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Voici une excellente introduction aux mythes arthuriens. L'auteur, médiéviste passionné, de formation philosophique a choisi de rechercher la piste celtique dans les textes anciens approchés de manière chronologique.
La légende arthurienne, loin d'être un tout unifié, est constituée d'un ensemble complexe de mythes pafois contradictoires, plus ou moins enbo”tés les uns dans les autres qu'il faut comprendre et reconna”tre comme autant de processus vivants et donc changeants.
Arnaud de la Croix observe que : "L'un des principaux pièges que nous tendent les auteurs médiévaux, c'est de nous faire croire que le monde arthurien existe en bloc. Ce serait une sorte de monolithe, dont chacun des grands textes du Moyen åge se contenterait d'explorer l'une ou l'autre facette.
La plupart des commentateurs tombent tout droit dans ce piège, et parlent de la matière de Bretagne comme d'un tout inamovible : Merlin est définitivement ceci ou cela, les caractéristiques de la personnalité d'Arthur sont fixées, Guenièvre ou Morgane ont vécu tel et tel événement, le Graal signifie, au choix, le chaudron d'immortalité des Celtes, un rituel byzantin ou un secret cathare...
En retournant aux sources, et en les approchant dans l'ordre de leur composition, nous avons découvert qu'il n'en est rien. Tout au contraire, les auteurs du Moyen åge, en s'inspirant les uns des autres et en puisant aussi à des sources orales, procèdent par avancées successives."
Arnaud de la Croix, dans sa conclusion rappelle avec lucidité que la Queste de l'absolu demeure inhumaine et d'ajouter que : " Le message du Graal peut être perçu comme hautement mystique, il peut aussi être entendu comme une mise en garde : l'iobjet ultime du désir conduit à courir l'aventure, à risquer sa vie, mais le voir en face ne signifie rien d'autre que l'annihilation."
De quelle annihilation s'agit-il ? De celle de la "personne" bien sér, qui masque l'être. Il s'agit de rendre au néant ce qui lui appartient, d'effacer ce qui n'est que jeu de masques, jeu d'ombres.