Au-delà de Darwin, pour une autre vision de la vie 2/2
Second volet de l'intervention de Jean Staune. La vision darwinienne classique nous dit que l'évolution est un phénomène imprédictible et que si celle-ci devait se reproduire un jour, dans les mêmes conditions, sur une autre planète, elle donnerait des résulats complètement différents.
Pour Jean Staune, une autre vision est possible. S'appuyant sur des résultats scientifiques récents venant de la paléontologie, la biochimie ou la génétique, il montre que, comme tous les autres phénomènes, l'évolution obéit à des lois et est donc en partie prédictible et reproductible.
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Cette thèse confirme les intuitions de précurseurs comme Pierre Teilhard de Chardin.
Sommes-nous donc le résultat accidentel d'un processus imprédictible ou notre existence s'inscrit-elle dans un processus ayant une logique quelconque? Réponse de l'auteur dans ce première vidéo conférence de 65 minutes (deuxième volet).
Extrait de la vidéo
Dont, tout le monde connaît ou presque l'idée de la théorie synthétique de l'évolution, néo-darwinisme, c'est-à-dire comment justement l'origine de l'homme est née, vous connaissez tous l'histoire de la histoire de Yves Coppens en Afrique, et donc tout commence dans la forêt tropicale où se trouvent des grands singes autour de la rift valley qui va se produire, voyez-vous la rift valley va se produire ici, là, entre l'Ethiopie jusqu'à Tanzanie, Ouganda, Kenya, etc.
Et donc cette grande faille va créer des montagnes qui vont arrêter les pluies tropicales et qui vont créer une savane de ce côté-là. Donc ici, dans cette savane, eh bien on va trouver, Lucie, on va trouver par ici, de ce côté-là, donc sur cette branche est de la rift valley, on va trouver les premiers êtres bipèdes qui sont les australopithèques. Et donc on a la théorie très simple de dire que dans la savane, voyez, là, c'est la rift valley qui a créé une montagne en tout son long, et effectivement, dans la savane, eh bien on est avantagé d'être bipède pour voir arriver les prédateurs de plus loin et pour courir, effectivement, mieux qu'un quadrupède qui, lui, voyez-vous, les quadrupèdes, on a décidé quelques singes là qui sont cachés dans les arbres, bon, eh bien eux, évidemment, ils restent quadrupèdes dans les arbres.
Et donc on se retrouve avec des grands singes dans la forêt à l'ouest, et les australopithèques. Vous savez que ce schéma, depuis, n'a pas fonctionné, puisqu'on a trouvé Toumaï, et on a trouvé également avant Toumaï, Abel, car on discute encore du statut de Toumaï, Anne d'Ambricourt, par exemple, ne croit pas du tout qu'il s'agisse d'un ancêtre de l'homme, elle penserait à un grand singe, mais on a trouvé Abel et Toumaï au Tchad, c'est-à-dire dans cette région-là.
Alors, évidemment, c'est très très très loin de la rift valley, mais il y a quand même un argument pour les défenseurs de la théorie classique, c'est de dire, ah ouais, mais le Tchad, le Tchad, à l'époque, c'est quand même un désert, oui, donc bon, si on vous dit qu'on trouve l'australopithèque dans le désert, ils ont peut-être venu de là, ils ont migré, ils sont passés par là, et puis par là, et puis par là, puis ils sont arrivés là, mais ils sont quand même peut-être nés, puisque là où il y a des australopithèques comme Toumaï et Abel, en tout cas Abel est à australopithèque, c'est sûr, Toumaï, c'est moins sûr, c'est quand même très loin, mais c'est dans un phénomène, un endroit désertique, sauf qu'on a trouvé le Ramidus qui, lui, est indiscutablement à l'ouest de la rift valley, c'est-à-dire dans la forêt vierge, beaucoup plus près de la rift valley que le Tchad, mais il est dans la forêt vierge, et donc cet australopithèque, donc Ramidus, a une position du trou occipital que l'on voit ici, qui est exactement celle des autres australopithèques, vous voyez, le Ramidus, il n'y en a pas beaucoup, mais ce qui est très important, c'est qu'on a son trou occipital ici, donc on sait, avec cette base de crâne, qu'il est bipède, c'est-à-dire qu'avec cette base de crâne-là, on se dit, voilà, il y a 4,4 millions d'années, il est un million d'années plus ancien que Lucie, qui est le fossile australopithèque le plus complet retrouvé aujourd'hui, et sans ambiguïté, la base de ce crâne vous montre bien qu'il s'agit ici d'un être bipède, or, il vivait dans la forêt, alors comment on sait qu'il y a 4,4 millions d'années, c'était la forêt ?
C'est très simple, c'est qu'on fait des analyses de pollen, évidemment, les analyses de pollen vous permettent de déduire, quand vous avez trouvé un crâne, vous analysez la strata où il y a ce crâne, vous analysez les pollens, et vous voyez si c'est des pollens de savane, ou si c'est des pollens, évidemment, qui correspondent à des arbres et à une forêt vierge dense, donc c'est comme ça qu'on sait que le Ramidus vivait bien dans la forêt dense, et donc, le Ramidus, donc, il y a 4, les australopithèques comme Lucie, on en a trouvé d'autres, de 3 millions d'années, Lucie, on a trouvé d'autres un peu plus anciens maintenant, et le Ramidus, donc, lui, a été trouvé à l'ouest de la rive de Valais, et donc, il a été trouvé ici, en plein, dans la forêt.
Donc, c'est un argument très important pour dire, effectivement, qu'il y a quand même, qu'il y a quand même quelque chose qui cloche avec le modèle classique, puisque le modèle classique prédit qu'on trouvera les australopithèques anciens, surtout ceux qui seraient un million et demi d'années plus vieux que Lucie, qu'on les trouverait dans les savannes, logiquement ici, voire éventuellement dans d'autres savannes, pourquoi pas, mais dans des savannes.
Donc, c'est pour ça qu'effectivement, ça permet de se poser la question d'une autre vision de l'origine de l'homme, et c'est ce qu'a fait Adnan Bricourt, comme vous le savez tous, je pense, on va l'écouter d'ailleurs maintenant. Alors, ce schéma-là, qui est un schéma des ancêtres de l'homme, vous avez ici les hommes, vous voyez là, perdus au milieu, les australopithèques, qui sont nos ancêtres directs, et puis pour construire, éventuellement, c'est moins sûr, Egyptopithèque, bon, Sivapithèque, c'est reconstitué possible, les chimpanzés, les gorilles sont nos cousins ici, et puis les singes anciens, monde, les tarsiers, les orangoutans, c'est comme ça, c'est un art révolutif possible des primates actuels et fossiles, et évidemment, bon, ben là, on fait des liens théoriques possibles.
Mais ça n'a pas de sens, vous voyez, c'est peut-être même idéologiquement, volontairement ou volontairement, que les choses sont présentées comme ça. Pourtant, il suffit de remettre les choses sur un plan historique pour avoir une autre vision, où effectivement, ici, on voit bien six grandes familles, dont quatre ont encore descendants actuels, les proscymiens, qui ressemblent à des lémuriens de Madagascar, si vous avez vu, c'est des trucs de la taille d'une souris ou un peu plus gros, bon, les scymiens, qui sont des petits singes ici, les pongidés, qui sont des grands singes, alors ça concerne aussi bien le gorille, l'orangoutan, le chimpanzé, qu'effectivement des fossiles, il y a 20 millions d'années, et puis les australopithèques, il y a 7 millions d'années, et puis l'apparition, le psittoumaï, le psittoumaï est un australopithèque, parce qu'encore une fois, on a des doutes, mais disons, au plus ancien, 7 millions d'années, et puis l'apparition, donc, du genre homo habilis, il y a 2,5 millions d'années, et puis, ensuite, l'apparition de l'homo sapiens, il y a à peu près 150 000 ans.
Donc ici, on peut classer les différentes espèces de primates, donc dans ces six grandes familles, alors pourquoi six seulement, c'est un point essentiel, on va y revenir dans un instant, et là, on a simplement remis ces familles dans l'ordre de l'apparition, donc là, il n'y a rien d'extraordinaire, ce qui est pourtant, enfin, ce qui est important, c'est pourquoi six familles, pourquoi, par exemple, dans homo, vous n'avez pas homo neanderthalensis, entre homo habilis et homo sapiens, c'est l'argument qui va être développé dans un instant.
Mais on va d'abord écouter Anne. L'effondrement de la Rift Valley, qui a permis de donner un cadre concret à la théorie adaptative, eh bien, ces modifications d'environnement correspondent à un certain niveau évolutif, connaître les ordres, on est tous adaptés à des niches écologiques, mais il ne suffit pas pour expliquer le processus d'analyse propre à l'environnement. Alors, pourquoi ça ne suffit pas ?
Eh bien, parce qu'Anne a développé donc une analyse qui permet d'analyser la structure interne des crânes en trois dimensions. Voilà un pantographe. Gudin l'avait fait avant elle en deux dimensions, mais donc elle l'a développé. Voilà l'idée.
C'est que vous avez ici, donc, dans un crâne, un certain nombre de points. Le prostion, à l'avant de la mâchoire, vous voyez. Le basion, à la base du crâne, comme son nom l'indique. Vous avez une ligne qu'on appelle la ligne proston-prostion-basion.
Puis vous avez ici la pente du clivus. Le clivus, c'est cet os ici, vous voyez, très particulier, là. Et on va dessiner un axe qui prend la pente du clivus. Et ensuite, vous allez faire un triangle avec un point qui part du prostion