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Ces hommes qui ont fait l’alchimie de la fin du XIXème au début du XXIème siècle

Ce bel ouvrage de grand format fait le point sur l’alchimie en ce début de millénaire à travers les personnalités qui ont marqué cet art au cours des dernières décennies, du moins celles qui nous sont connues ou se sont fait connaître car nombre d’adeptes demeurent dans l’ombre. Nous rencontrons dans ces pages Alphonse Jobert et la Monnaie de Paris, Fulcanelli et sa descendance, Louis Cattiaux et sa lignée, Roger Caro et les Frères Aînés de la Rose-Croix, Patrick Burensteinas et le retour du conte de Saint-Germain. Nous remarquerons que les auteurs ont fait le choix, pour ces deux grandes figures que sont Fulcanelli et Louis Cattiaux de nous parler des héritiers.

Au fil des pages, des individus sortent de l’ombre comme Pierre-Aristide Monnier qui enseigna Paul Decoeur et Pierre Dujols de Valois, deux personnages clés de l’œuvre de Fulcanelli auxquels il faut ajouter Eugène Canseliet et Julien Champagne. Toujours dans ce courant, nous retrouvons Henri Coton-Alvart et Henri La Croix-Haute. Autour de Louis Cattiaux, auteur du Message Retrouvé, se dressent les deux belles figures d’Emmanuel et Charles d’Hoogvorst dont les amis et héritiers sont toujours à l’œuvre de nos jours.

Outre des éléments historiques et biographiques étayés par des documents, l’ouvrage propose plusieurs textes très intéressants d’Henri Coton-Alvart comme Le sens hermétique des contes de fées – Réponse à René Guénon sur l’alchimie – la théorie humorale et la théorie de la coction – Le zodiaque alchimique et chimique – auxquels il faut ajouter, en fin d’ouvrage, traduit par le même, le texte de Philalèthe, Fons chemicae philosophiae (Source de la philosophie chimique). Nous lirons aussi avec intérêt le texte d’Emmanuel d’Hooghvorst Le roi Midas (un conte alchimique) et celui de son frère Charles consacré à l’alchimiste catalan méconnu José Gifreda.

Ce livre est bien davantage que ce qu’indique le titre, il ne se contente pas de présenter « les hommes qui ont fait l’alchimie », il met à notre disposition des textes utiles et des indications précieuses quant à la voie alchimique et ses exigences, rappelées par Henri Coton-Alvart :

« Dans l’antiquité, l’enseignement progressif de toute science était comparé à un chemin circulaire que l’étudiant devait parcourir intégralement pour arriver à la maîtrise. Il était censé partir du point le plus élevé du cercle pour descendre au point le plus bas, aux « enfers », par le côté droit de la circonférence, par exemple : puis, il s’élevait, en suivant le côté gauche de la courbe, pour revenir à son point de départ, après conscience acquise, et il restait là dans la gloire, assis à la droite du Dieu invisible sur son trône céleste. Tous les documents initiatiques mentionnent ce chemin cyclique, jusqu’au Credo du concile de Nicée inclusivement. »