui s'appelle Atanor, Atanor comme le fourrage chimique dans lequel la matière psychique se mûrit, si on peut dire comme ça. Et en fait, cette école, cet institut, il enseigne une méthode d'art-thérapie spécifique adhérée à la pensée junguienne, qu'on appelle analyse des mythes corporels, donc c'est une technique un peu particulière en suivant le processus d'individuation, mais en transplantant sur le technique d'art-thérapie.

Alors, art-thérapie large, donc il y a aussi la partie corporelle, mais il y a également de l'art plastique et même de travail, entre guillemets, de body life, donc des installations carrément. Et donc je travaille comme support particulièrement intéressant entre les contes, les mythes et les légendes. Donc parmi les mythes, nous avons choisi deux nous intéresser à celui de Marie-Madeleine. Alors, est-ce que vous pouvez nous présenter, de manière succincte, le personnage historique et mythique de Marie-Madeleine ?

Oui, je vais essayer de présenter la partie historique, bien qu'on ne sait pas finalement, c'est tellement mélangé avec la partie mythique que c'est un petit peu difficile de les démêler. Ce qu'on sait de Marie-Madeleine, donc, c'est que c'était une femme qui habitait, qui était une riche bourgeoise d'ailleurs, de la ville de Magdala, en Galilée. C'était la sœur de Lazare et de Marthe, donc Lazare que Jésus a ressuscité.

C'était aussi, bien sûr, ce qui est le plus resté dans les représentations populaires. C'était la pécheresse, ou cet péché que Jésus a fait sortir d'elle par exorcisme. Et donc tous ces personnages composent une personnalité multiple. C'était aussi, bien sûr, donc la disciple du Christ.

Elle l'a suivie partout sur les routes de Galilée, elle a assisté à la crucifixion. Elle est aussi celle qui en deuil, après la crucifixion, cherche partout le corps du Christ, puisqu'il a disparu du tombeau, et qu'il retrouve dans le jardin sous la forme d'un jardinier. Je pense qu'on reviendra sur cette scène de la résurrection tout à l'heure, puisqu'elle est le premier témoin de la résurrection du Christ, ce qui en fait un personnage tout à fait exceptionnel.

Justement, dans votre livre, vous écrivez, page 245, « Bien que Marie-Madeleine ne joue qu'un rôle secondaire dans les évangiles canoniques, Jean la présente de telle manière qu'on pourrait la considérer, bien avant Paul et sa vision sur le chemin de Damas, comme la fondatrice du christianisme. » Est-ce que vous pouvez développer ce point ? Oui, alors, pourquoi la fondatrice du christianisme ? Parce que le christianisme repose essentiellement sur l'idée de la résurrection du Christ.

Et la manière dont elle l'a découverte dans le jardin, redécouverte, alors qu'elle était éplorée, elle cherchait partout, puisque le corps avait disparu. Je crois que tout le monde connaît l'histoire qui est décrite dans l'évangile de Jean, dans un évangile bien canonique, mais il est le seul d'ailleurs qui en parle. Et donc elle est là, éplorée, et puis elle voit passer quelqu'un, bon c'est encore les ténèbres, c'est encore l'obscurité, c'est à peine l'aube, mais cette personne lui semble être le jardinier.

Et elle dit donc à ce jardinier « Est-ce que c'est toi qui aurais emporté le corps de notre Seigneur qui a disparu ? Enfin si tu sais quoi que ce soit, dis-le moi, je t'en supplie. » Et à ce moment-là, donc elle ne l'a pas reconnue, mais il l'appelle par son nom, il lui dit « Marie ». Et à ce moment-là, se sentant nommée, elle se jette à ses pieds et elle veut embrasser ses genoux, et c'est à ce moment-là qu'il lui dit la fameuse phrase « Ne me touche pas » Noli

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