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Les ateliers philosophiques se multiplient depuis quelques années. Le mouvement a commencé, comme souvent, au Québec, avant de venir jusqu'à nous, non sans difficultés et résistances. Trop longtemps, on a voulu exclure de la philosophie diverses catégories de personnes dont les enfants.

Or Aristote l'affirme, on ne peut pas ne pas philosopher. Plus encore, philosopher, selon Martin Heidegger, signifie "s'arracher au domaine sans trouble et sans danger du Cela va de soi", mouvement qui concerne tout un chacun désireux d'être par lui-même.
Le livre de Michel Sasseville intéressera tous ceux qui pratiquent déjà ou souhaitent pratiquer la philosophie avec les enfants, et beaucoup plus largement tous ceux qui veulent avoir une pensée véritable plutôt que des idées. Tout le monde a des idées, bien peu de gens sont capables d'une pensée. Ce livre sera utile aussi aux responsables ou aux animateurs d'une communauté dont les membres sont invités pour le moins à la réflexion, au mieux à une véritable queste, je pense plus particulièrement à la loge maçonnique, qui peut se constituer en une véritable communauté de recherche philosophique.
Michel Sasseville a divisé son livre en cinq parties qui rassemblent des contributions de spécialistes et de praticiens. Dans une première partie, les auteurs cernent la notion de communauté de recherche et la pratique de la philosophie. La deuxième partie est consacrée aux principes et aux modalités de l'animation d'une communauté de recherche philosophique. La troisième partie traite de la formation de la pensée critique. La quatrième partie aborde la problématique du langage, de la logique et de son enseignement. Enfin la dernière partie étudie spécifiquement la pratique de la philosophie à l'école.
"L'idée d'initier les enfants à la philosophie n'est pas récente. Déjà, en plein Moyen Âge, de jeunes adolescents étaient invités à se pencher sur les règles gouvernant leur activité de penser afin de voir comment celle-ci pouvait les aider à diriger leur vie d'une manière plus éclairée. Mais, pour des raisons qu'il reste encore à découvrir, cette façon de faire est disparue peu à peu du monde de l'éducation, si bien qu'il a fallu attendre des siècles pour voir à nouveau la philosophie venir à la rescousse de ceux et celles qui s'occupent de l'éducation du petit de l'être humain. Ce que notre époque apporte de particulier et d'original dans cette longue histoire des moyens que nous avons inventés pour favoriser le développement d'une pensée de qualité supérieure dès l'enfance, c'est la conception d'un programme complet visant à initier les enfants à la pratique de la philosophie dès l'âge de 3 ans."