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La grenade est un symbole traditionnel très ancien qui traverse les temps comme les mythes. Elle fut un fruit providentiel avant de devenir un symbole puis un mythème, inspirant les poètes comme les métaphysiciens.

 

Associée, à l’abondance, à la fécondité, à la fertilité, à la féminité, nombre de cultures antiques s’en emparent, Phéniciens, Sumériens, Egyptiens, Grecs… Thomas Grison puise aussi bien dans l’archéologie que dans les mythes pour retrouver la trace de ce fruit essentiel aussi bien comme nourriture qu’élément cultuel :

« Fruit de la sacralité par excellence, la grenade est régulièrement convoquée dans la vie religieuse de la région du Levant. Ainsi, dès la fin du deuxième millénaire avant notre ère et le début de l’âge de fer, de nombreux objets cultuels se rapportent à la grenade. »

La grenade s’imposera dans l’ornementation du temple de Salomon. Thomas Grison note qu’elle est citée à neuf reprises à ce sujet dans le Livre des Rois et les Chroniques. Il s’intéresse également au mythe de Perséphone dans lequel le fruit tient une place importante et ambivalente, intimement liée à la mort et au retour à la vie, ce qui sera une constante dans les mythes méditerranéens. La grenade est aussi associée à Eros et à Aphrodite, à l’amour et au plaisir. 

Comme la vigne, la grenade véhicule un sens alchimique interne particulier. Ce n’est donc pas un hasard si nous la retrouvons dans le cycle du Graal de Chrétien de Troyes, alors que Perceval pénètre dans le château du Roi Pêcheur. La littérature traditionnelle, comme la peinture, fera souvent appel à la grenade comme un marqueur du chemin initiatique. Thomas Grison offre aux lecteurs plusieurs références intéressantes qui mettent en évidence la fonction du mythème.

Dans la dernière partie de l’ouvrage, il est question de la place de la grenade en Franc-maçonnerie. Parfois présent mais discret, le fruit en est souvent négligé. Toutefois, remarque Thomas Grison, « Comme symbole maçonnique, la grenade devient sujet d’études dans des ouvrages dédiés, et ainsi de nombreux auteurs consacrent quelques lignes aux fruits du grenadier, cherchant ainsi à expliciter, à interpréter ou à justifier sa présence dans le temple maçonnique ». Il convoque divers auteurs à ce sujet, Jean-Marie Ragon, Jules Boucher, Irène Mainguy, notamment, pour finir sur une note optimiste :

« A l’image de la grenade, la Franc-maçonnerie est riche d’une multitude de graines ou, plutôt, d’arilles qui sont aussi le gage de sa vitalité et de sa diversité. Dans un monde qui cède volontiers aux sirènes du pessimisme et de la morosité, le fruit du grenadier nous invite donc, à la fois, à l’espérance, à l’union fraternelle et à l’humilité. De ce point de vue, la grenade a donc, et sans doute plus que jamais, goût de paradis. »

Source: La lettre du crocodile

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