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Le chant du réel par Alain Galatis

Alain Galatis, poète, libraire, a publié plusieurs livres consacrés à la non-dualité. Avec ce « chant du réel », il déchire, par arrachements légers, les voiles qui masquent le réel. Chaque texte, bref et incisif, ouvre une brèche dans les murs du dédale dans lequel nous errons sans le savoir.

Voici quatre extraits qui rendent compte de la pertinence, du ton et de la force de l’ouvrage :

« La confusion.

C’est un paradoxe saisissant : délibérément, nous passons à côté d’une compréhension de nous-mêmes élémentaire et, obstinément, nous choisissons la confusion. Nous vivons par et pour la confusion. Elle est une valeur universellement partagée. C’est la clé de voûte de la société et la charpente de nos existences. Nous apprenons la confusion. Nous la vénérons. Nous la protégeons. Nous la chérissons. Nous la développons, la partageons et la transmettons. Tout plutôt que retrouver ou découvrir une cohérence, une lucidité qui viendraient inquiéter notre confusion chérie. »

« Paradoxe.

C’est un paradoxe saisissant : seul l’instant présent existe et il n’y a rien de plus difficile à appréhender pour l’humain. Mais si cet instant présent se révèle insaisissable, c’est bien parce que l’humain a inversé sa compréhension du monde. Le rêve lui semble le réel. Alors le réel lui apparaîtra comme une terre étrangère et inconnue. Il nie ainsi sa propre nature et donne sa préférence à un songe. »

« Réponse de la mouche.

Nous nous pensons comme des individus et nous voyons des phénomènes distincts : l’individu et la mouche. Cessons de nous penser comme un individu et la scène change : l’individu et la mouche sont de l’être en mouvement dans le même instant, à l’instar de tout ce qui les entoure. C’est aussi simple que ça. »

« Un pas dans l’éternité.

Un pas. Un seul pas accompli contient l’ensemble de ce que nous avons évoqué. La jambe droite s’avance, le corps se déplace, le pied se pose. Et l’univers entier nous accompagne. Nous croyons avoir avancé d’un mètre alors que nous avons accompli un pas dans l’éternité. Nous avons éprouvé le mouvement de l’univers. Tout se transfigure à chaque instant. Tout change à chaque instant. Le concept : « Alain a fait un pas en avant » est une vue de l’esprit, une image saugrenue, un songe. Dans le réel, Alain n’a pas avancé : c’est l’univers entier qui s’est métamorphosé. »

Chaque proposition est une ouverture vers le réel par la confrontation avec une évidence, que nous refusons, celle de la non-séparation.