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Cet « essai sur la présence de la mystique juive dans les grades de Perfection du Rite Ecossais Ancien et Accepté » est particulièrement riche.

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté apparaît comme un conservatoire de nombreux courants ou mouvements traditionnels, inscrits dans ses symboles et ses narrations. L’échelle du REAA présente une cohérence interne malgré ces apports et influences multiples. La tradition hébraïque fait partie de ses apports, de manière plus ou moins marquée selon les grades mais plus particulièrement, nous dit l’auteur, dans les grades de Perfection, soit du 4° au 14°. Ce sont les 12°, 13° et 14° grades qui donnent le titre à l’ouvrage en raison de l’importance d’Hénoch dans ces trois grades.

Si Jean-Pierre Casimir plonge maintes fois dans la kabbale, il est question plus largement de mystique juive dont la kabbale n’est qu’une partie, certes importante, et de recours à l’hébreu, cette langue, véhicule de cascades de sens. « L’objet de cette étude, nous dit-il, n’est pas d’exposer de manière exhaustive les phases successives de l’évolution de la pensée mystique juive jusqu’à nos jours, mais de poser la question de savoir si celle-ci est susceptible – ou non – d’enrichir la tradition maçonnique du Rite Ecossais Ancien et Accepté, et en quoi ? ».

Avant d’aborder l’ouverture permise par la kabbale ou la tradition juive plus généralement à la compréhension du REAA, Jean-Pierre Casimir prend le temps de nous présenter longuement la kabbale, le Zôhar et l’école de Safed. L’école de Safed, autour de Moïse Cordovero (1522-1570) puis d’Isaac Louria (1534-1572) renouvellera les théories et les pratiques kabbalistiques. Avant la kabbale, il y a le Talmud que nous présente l’auteur avant de s’intéresser aux convergences et différences entre mystique juive et gnose. Il accorde un chapitre entier à la question de l’union mystique selon la kabbale. Derrière ce thème majeur, c’est tout le sens du processus initiatique qui est questionné.

Vient, après cette longue et nécessaire préparation, le cœur de ce livre soit la rencontre entre la mystique juive et les grades du REAA et tout l’apport possible à la compréhension du rite et à sa mise en œuvre. Il ne s’agit pas de lire le REAA seulement au sein du paradigme kabbalistique mais d’étudier ce que le rite peut nous dire sous le regard de la kabbale, un regard traditionnel parmi d’autres dont celui, tout aussi riche, de l’hermétisme. 

Jean-Pierre Casimir introduit le mythe, si fécond, d’Hénoch ou Métatron, au sein du jeu des mythèmes véhiculés par les rites de Perfection, à partir de l’apparition d’Hénoch dans les rituels maçonniques. Cette question intéresse, au-delà du REAA, tous les rites dans lesquels le Tétragramme IHVH apparaît.

L’ouvrage est remarquable de clarté sur un sujet évidemment difficile tant l’emboîtement des sens permis par le recours à l’hébreu semble sans fin. Annexes, glossaire et bibliographie viennent compléter un écrit pertinent, érudit sans aucun doute mais qui demeure accessible.

 

Source: La lettre du crocodile 

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