Philippe Guillemant et la Route du Temps

Le temps est-il réversible ou irréversible ? Autrement dit, un simple mortel peut-il, sous certaines conditions, modifier son futur, voire même agir sur son propre passé ? C’est le défi auquel nous invite ici Philippe Guillemant. L’homme, qui n’a rien d’un farfelu, a bien conscience de toucher là un gigantesque interdit de notre époque…

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Référence internationale de la vision artificielle, chercheur au CNRS, physicien du rayonnement, lauréat cristal du CNRS, Philippe Guillemant se passionne depuis son plus jeune âge sur la question des coïncidences troublantes (appelées synchronicités). Suite à ses recherches, il conclut que ces coïncidences constituent des piqûres de rappel, un point de convergence (troublant) entre "un futur déjà réalisé" et "un passé toujours présent".

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Ces points de convergence peuvent survenir à tout-à-chacun, à condition pour lui de s’ouvrir à la Foi, à l’Intuition, à la Joie et/ou à l’Amour. Cultiver ces vertus permet la création d’un terreau propice à l’expression de ces lois acausales et ainsi sortir du déterminisme, faire émerger le libre arbitre qui sommeille en chacun de nous. "Tel est l’Art de vivre que doit cultiver chaque chercheur dans son chemin", selon Philippe Guillemant, faute de quoi "on vit pour rien" (cf. Gitta Mallasz).
Cet état d’Esprit qui vise ostensiblement à "défavoriser la causalité", refuse de considérer la vie psychique comme matérielle, mécanique et "écrite 100% à l’avance".
Certes, pour les rationalistes: la réalité est UNE et ne se construit QUE dans le présent. Ce tunnel de vie demeure selon eux intangible. Pour Philippe Guillemant, ce tunnel est tout sauf "absolu", il flotte en effet sur un océan, et les remous de cet océan peuvent faire vaciller, et même fissurer ce tunnel! ... Quelle est la nature de "ces remous" ? D’où proviennent-ils ?

"Le cerveau droit, lieu de l’intuition et du langage non discursif, recueille les informations qui viennent de notre futur. Par un travail sur les différents centres du corps humain, mental, émotionnel etc, on peut travailler à développer son cerveau droit. Si on le néglige, ce que font la plupart de nos contemporains, c’est le cerveau gauche qui tire la couverure à lui … et ainsi au lieu de converser avec son futur, on ne fait que raisonner selon son passé…". Un axe de vie moribond en quelque sorte mais qui est étabi comme norme par la société de masse, le mainstream.
D’où la nécessité d’un travail sur le détachement, le lâcher-prise, la confiance, et cela non pas pour rester "scotché au plafond" comme l’enseignent de nombreuses voies spirituelles… mais au contraire pour agir et prendre des risques : entrer dans son Axe de vie.
Souhaitez-vous donc comprendre comment l’Âme constitue un médiateur entre l’Esprit et le Corps?
Selon vous, le temps est-il une mécanique impalpable, implaquable qui nous dépasse… ?
Ou bien à l’instar d’André Breton - qui fit graver sur sa tombe "Je cherche l’or du temps" - notre but d’incarnation n’est-il pas de faire se transmuter chaque seconde qui passe en pépite d’or ?

Eléments de réflexion de Philippe Guillemant, dans cet entretien mené par Florence Leray.

Extrait de la vidéo

Philippe Guillemant, bonjour. Bienvenue sur Baguiste TV. Philippe Guillemant, vous êtes chercheur au CNRS, physicien du rayonnement. Vous êtes une référence internationale de la vision artificielle.

Vous êtes lauréat du prestigieux cristal du CNRS. Et vous vous intéressez à la synchronicité depuis votre plus jeune âge. A votre sortie de l'école centrale de Paris, vous n'avez de cesse de trouver une explication de ces phénomènes de synchronicité. Vos travaux dans la détection de corrélation dans les systèmes complexes vont vous amener à émettre une théorie révolutionnaire du temps, dont vous rendez compte dans votre ouvrage La route du temps, un ouvrage qui parle de double causalité.

Alors, pouvez-vous nous expliquer ce qu'est ce concept de double causalité ? La double causalité est inscrite dans les équations de la physique, puisque dans les équations, elles sont... on peut inverser le temps sans que ça dérange la mécanique, c'est-à-dire que la mécanique fonctionne dans les deux sens du temps. Toutefois, dans le modèle standard de la physique, on a mis un interdit à la possibilité de renverser le temps, pour différentes raisons.

Donc ce modèle standard fonctionne sur la base d'une causalité stricte. On ne va pas rentrer dans les détails sur les notions d'irréversibilité. On a de très bonnes raisons aujourd'hui de remettre en question ce concept d'irréversibilité, cet interdit qui veut nous empêcher de faire fonctionner la mécanique en sens inverse du temps. C'est parce que j'ai étudié ça profondément, et c'est parce que j'ai inscrit ça dans une vision moderne de l'espace-temps qui est l'idée que le passé est toujours là et que le futur est déjà réalisé.

Donc c'est la convergence entre l'idée d'une double causalité et l'idée d'un espace-temps déjà réalisé dans le futur, mais ne souhaitant pas rester dans le cadre du déterminisme, qui est un postulat en physique, mais qui est un postulat qui est aujourd'hui largement battu en brèche. Donc l'idée de base de la double causalité, c'est de dire que notre futur existe déjà, mais il peut évoluer, et lorsqu'il évolue, il s'en suit par rétrocausalité, des modifications que l'on peut ressentir dans le présent sous la forme de coïncidence ou de synchronicité.

Alors pour bien expliquer aux téléspectateurs, puisque vous parlez de double causalité, ce qui est une première causalité, on peut peut-être définir ce qu'est la première causalité, c'est-à-dire le fait de croire en fait que le passé est déjà écrit, que le futur n'existe pas, c'est ça, et que l'histoire s'écrit au présent, ça c'est la vision un peu classique. Est-ce qu'on peut la résumer comme cela ?

Oui, en fait, la causalité est fondamentalement ancrée dans l'idée que la causalité stricte, unique, est fondamentalement ancrée dans l'idée que la réalité se construit dans le présent, c'est-à-dire qu'il existerait un front du présent, avant lequel tout existe et après lequel rien n'existe, d'accord ? Et en fait c'est ça que je remets totalement en question, et je suis pas le seul à remettre ça en question, on a deux ou trois illustres physiciens français qui remettent également ça en question, c'est-à-dire qu'ils considèrent que tout est écrit.

Alors notre futur est déjà tracé le long d'une ligne temporelle figée, et voilà, et nous avons un destin et on ne peut pas le changer, donc ça c'est leur position, on appelle ça l'univers bloc. Donc à la différence d'eux, je propose que le futur est déjà réalisé, mais qu'il puisse changer, c'est-à-dire que tout se passe... Alors pour bien se représenter ça, si on représente notre vie comme étant le fait qu'on est guidé comme assis, on était à l'intérieur d'un tunnel invisible, donc on suit une trajectoire depuis notre naissance jusqu'à notre mort, qui consiste à parcourir ce tunnel, et tous nos faits et gestes sont comme tout ce qui se passe à l'intérieur de ce tunnel, donc on est orienté de façon déterministe, c'est la vision on va dire mainstream, c'est la vision dominante des physiciens.

Alors moi je dis ok, elle est juste cette vision, mais il y a juste une seule chose qui reste à faire, c'est que ce tunnel, il flotte, tout se passe comme s'il flottait sur une mer, dont les vagues sont les fluctuations quantiques, et donc c'est ce qui permet à ce tunnel de bouger, voilà, donc c'est une autre manière de voir la double causalité, parce que si par exemple ça bouge un petit peu plus dans mon futur que dans mon présent, mon futur va avoir une action sur mon présent.

Ça signifie que pour vous l'univers est également un univers bloc mais flexible, c'est-à-dire que lorsque l'on modifie notre futur, cela modifie notre présent et notre passé, donc finalement vous introduisez la notion de libre arbitre dans votre modèle d'univers. Oui, alors j'introduis la notion de libre arbitre relatif, c'est-à-dire que je ne nie pas le fait que notre libre arbitre puisse être même peut-être à 90, pourquoi pas 99% illusoire, mais je maintiens la possibilité du libre arbitre, voilà, c'est-à-dire qu'on peut choisir de dire bon c'est pas un vrai libre arbitre, etc.

Je maintiens la possibilité du libre arbitre, c'est-à-dire que je considère que les éléments qui déterminent notre vie en dehors de la mécanique ordinaire sont extérieurs à l'espace-temps. Sur ce point, je suis rejoint par un grand physicien Antoine Soares qui lui est également un partisan du libre arbitre et considère que ce libre arbitre s'exprime justement par l'introduction d'informations extérieures à l'espace-temps et en plus il a réalisé une expérimentation fameuse qui a démontré qu'effectivement ces informations existaient.

Hors de l'espace-temps. Hors de l'espace-temps. Est-ce que vous pouvez rappeler cette expérience ? C'est une amélioration de l'expérience qu'Alain Aspect a fait en 1982 et qui a été une grande découverte, ce qu'on a appelé la non-localité, la non-localité, l'intrication, l'indéterminisme.

Bon, si je rentre là-dedans, on n'en a pas envie. C'est-à-dire, on va dire, voilà, deux particules qui ont la même origine peuvent être séparées par des distances astronomiques et continuer d'être liées entre elles, c'est-à-dire que on va faire une mesure sur elle et automatiquement sur l'autre on va faire une mesure complémentaire sans qu'il y ait de lien de cause à effet entre les deux parce que ces particules sont séparées par une distance supraluminique qui ne permet pas ce lien de causalité.

Donc c'est ce qu'on appelle la non-localité. Et donc il a reproduit ce genre d'expérience. Donc Antoine Soares, donc ça c'était Alain Aspect qui est donc très respecté et qui mérite le prix Nobel, je pense qu'il va finir par l'avoir, enfin il a la médaille d'or du CNRS pour cette expérience fondamentale qui a démontré

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