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Cette collection qui nous permet de mieux cerner la personnalité et l’œuvre de Maître Philippe de Lyon (Anthelme-Nizier Philippe) s’enrichit donc d’un nouveau témoignage et quel témoignage !

Victoire Philippe (1878-1904) est la fille de Maître Philippe, décédée prématurément, à vingt-cinq ans. Elle fut également l’épouse d’Emmanuel Lalande (Marc Haven), l’un des Compagnons de la Hiérophanie avec Papus, Phaneg, Sédir, et tous ceux qui animèrent brillamment la scène occultiste du début du XXème siècle.
Victoire Philippe prit en note des paroles de Philippe au cours des célèbres séances qui se déroulèrent à Lyon au 35 rue Tête d’Or mais aussi à son domicile privé. Elle remplit ainsi trois carnets dont seul le premier avait été publié par Philippe Encausse dans son livre-référence, Maître Philippe de Lyon. Emmanuel Lalande avait lui-même corrigé ce premier carnet.
Les deux autres carnets, restés inédits, sont ainsi publiés pour la première fois dans cet ouvrage. Nous retrouvons bien sûr dans ces paroles de Philippe ses qualités habituelles. La simplicité de la forme et la profondeur de la pensée. C’est là un des principaux paradoxes du Maître Philippe : quelques phrases simples deviennent source d’une profonde réflexion ou d’une interrogation qui ébranle l’être. Dans la bouche d’un autre, elles seraient insignifiantes, mais dans la bouche de celui-ci elles sont autant de flèches qui viennent percer la carapace des conditionnements. Est-ce parce que nous connaissons, ou croyons connaître, toute la puissance et la dimension du personnage que nous prêtons davantage attention ? Ou est-ce que Philippe a su laisser son empreinte dans l’association apparemment simple de mots, simples eux aussi ?
« Dieu donne à celui qui a, il reprend à celui qui n’a pas. » Cette phrase ambiguë, contraire à l’Evangile en sa première lecture, oblige à quitter le plan des formes et des formalités de la religion, pour interroger d’autres dimensions, plus subtiles, afin d’approcher un sens plus profond que le sens commun. Et elles sont nombreuses ces phrases qui, ainsi entendues et assemblées par une conscience accrue, forment une tradition en soi.
« La terre ne peut rien garder de ce qui ne lui appartient pas, ni détruire de ce qui est à elle. Ainsi le Christ est ressuscité en corps parce que son corps n’appartenait pas à la terre. »
« On peut n’être pas de la même famille, du même pays et suivre le même sentier. Sur ce sentier, il y a les ancêtres et les descendants. »
« Nous avons toujours le même corps sous différentes formes. »
« Le rôle que la religion a joué dans le monde était fatal, mais il n’en est pas moins vrai que les prêtres sont aujourd’hui les serviteurs du diable plutôt que de Dieu. Ils n’ont qu’un seul dieu qui est l’or, et s’il pouvait tuer tous ceux qui, comme moi, parlent au nom de Dieu, ils le feraient volontiers !
Et cela a été un bien qu’il se trouve des hommes d’opposition protestant contre la religion, défendant les enterrements civils et luttant contre le clergé afin de lui apprendre à suivre le progrès de l’esprit humain. »
« Au fur et à mesure que nous progressons, nous changeons d’ange gardien, jusqu’au jour où nous sommes libres. Alors nous n’avons plus d’ange gardien. »
« Le cœur n’appartient qu’à l’esprit »