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La mythologie judéo-christique par Jacques Trescases

Jacques Trescases constate que le judéo-christianisme fut un formidable facteur de développement en même temps qu’un générateur de monstruosités. Il propose d’approcher la Bible, Ancien Testament et Nouveau Testament sous un angle exclusivement mythologique et initiatique, éloignant ainsi les crispations dogmatiques et les questionnements historiques toujours sujets à polémique.

Les mythes chrétiens se sont coulés dans les mythes païens. La date de la naissance de Jésus, la crèche en sont deux exemples. Jacques Trescases prend en compte l’influence grecque, notamment portée par saint Paul pour aboutir à un ensemble mythologique judéo-gréco-chrétien qui nous conditionne largement, socialement et individuellement.

En interrogeant les préceptes moraux issus d’une interprétation limitée et dogmatique des mythes, il en est ainsi de la faute originelle, Jacques Trescases pose le principe de la conscience en opposant une conscience totalisante à une conscience séparatrice « qui nous enferme dans la prison de l’ego ». Il évoque les mythes chrétiens et la pratique maçonnique pour proposer un chemin vers un amour et une fraternité désintéressés, épurés des désirs vitaux.

La culpabilité, corollaire de la faute originelle, est longuement étudiée dans cet essai, d’abord comme phénomène de société conduisant à la désespérance et largement exploitée par les religions mais aussi sans doute par la marchandisation du monde mais également comme premier indicateur d’une sagesse à rechercher. Nous ne serons pas d’accord avec l’auteur quand il recourt à la psychanalyse, pseudo-science et pseudo-philosophie, pour trouver une solution au problème fondamental de la culpabilité, plutôt qu’à la philosophie, pensons ne serait-ce qu’à Epicure, d’autant que la démarche maçonnique qu’il préconise et met lui-même en œuvre est largement philosophique quand elle interroge les évidences.

Jacques Trescases en arrive au cheminement initiatique pour s’extraire des préjugés tenaces et se libérer des identifications mortifères. Il présente ce procès en sept étapes : mise en condition, visualisation de l’objectif, épuration, maîtrise de soi, spiritualisation, sublimation et réalisation qu’il représente par le « Chevalier de l’Eternel et de l’Universel ».

En conclusion, Jacques Trescases invite le lecteur à pénétrer les mystères initiatiques de manière dynamique. S’il existe bien une tradition primordiale, elle ne cesse de se renouveler.

« Conscients, nous dit-il, d’être les instruments de la volonté du Grand Architecte de l’Univers, de porter témoignage de sa Parole, nous devons être totalement libres pour pouvoir continuer son Œuvre, inventer le futur, car il reste encore beaucoup à découvrir et à faire dans tous les domaines pour engendrer une humanité meilleure, c’est-à-dire, symboliquement, promouvoir la Jérusalem céleste ou le Saint-Empire. »