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Quête de la féminité en soi et quête de la Féminité en Soi, ce travail érudit d'Annick de Souzenelle est d'une grande profondeur et dépasse bien des dualités pour touche la Femme comme Essence.
Annick de Souzenelle explore le texte biblique en Hébreux pour dégager le sens interne et propre de la Féminité, au-delà de tous les sens attribués par les langages et représentations des hommes.
Pour cela elle part, de nouveau, mais c'est fondamental, et fondation, de la première lettre du Bereshit, le Livre de la Genèse, la lettre beit :
"Le Bereshit est le Livre de la Genèse, appelé aussi en hébreu du premier mot qui le compose et dont la Tradition nous assure qu'il contient la totalité de la Torah. A son tour le premier mot, dit-elle encore, confie son secret à la première lettre, le beit. La lettre beit ouvre et recouvre notre Livre sacré. Elle est le "Toi" jailli des lèvres divines comme une semence d'amour livrant cette "autre" qui ne peut être autre sans rompre l'infini de Dieu !
Mais, ô merveille, elle est rupture et non-rupture ; ensemencée de Lui, elle porte son infinitude ; créée, elle est matrice d'Incréé ; face à Lui, le Un, et lourde de Lui, elle est le "deux" ; elle est aussi soumise à la dualité ; constituée de pôles opposés et complémentaires dont l'un ne peut-être sans l'autre, elle est récapitulée dans l'homme et la femme.
Au-delà de toute dualité, Dieu Un ne se révèle mâle, archétype du masculin, que dans son rapport à la Création alors tout entière féminine par rapport à Lui, tout entière aussi contenue dans la lettre beit de valeur 2 et de vocation fondamentalement matricielle.
Première lettre du Bereshit, mystère du Créé, celui de l'humanité (hommes et femmes), elle est née de "Rien", Me 'Ayin en hébreu, nous dit la Tradition. Ce Rien ('Ayin) est le premier Nom divin révélé, le point ultime d'une contraction, d'une abnégation totale de Celui qui se fait "Rien" pour que "l'Autre" soit : absence-présence à la plus extrême pointe du point, qui est et qui n'est point !
Kénose divine, disent les grecs ; Tsim-Tsoum, contemplent les Hébreux ; retrait amoureux de l'Un dont la semence fonde l'Autre ; l'Autre est alors "de sa race" ; "de la race d'Elohim" murmure encore Me 'Ayin dans le jeu de son Verbe (Myn : "espèce", 'A : Elohim), elle est sa semence, son Nom, qui se donne une "maison" (ce qui signifie le mot Beit et ce que dessine l'idéogramme premier de cette lettre) poour s'abriter et cro”tre dans l'éclatement de tous les possibles."
Cette queste des intervalles sacrés se veut alternative nomade et aussi éloge de la folie sacrée :
"Chacun est ma propre vie, si peu gratifiant soit-il. Mais chacun est aussi la gloire de Dieu. En tant que communauté de tous les convoqués à cet enfantement du Fils de l'Homme en eux, l'Eglise est la terre entière ! Et c'est dans cette conscience-là que peut être compris le véritable oecuménisme. Si l'Eglise est la terre entière; la plupart des êtres humains ne le savent pas encore et ne peuvent répondre à la convocation divine ; certains l'entendent et n'y répondent pas, ou croient y répondre alors qu'ils ne font qu'obéir par sécurité dite spirituelle à une loi religieuse réductrice dans ses catégories moralisantes, qui organise au moins mal la situation d'exil mais n'en fait pas sortir. Très peu encore savent y répondre et suivre alors Celui qui embrasse les prostituées et les exclus et qui se fait compagnon des criminels au Golgotha. Ceux-là sont des fous aux yeux du monde, mais l'Eglise véritable est une communauté de "fous" dans la mesure ou la démesure en Christ est l'aune de leur vie.
L'amoureux peut seul devnier ces choses... ou le fou."
Un livre sur les traces d'Isha, "la mère qui enfante l'impossible et l'amoureuse épouse".