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Louis Trébuchet nous propose un voyage initiatique très original dans le monde traditionnel qui a engendré la Franc-maçonnerie. Ce voyage, placé sous le signe de Chronos, débute en 1150 avec la philosophie de l’Orient et s’échelonne selon une série de dates jusqu’à nos jours.

Ce millénaire amoureux dessine une fresque très pertinente pour penser la Franc-maçonnerie non comme institution mais comme un vaste mouvement inscrit dans le monde tout en cherchant aussi à s’en libérer.

L’ouvrage est construit à partir d’événements et de documents qui sont autant de marqueurs de la construction de l’édifice maçonnique, de marqueurs spirituels comme l’indique fortement l’entrée de l’ouvrage quand Louis Trébuchet va chercher chez Avicenne et Sohravardi les fondements de la démarche initiatique maçonnique.

« Leur école de pensée s’appelle la philosophie de l’Orient, non pas parce que la Perse est à l’orient du monde occidental, mais parce qu’ils furent les premiers à donner à l’Orient la signification symbolique que la Franc-maçonnerie lui donne aujourd’hui dans ses temples. »

C’est toujours dans l’Islam iranien que nous trouvons les racines de l’initiation de métier en ses trois degrés traditionnels mais aussi d’une chevalerie spirituelle qui n’est pas sans évoquer ce que sera plus tard la chevalerie maçonnique.

Cependant, d’autres sources sont abordées comme Pythagore ou Hermès, qui apparaissent comme deux piliers de la tradition occidentale :

« La référence à un principe de l’Architecture de l’univers et au Volume de la Loi Sacrée, rattachera l’un de ces deux courants de pensée, la colonne retrouvée par Hermès, et le refus du dogmatisme, l’absence de limite à la recherche de la Vérité au détriment de toute forme de dogme ou de révélation, ainsi que l’outillage rationnel cité lors de l’initiation, rattacheront à l’autre, la colonne retrouvée par Pythagore. Bien que, comme toujours dans la vie et dans l’histoire, ces deux courants aient pu s’entremêler quelquefois, sautant parfois d’une rive à l’autre de la Méditerranée, globalement l’un trouvera sa floraison au siècle des Lumières en Europe, et l’autre s’enracinera dans un mode de perception symbolique et de pensée ésotérique qui progressera au fil des siècles sur les rives de la Méditerranée ensemençant au passage toutes les religions du Livre. »

C’est sur cette base que Louis Trébuchet livre la trame maçonnique, depuis 1687 et la Franc-maçonnerie écossaise et irlandaise, majoritairement catholique. Les regards portés sur des points précis sont toujours significatifs et éclairent l’ensemble comme les distinctions de fond entre RER et REAA ou la disparition de la Bible (1829), les ajustements des rituels, et autres.

Tout ceci concourt à saisir la spécificité de la voie écossaise qui puise à des sources multiples pour se caractériser par la mutualité.

« Son trait particulier, conclut Louis Trébuchet, sa spécificité fondatrice, est qu’elle se veut une école mutuelle, c’est-à-dire que l’éveil, la réflexion, la Lumière naît de l’échange entre tous les participants. En quelque sorte le travail s’y fait horizontalement et non pas verticalement comme dans d’autres voies qui font appel à une lumière venant d’en-haut, comme au Rite Ecossais Rectifié, ou à la succession généalogique de maîtres, comme dans e soufisme. Point de gourou ou de Vérité révélée, le seul maître c’est la Loge dans l’échange collectif. »

Source: La Lettre du Crocodile

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