Réincarnation et libre arbitre

L'Homme s'est toujours interrogé sur la raison d'être de son passage sur Terre, sa mission et sa responsabilité personnelle. D'où vient-il, hérite-t-il d'expériences passées, pose-t-il aujourd'hui les bases d'une vie future ? Pour Christophe Queruau Lamerie (auteur du livre  "Réincarnation et lois cosmiques" paru chez Dangles en 2012), ces grandes questions nous conduisent vers la croyance en la transmigration des esprits, la réincarnation, auxquelles adhère près de la moitié de l'humanité.

Ainsi au travers des grandes religions, civilisations, et à la lueur des lois cosmiques (loi du mouvement, loi de rétribution - karma) l’auteur aborde l’épineuse question de la réincarnation et de manière implicite celle du libre arbitre.

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RéincarnationRéincarnation

S’il définit la réincarnation comme "une étincelle présente dans le corps humain, qui pourra, après un laps de temps indéfini dans l’au-delà, revivre une expérience dans un autre corps humain… " : quelle influence nos actes ici-bas, et notamment nos choix, opèrent-ils sur cette mécanique supra-humaine, qui nous fait passer d’une incarnation à une autre ?
Si le "libre arbitre" existe - ce qui est la conviction de Christophe Queruau Lamerie -  cette "responsabilité individuelle", qui peut se manifester tant sur un plan social (horizontal) ou que spirituel (vertical), détermine-t-elle nos futures incarnations ?

Entre deux incarnations, que se passe-t-il dans cet "espace intermédiaire" : où réside-t-il et quelles réponses les différentes traditions apportent-elles à cette question éminemment ésotérique, mais néammoins passionnante?...

Eléments de réponses de Christophe Queruau Lamerie dans cet exposé de 55 minutes enregistré au Forum 104

Extrait de la vidéo

Bonjour, Christophe Kériolamry, je viens vous parler aujourd'hui d'un thème qui m'est cher, réincarnation et libre-arbitre. Alors d'abord je me présente, je suis diplômé de l'EDEC, une école de commerce, donc rien à voir avec l'ésotérisme. J'ai eu des activités de management dans les sociétés multinationales ou françaises qui sont actives dans le domaine des hautes technologies. Et en parallèle, depuis une dizaine d'années, je me suis intéressé à des domaines plus spirituels.

J'ai fait un troisième cycle en bioéthique et je viens d'achever un master professionnel à l'école pratique des hautes études intitulée religion et société. Alors le propos de ce livre c'est finalement de partager un petit peu une quête que chacun d'entre nous a, la quête de sa vérité. Et pour la mienne, elle a commencé il y a une vingtaine d'années, lorsque j'ai commencé à m'interroger sur des questions que tout un chacun se pose.

Pourquoi le mal ? Comment peut-on rester insensible à la mort d'un enfant ? Et puis peut-être, étant de formation ou de culture chrétienne, un certain nombre de contradictions, de choses qui me gênaient dans la religion qui était la mienne et qui me posaient problème. Et donc je me suis mis en chemin pour essayer de trouver ma vérité.

Et ceci dans l'esprit de l'empereur Ashoka qui, il y a 2300 ans, lorsqu'il régnait en Inde sur un empire qui à l'époque était bouddhiste avant que l'hindouisme ne reprenne au-dessus, disait en gros, si vous voulez faire grandir votre religion, et je rajouterais votre croyance, commencez par respecter celle des autres. Alors cette quête elle a commencé parce que, comme beaucoup d'entre vous probablement, j'ai lu des livres de théologie, de philosophie, je suis arrivé à la conclusion qu'on n'avait pas d'explication sur le mal.

Ou tout au moins, si on avait une, ça serait depuis longtemps, tant des tonnes de livres, de grimoires se sont empilés dans les bibliothèques, se sont arrivés à la conclusion qu'on ne savait pas. Alors moi je prends la thèse de Arnold Tonby qui est un très grand historien des religions anglais et qui en 1975 a fait une anthologie sur toutes les religions et a dit finalement, il y a un consensus pour dire que le mal serait le fait des humains.

Bon voilà un peu où est-ce qu'on en est, mais une fois qu'on a dit ça, qu'est-ce que l'on fait ? Et si je reprenais les propos de Lactan, ce qui est cet apologiste chrétien qui disait « ou bien Dieu veut supprimer les mots mais ne le peut pas, ou bien il le peut mais ne le veut pas, ou bien il ne le peut ni le veut, s'il le veut et ne le peut, il est mauvais, ce qui est contraire à sa nature, s'il le peut et ne le veut pas, il est mauvais, ce qui est également contraire à sa nature, s'il ne le veut ni ne le peut, il est à la fois mauvais et faible, c'est-à-dire qu'il n'est pas Dieu, mais s'il le veut et ne peut, ce qui seul convient à ce qu'il est, d'où vient donc le mal et pourquoi ne le supprime-t-il pas ?

» Ceci pour résumer finalement la grande perplexité de toutes les personnes qui se sont préoccupées là-dessus. Alors moi j'essaie dans la première partie de mon propos de m'interroger finalement, regardons l'humanité tout simplement au XXe siècle et regardons dans les grands mots qu'elle a connus quelle est la place de l'homme. Alors on peut commencer par regarder les guerres qui ont quand même coûté la vie à 100 millions de personnes, 300 millions si on ajoute les blessés, les invalides.

Quand on creuse derrière la guerre, qui en est à l'origine ? Et on s'aperçoit que c'est l'homme. Il n'y a qu'à voir pourquoi les États-Unis dépensent tous les ans de l'ordre de 700 milliards de dollars d'argent dans l'aspect militaire, qu'en 2009, au plus fort de la crise, ils ont augmenté ce montant de 40 milliards, ce qui est quasiment le montant que l'ONU décrète nécessaire pour pendant dix ans éradiquer les grands mots de l'humanité.

Et dans le même temps, vous avez un pays qui est le Costa Rica qui a décidé, étant un état tout autant démocratique que les Américains, de supprimer depuis 1970 tout budget militaire. Dans un autre domaine qui est par exemple celui de la santé, l'OMS a identifié une dizaine de causes, les dix premières causes de mortalité. Dans ces dix premières causes, il y en a six qui sont incontestablement des causes individuelles.

C'est la fumée, le tabagisme, c'est l'accès aux drogues, c'est la façon de ses pratiques sexuelles qui peut plus ou moins susciter la propagation du sida. C'est la façon, l'accès à l'eau. Un autre élément qui est par exemple la corruption. La corruption c'est quand même de l'ordre de 1000 milliards de dollars par an pour les marchés publics.

Il y a 1000 milliards d'argent par an qui part dans des phénomènes de corruption. C'est parfois une part considérable de la richesse nationale des pays en voie de développement qui part pour aller ensuite s'investir dans des pays riches. La corruption, dernier ressort, c'est bien un individu par rapport à un autre. Il y a bien quelqu'un qui va acheter l'autre, etc.

Donc je ne vais pas m'étendre trop longtemps sur toutes ces causes, mais je dirais que quand on regarde les grands maux de l'humanité, on est frappé de voir qu'ils ont une cause humaine. Je prends par exemple également l'exemple des homicides ou des morts violentes, que ce soit les suicides, les homicides, les accidents de la circulation, etc. C'est au XXe siècle de l'ordre de 200 millions de morts. Et derrière un suicide, derrière un homicide, il y a bien une volonté individuelle.

Donc c'est assez frappant de voir que, me semble-t-il, l'homme est bien la cause des maux, mais on oublie aussi, et surtout à l'heure actuelle, où il y a un pessimisme ambiant qui est perçu sur une nouvelle télévision, et on va commencer par vous parler du dernier accident, du dernier viol, du dernier crime, mais on oublie aussi que le pendant du mal, c'est le bien. Et rien qu'en France, Dominique Thomas, qui est le président de France Bénévolat, dit qu'il y a 13 millions de bénévoles, mais il y a l'équivalent également de gens qui sont des gens qui vont donner de leur temps par proximité, qui sont des bénévoles de proximité.

Si on rajoute les 4 millions de personnes qui sont investies dans des syndicats, dans des religions, dans des partis politiques, on aurait un tiers des français qui sont investis partiellement à donner de leur temps à donner, à faire le bien. Et en contrepartie, il y a eu la dernière 700 000 condamnations, ce qui veut dire avec le taux d'élucidation de 40% des crimes et délits, et le fait qu'un certain nombre de crimes sont faits par les mêmes personnes, on a 1,5 million de personnes qui font le mal, qui font des crimes et des délits par an, ce qui est de l'ordre de 2%, 2 à 3%.

Donc d'un côté, on a un tiers de la population qui est censée, qui fait des choses tout à fait sympathiques, qu'on aurait intérêt à mettre en lumière plutôt que sans arrêt parler du mal, et on a 2 à 3% de personnes qui font des délits. Donc à ce stade, je crois que la thèse consistant à dire que l'individu peut faire le bien ou le mal me paraît plausible, et si on prend les propos de Jean-François Kahn, qui a créé un bouquin très intéressant qui s'appelle « La Rebelle », et qu'on voit l'exemple dans l'histoire de l'humanité de gens qui à un moment donné ont su dire non.

Ça va depuis Socrate, qui est au bout de ses convictions et qui boira la sie cue. C'est Desmostènes qui, ne voulant pas céder aux macédoniens et voulant rester avec Athènes, va également se donner à mort. C'est Jésus-Christ qui, dans son genre, a été une figure très singulière. Plus près de nous, ça va être par exemple les 80 députés qui, lors de la débat de

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