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Dans un très bon éditorial, Emmanuel Thibault répond à ceux qui pourraient s’étonner d’un intérêt fortéen pour l’écologie :

« Nul n’ignore plus, aujourd’hui, que la situation écologique de notre planète est extrêmement précaire. Nul n’ignore, s’il est honnête, que cette catastrophe – au sens premier du terme – découle du mode de vie actuel de notre espèce. Les spiritualités émergentes qui se sentent concernées par l’avenir écologique de notre planète et par les conditions de survie de l’humanité – c’est-à-dire, précisément celles que l’on nomme « écospiritualité » – proposent justement de réinventer ce mode de vie. De réinventer une présence vive, dynamique, optimiste ; de réinventer les célébrations, les rites et les liens sociaux. De faire vivre une tradition, ou plutôt des traditions plurielles et conjointes, sans pour autant se retrancher sur un passé sclérosé ; de faire vivre ou revivre les mythes dans le présent en les ouvrant sur un futur à construire ensemble… »

Sommaire :

Dossier « écospiritualités » : Ernst Zürcher nous fait redécouvrir les arbres, interview par Emmanuel Thibault - Collapsisme, écologie et écospiritualité, Emmanuel Thibault - Obdulio Menghi, un stratège de la conservation, interview par Emmanuel Thibault - Cartographier la permaculture cubaine, Emma Gobin - La cérémonie du cacao, Laura Quiroz

Les classiques : La mort de l'imaginaire ?, Philippe Marlin - OVNI, genèse d'une divulgation, Thibaut Canuti - Le statut juridique du voyageur temporel, Claude Arz - L'Atlantide : entre mythe et histoire, Joël Thomas - Prédateur parmi les prédateurs, ombre parmi les ombres, Emmanuel Thibault - Des narrations aux actions, flux et reflux des peurs et paniques, Véronique Campion-Vincent - Chantal Lafont, guide des âmes errantes, Philippe Lacaze.

Plutôt qu’une critique du collapsisme, ce volume est une invitation à la créativité basée sur une confiance raisonnée en l’invention de l’imaginaire.

« Notre façon très spécifique d’être conscient de nous-mêmes, poursuit Emmanuel Thibault, en tant qu’espèce capable de réflexivité (verticale), ne devrait pas oblitérer la perception de ces liens multiples. Les choses changent en effet partout dans le monde ; les ethnologues constatent sur le terrain que les classes moyennes citadines ne sont de loin pas les seules à se préoccuper d’adapter nos modes de vie. Non seulement, on relève dans le discours néourbain, en particulier dans les milieux néochamaniques et néopaïens, des emprunts aux terminologies et concepts traditionnels autochtones, mais cela fonctionne aussi dans l’autre sens : les cultures vernaculaires s’approprient désormais des thématiques et expressions typiques du new age, notamment pour exprimer ce qui constitue leur identité actuelle. Des groupes locaux se créent pour former une élite alternative qui veut construire l’avenir écologique et spirituel de l’humanité, dans de véritables « processus ethnopolitiques complexes qui viennent remanier les sociétés ». »

Dans cette période de grandes confusions, de défaillances politiques, où de nouvelles voies sont recherchées à tâtons, ce volume, à la fois lucide et porteur d’un optimisme engagé, ouvrent sur de multiples possibilités en faisant dialoguer notre imaginaire et nos réalités, aussi sombres soient-elles, pour établir de nouveaux accords de création avec soi-même et avec la nature, les uns n’allant pas sans les autres.

Source: La lettre du crocodile 

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