A l’aune du troisième millénaire, en 1979, Jean Borella fit paraître : "la Charité profanée"*, qui représentait la somme de douze années de réflexion post-Vatican II, sur la place de la Charité, (qui est l’une des vertus théologales majeure au sein du Christianisme) dans notre monde moderne. Il y dénonçait la forme caricaturale que cette notion avait empruntée, par les aléas du politiquement correct, de l’acculturation de notre société et de son matérialisme excessif.
Pour Jean Borella: la charité ne se cantonne pas à l’altruisme ou à la philanthropie, elle a pour fin la déification, c’est-à-dire la compréhension par l’homme qu’il n’est pas un dieu en devenir (Prométhée), mais au contraire un "serviteur inutile". Car "aimer son prochain" ou "aimer tout court" n’est pas un sentiment ou un acte anthropomorphique. L’acte d’Amour prend naissance en Dieu : "Ce n’est pas moi qui aime, mais c’est Dieu qui aime en moi" nous dit-il.
Jean Borella La Charité profanéeCatherine Conrad
Quelles distinctions faire entre les différentes formes d’Amour que sont Eros, Philia et Agapé ?
A travers la manifestation de la charité dans la sphère sociale (horizontale et matérielle) ou spirituelle (verticale et indicible), souhaitez-vous mieux appréhender son antidote : la notion fondamentale du Mal ?
Notre société occidentale, en droite ligne des idéaux hérités du siècle des Lumières (qui a réduit la question du mal à la seule organisation sociale), œuvre t’elle pour le Bien ? Ou contre le Mal ? Ces deux efforts sont-ils analogues ou au contraire antinomiques ?
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Que laisse entrevoir la désaffection croissante de la spiritualité dans notre société (perseverare diabolicum?)
Réponse de Jean Borella dans cet entretien de 56 minutes, interrogé par Catherine Conrad et Bruno Guillemin.

* ce livre vient de ressortir sous le titre "Amour et Vérité " (2011, Ed Harmattan)