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John Rawls réhabilite de manière originale le « contrat social » de Locke et Rousseau. Sa théorie est construite sur le principe d'une égale liberté et d’un droit égal au système le plus étendu de libertés de base pour tous.

Elle refonde le politique comme art de gouverner et s’oppose à un utilitarisme qui légitime une violation des droits de l'homme, comme le démontre l’actualité récente en matière de terrorisme, dès l'instant où cette violation pourrait « servir » le bien commun. Les inégalités, sociales, éducatives ou économiques, ne sont légitimées que dans la mesure où elles profitent aux désavantagés et aux exclus et compensent une situation déficitaire. Le refus de l’arbitraire est en effet une pierre angulaire chez John Rawls qui bouleverse ainsi nos conceptions du droit à la santé et de la répartition des richesses.
Pour John Rawls, les sociétés libérales comme les sociétés organisées selon un principe hiérarchique ne peuvent faire abstraction d’un « minimum démocratique ». Il insiste sur le caractère universel des droits de l’homme qui constitue le cadre juridique général dans lequel une nouvelle « société des nations » peut émerger.
Bien que nombre d’idées de John Rawls soient révolutionnaires, il ne prône pas la révolution mais une réforme raisonnable et négociée dont les citoyens seraient véritablement les acteurs.
Tout en s’inscrivant dans la continuité de la philosophie morale et politique, John Rawls se réclame de l’héritage kantien et renouvelle ce courant par bien des aspects. Il n’est plus question d’une justice transcendante mais bien d’un projet humain d’équité.
Ses adversaires, comme ses partisans, reconnaissent que ses travaux sont incontournables dans le domaine de la philosophie politique et ne sauraient restés ignorés. L’influence de John Rawls sur les philosophes, les politologues et les économistes est grandissante et nombre de ses idées font leur chemin : la singularité reconnue des individus, les biens sociaux premiers pour mesurer le bien-être et les inégalités sociales, le large équilibre réfléchi pour résoudre les conflits, la volonté d’annuler les effets nocifs de l’arbitraire, etc. Il appartient maintenant sans doute aux citoyens, chacun selon sa compréhension, de s’approprier également ses travaux pour redonner des couleurs à une vie politique devenue désenchantée et cynique.