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Nous aimons Jean Verdun, pour son talent, son authenticité, et pour son combat enfin, lui qui a choisi de dire les choses sans détour afin de poser les jalons de la reconstruction du Temple maçonnique, victime d'auto-profanation par ceux qui, incapables d'initiation, veulent l'interdire à tous pour préserver les petits intérêts de la personne.
D'emblée il rappelle l'essentiel, à savoir que l'initiation est une queste de liberté. Il affirme aussi le ridicule du secret maçonnique devenu aujourd'hui le cache-sexe d'un inavouable très profane, sans lien avec l'initiatique.
Au fil des pages, l'auteur est ébahi par l'ampleur de la faillite maçonnique. Jean Verdun déblaie sans vergogne et il a raison. Il faut de la place pour lancer des propositions autant audacieuses que salvatrices. Il s'agit bien de re-fonder et cela passe par un nouvel état d'esprit. Voici ce que Jean Verdun suggère aux nouvelles générations maçonniques, celles du Temple à venir :
"Soyez fiers, soyez subversifs, écoutez vos a”nés sans tout le temps les suivre.
Méfiez-vous des hauts grades qui vous détournent du primordial mais qui, le temps venu, enrichiront votre imaginaire spirituel.
Devenez compétents sur tous les sujets que vous traiterez et n'en retenez qu'un dans toute votre vie maçonnique, si le temps vous manque pour en approfondir d'autres.
Soyez ouverts à toutes les cultures et à tous les arts, mais jamais pour vous en faire une idée de surface.
Soyez fraternels, mais sans excès de complaisance.
Méfiez-vous des dignités, parfois même de cette étrange besoin de dignité des francs-maçons. C'est la grandeur de l'homme qu'il faut vouloir, pas seulement sa dignité.
Voyez grand, le plus grand qu'il vous sera possible. Et encore plus grand si vous y arrivez. Ne vous laissez jamais réduire aux petitesses. Rompez, même brutalement, avec tous ceux qui vous tirent vers le bas.
Méfiez-vous des théoriciens, de la brillance, des grands doués, des couronnés, des apôtres de la dérision, de la morgue insolente de ceux qui savent tout et qui narguent le peuple. Pensez toujours au peuple, que vous en veniez ou que vous en viviez. Il n'existe pas d'homme supérieurs en tout et sur tout.
Ne considérez jamais votre loge comme un asile, un refuge, une médecine contre le malheur. La loge n'est pas un lieu de consolation, mais un centre d'initiation et toute initiation a besoin d'épreuves, y compris celle du manque de fraternité, mais l'initiation maçonnique est une initiation de chantier qui ne peut s'espérer sans la fraternité des ouvriers.
Ne laissez jamais passer une année sans marcher dans un champ au labour ou à la moisson, dans un pré, dans un chaume, le long de ces hectares qui nous nourrissent.
Respectez les artistes. Soyez déférents envers eux, très déférents, et envers eux seuls. Le constructeur salue celui qui crée.
étreignez celui ou celle que vous aimez sans jamais chercher à l'étouffer. Comportez-vous de même avec vos enfants. Ouvrez-leur grandes les portes et les fenêtres. Prenez le risque de les voir partir vivre au bout du monde. Restez libres. Laissez libre. Sacrifiez tout pour rester libres."
Un appel qui, souhaitons le pour la Franc-maçonnerie, devra être entendu.