La conscience en débat : contre le réalisme naïf et le réductionnisme savant 1/2
« La parapsychologie expérimentale, c’est l’étude rationnelle, pluridisciplinaire, faite en laboratoire, de faits inexplicables - en l'état actuel de nos connaissances - ces faits soulignant une interaction directe entre le psychisme d’un individu et son environnement » peut-on lire sur le site de l’IMI, Institut Métapsychique International. Jean-Pierre Rospars est chercheur, membre de l’IMI, et mène, depuis de nombreuses années, des recherches sur l’influence, et la définition, de la conscience. Nos caméras l’ont justement suivi dans l’une des conférences qu’il a donnée à l’IMI.
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Ces faits inexplicables, cette interaction, d’origine indéterminée, entre le psychisme d’un individu et son environnement, alimentent de nombreuses controverses au sein même du monde scientifique. Une ligne de faille, qui renvoie dos à dos certains biologiques / neurobiologistes, tenants d’une mécanicité stricte des flux (électriques) neuronaux et que Jean Rospars nomme « les matérialistes fonctionnalistes », et les seconds qui refusent de réduire la liaison cerveau-conscience au seul traitement de cette information : « les non-réductionnistes ». Tendance, dont Jean-Pierre Rospars se réclame.


Il n’y a pas pire sourd que celui que ne veut pas entendre : l’exemple de l’agnosie.
Citons un cas, parmi les nombreux répertoriés : celui de l’agnosie, appelée aussi « cécité psychique ».
L’agnosie met en lumière le fait qu’un individu, ou un animal, peut soudainement être frappé d’une cécité sélective et partielle. Le nerf optique, la rétine et les neurones fonctionnent parfaitement, mais certaines informations ne franchissent pas le seuil de la conscience et restent dans une sorte limbe inconsciente.


L’information est pourtant bien reçue et mesurée, sur un plan sensoriel.
Mais une sorte de barrière, revelant à priori du ressort psychique, entrave son usuelle transmission. L’agnosie, à l’instar de l’amnésie, représente un véritable caillou dans la chaussure de l’approche mécaniste….
Plus qu’un caillou : un mystère.
Souhaitez-vous ainsi vous immerger dans cette science encore toute jeune, aux perspectives révolutionnaires, que sont les sciences cognitives ?
Une nouvelle épistémologie qui vous apprendra d’une part que « nous ne sommes, en rien, des robots » mais aussi, et là subsiste une part de mystère, que la perception du monde extérieur que nous nous faisons (et que Jean-Pierre Rospsars nomme ici « le réalisme naïf ») est clairement une illusion …
Une intervention passionnante, suivie ICI, d’un deuxième volet, qui abordera la dimension plus philosophique et phénoménologique de cette vaste question.
Extrait de la vidéo
Je vais vous parler évidemment de la conscience, avec un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point de vue qui est un point puis je continuerai par une introduction à une nouvelle discipline scientifique qu'on appelle les sciences cognitives et qui permettent de poser ce problème dans des termes nouveaux et fort intéressants où on verra, suivant le slogan que je l'ai marqué là, que la conscience est à la fois limitée et souvent inutile, mais pas seulement.
Et enfin je terminerai, ce sera ma troisième partie, par les conséquences philosophiques de tout ce que j'aurais posé avant et là aussi j'aurai un point de vue personnel qui est que ce qu'on appelle le réductionnisme ne fonctionne pas ce qui fait écho à l'introduction qui a fait Mario à l'instant. Commençons par la première partie où je vais parler de l'œil, du cerveau et des relations avec la conscience.
Donc d'emblée, si j'insiste sur le mot œil ici, c'est parce que je vais immédiatement restreindre mon propos pour que ça tienne à peu près en une heure en m'intéressant uniquement à la conscience visuelle, c'est-à-dire à ce que nous percevons par l'œil et la manière dont c'est traité par le cerveau et la question de savoir comment ensuite ça génère la conscience. Donc on voit d'emblée que j'élimine énormément de choses, toutes les autres perceptions vont passer à l'as, l'audition, l'olfaction, etc.
et plus encore, tous les aspects de matricité volontaire, d'actes volontaires, je n'en parlerai pratiquement pas. J'en parlerai un tout petit peu mais très peu. Donc on voit bien que le problème de la conscience, d'un point de vue scientifique évidemment, dans une grande partie amène à se poser quelles sont les relations de cette conscience avec le cerveau. Je commence par quelques mots, ce sera assez bref, de base sur le fonctionnement du cerveau.
Je ne vais pas trop insister là-dessus, la seconde partie viendra plus en détail sur les expériences qui sont suscitées sur cette base. Vous connaissez tous le neurone probablement, au moins de nom. Je rappelle simplement que le neurone est une cellule et il a fallu attendre la moitié du XIXe siècle pour qu'on réalise qu'en fait tous les organismes vivants sont des assemblages de cellules. Il a fallu encore attendre un demi-siècle de plus pour qu'on réalise que le neurone était elle-même une cellule comme les autres, c'est-à-dire formant un ensemble complètement délimité par une membrane mais qui à la différence des autres cellules n'est pas globulaire mais très étendue avec des ramifications.
Ce sont ces ramifications qui indiquent ses propriétés principales de récolte de l'information, de traitement de cette information et de distribution ensuite de cette information à travers l'axone, ici que j'ai représenté, qui est le plus long des prolongements du neurone. L'essentiel de ces conclusions-là a été établi à la fin du XIXe, début du XXe par Santiago Ramón y Carral, un espagnol, qui a eu pour ça le prix Nobel en 1906, je le précise pour que vous puissiez mesurer les progrès qui ont été accomplis par la suite.
Le fonctionnement du neurone, c'est un fonctionnement électrique, pour simplifier. L'élément essentiel, ce sont des petites impulsions de nature électrique qui sont envoyées le long de l'axone, que l'on appelait l'influx nerveux, qu'on appelle maintenant le potentiel d'action. En gros, vous voyez, j'ai dessiné ici un potentiel d'action, mais en général il se présente sous forme de traits de potentiel d'action que j'ai représentés ici.
Le premier à avoir compris la signification de ça, c'est Adrian, et il a obtenu pour ça également le prix Nobel en 1932, donc une trentaine d'années après Ramón y Carral. Il a compris que plus un neurone était excité, plus le nombre des potentiels d'action qu'il émettait était élevé. C'est un élément extrêmement simple et qui est très utile dans l'analyse du fonctionnement du système nerveux. L'étape suivante, qui va nous rapprocher de ce qui nous intéresse, c'est ce qui se passe au niveau cérébral.
La principale découverte dans ce domaine a été faite en 1959 par deux chercheurs, Hubble et Wiesel. Et là aussi ils ont obtenu le prix Nobel, mais longtemps après, en 1981, pour leur compréhension de ce qui se passe dans la zone du cerveau qui reçoit les axones qui viennent de l'œil. Donc dans l'œil reçoit la lumière et puis les signaux qui sont codés, comme je vous l'ai raconté à l'instant, sont envoyés dans le lobe occipital du cerveau, tout à fait à l'arrière, qu'on appelle le cortex visuel primaire.
Et ils ont été les premiers à comprendre ce qui se passait dans cette zone du cerveau. Et c'est ce que j'ai représenté ici. Ils ont montré qu'en utilisant des barres, des simples barres, des barres noires, en les montrant sur un écran à un chat anesthésié avec des électrodes dans son cortex occipital, on pouvait obtenir des trains potentiels d'action des neurones situés dans cette zone. Et lors d'une condition assez particulière, parce qu'il faut que la barre ait une certaine orientation et un certain déplacement.
Alors ici pour le neurone qui a été enregistré dans cette zone, vous voyez qu'il ne répond pas quand la barre est verticale ou horizontale, mais quand elle est inclinée de 45 degrés et se déplace dans cette direction, et là le neurone a une réponse maximale. Alors ça c'était remarquable parce qu'il y avait beaucoup de gens avant qui avaient essayé d'obtenir des enregistrements dans le cortex occipital et n'y avaient pas réussi parce qu'ils utilisaient des stimulus circulaires, tout simplement parce que l'œil est très sensible aux stimulus circulaires et pas aux barres, alors que c'est l'inverse dans le cortex.
Donc c'est de là que vient la tardivité en quelque sorte de leur découverte. Alors évidemment il y a des milliers voire des millions de neurones dans ce cortex qui répondent à toutes les orientations possibles et à toutes les directions du mouvement. Et cela vous indique déjà que dès le départ, il y a une sorte d'analyse du stimulus visuel, de l'image que vous voyez et qui est décomposée en des éléments extrêmement élémentaires.
Alors on verra ce qui se passe après plus en détail. Donc ça c'est la première étape. Plus récemment, les gens se sont intéressés à ce qui se passait éventuellement beaucoup plus loin dans le cerveau et ils se sont demandés si éventuellement il n'y aurait pas des neurones qui seraient capables de reconnaître des scènes complexes. Et alors c'est ce qu'ont trouvé ces chercheurs, Koyan Kiroka et ses collègues, donc en 2005 ils ont publié ce travail-là, dans une zone qui se trouve, je ne vais pas trop insister,