Le fondement divin de la futuwwa selon Ibn al-‘Arabî

"Le chevalier ne se laisse jamais abuser par les ruses de l’âme !" nous indique Denis Gril.

La futuwwa constitue un idéal d’homme libre, fidèle, vertueux, courageux et protégeant les faibles.

Cette notion arabe est très ancienne, antérieure à l’islam, et le Coran l’a adoptée pour lui donner une nouvelle dimension.

Ainsi, à la lueur des écrits de penseurs soufis tels qu’ Ibn’Arabi, ou encore Hallaj, Denis Gril va tenter de nous expliquer ce qu’est la Futuwwa sur un plan mystique et quelle est sa place au sein de l’islam.

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Dans un second temps, il essaiera d’établir un rapprochement avec le concept cher à Henry Corbin : la chevalerie spirituelle.

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Souhaitez-vous ainsi approcher la spécificité de la pensée soufie qui invite ses disciples à "lever les voiles de l’ignorance", ou "préférer l’autre qu’à soi-même" puis "s’en remettre au voile protecteur de la servitude divine"….. ?

Réponses de Denis Gril dans cette intervention filmée lors des dernières Journées Henry Corbin à l’Inalco.

Extrait de la vidéo

Donc, malgré le titre, si vous voulez, je n'arriverai à la question de la photo HM Narabi qu'en fin de parcours, parce qu'il me semble important, puisqu'il s'agit là d'une journée consacrée à Henri Corbin et aussi à Gilbert Durand, de situer, disons, mon propos, par rapport à la question de la photo HM Narabi, parce qu'il me semble important, puisqu'il s'agit là d'une journée consacrée à Henri Corbin et aussi à Gilbert Durand, de situer, disons, mon propos, par rapport à la question de la photo HM Narabi, parce qu'il me semble important, puisqu'il s'agit là d'une journée consacrée à Henri Corbin et aussi à Gilbert Durand, de situer, disons, mon propos, par rapport à la question de la photo HM Narabi, parce qu'il me semble important, puisqu'il s'agit là d'une journée cons qu'en fin de parcours, puisqu'il s'agit là d'une journée consacrée à Henri Corbin et aussi à Gilbert Durand, de situer, disons, mon propos, par rapport à la question de la photo HM Narabi, parce qu'il s'agit là d'une journée consacrée à Henri Corbin et aussi à Gilbert Durand, de situer, disons, mon propos, par rapport à la question de la photo HM Narabi, puisqu'il s'agit là d'une journée consacrée à Henri Corbin et aussi à Gilbert Durand, comme on l'a vu, qui dépassait, évidemment, le cadre strict de l'activité de recherche universitaire.

Il a consacré tout un développement à cette question à la fin du quatrième tome de l'Islam iranien, consacré au douzième imam, et aussi, il l'a reprise un peu plus tard, dans l'introduction et l'analyse de plusieurs textes de fotois, rédigés en persan, édités par Murtaza Sarraf, dans la bibliothèque iranienne. Rappelons, peut-être brièvement quand même, avant de rappeler quelle synthèse a tenté d'opérer Henri Corbin autour de la notion de chevalerie spirituelle, ce qu'est la photo en islam, quelle est son histoire.

Cette histoire, Henri Corbin ne l'ignorait pas, mais il l'a laissée aux historiens, et il a plutôt, quant à lui, cherché à en dégager la signification universelle et actuelle telle, dit-il, que pouvait la vivre ceux qui ont composé ses écrits sur cette chevalerie. La photo en arabe, c'est d'abord la qualité du fata, l'homme jeune dans la force de l'âge. C'est les arabes, donc, unissant avant et après l'islam aussi, des qualités de bravoure et de générosité, prêts à secourir les faibles, bref, les vertus chevaleresques en général.

Et le Coran, comme il le fait souvent, repart de notions arabes pré-islamiques pour leur donner une nouvelle dimension. Dans le Coran, le fata, c'est d'abord Abraham, comme le rappelle souvent Corbin, lorsqu'il rompt bravement avec la tradition de ses ancêtres et brise les idoles pour amener son peuple à croire dans le Dieu unique, il est prêt à sacrifier sa vie pour témoigner de sa foi, de même qu'il sera prêt ensuite à sacrifier son fils.

Et dans les traités de Lefotoir, on met aussi en rapport cette qualité d'Abraham avec le fait qu'il est aussi l'intime de Dieu, et qu'il a été nommé ainsi du fait de son hospitalité, du fait qu'il a prêté serment de ne jamais manger seul. Donc, sacrifice et partage. Le pluriel de fata est en arabe fityan ou fitya, et ce dernier mot est le nom par lequel le Coran appelle les compagnons de la caverne dans le récit qu'il donne de l'histoire des sept dormants d'Éphèse.

Et comme Abraham, ils sont parvenus seuls à la croyance dans le Dieu unique et ont bravé la persécution. Leur histoire aussi une dimension eschatologique qui pourrait concorder avec la mission des chevaliers spirituels telle que la concevait Henri Corbin. Curieusement, les traités de Lefotoir n'évoquent pas un troisième fata dans le Coran. Et Ibn Arabi fait juste une rapide allusion, mais il n'en dit rien vraiment, il ne fait que le mentionner.

Dans la même surate, où sont racontés l'histoire des compagnons de la caverne, c'est le jeune homme, le fata, qui accompagne Moïse partir à la recherche de celui qui est plus savant que lui et qu'il doit rencontrer au confliant des deux mères. Et le signe qu'il y arrive est qu'un poisson qu'il porte avec lui doit revivre. Et quand ils y arrivent, Moïse s'endort, le poisson reprend vie, il laisse une trace dans la mer et il repart ensuite.

Et le Coran attribue aussi bien à Moïse qu'au jeune homme le fait d'avoir oublié le poisson. Ce sont les deux qu'il a oublié. Mais quand il dépasse cet endroit où ils auraient dû rencontrer ce personnage, Moïse se souvient du poisson et le jeune homme alors s'attribue à lui seul, il se reproche à lui-même et aussi à l'action de Satan, l'oubli du poisson. C'est qu'il a une attitude de fautoir par rapport à son maître.

Il s'attribue la faute à lui-même, alors que le Coran l'attribue aux deux, dans le verset précédent. Et de même, une fois que la rencontre a eu lieu entre Moïse et le serviteur de Dieu que la tradition nomme El-Khadir ou El-Khezr, le jeune homme alors disparaît, il s'efface. Et c'est d'une certaine manière aussi un acte de fauteuil, de s'effacer, comme on dira. Et c'est pour cela d'ailleurs que la tradition identifie ce jeune homme à Josué, fils de Noun, qui prendra la succession de Moïse.

Et on pourrait voir d'ailleurs là, mais ça n'est pas venu à l'idée des auteurs d'ouvrages de fauteuil, une préfiguration de la transmission de la fauteuil du prophète à Rali. La transmission de la fauteuil à Rali est, selon les textes de fauteuil, donc contenue dans cette parole du prophète. Il y a d'autres fata, d'autres preux, d'autres chevaliers spirituels que Rali. Et il y a d'autres épées que Zulfiqar, l'épée que le prophète lui a donnée.

Mais cette tradition est diffusée assez tardivement dans les ouvrages de fauteuil. Ce n'est pas un hadith qu'on trouve dans les textes classiques. Et dans les premiers siècles de l'islam, l'histoire de la fauteuil suit deux voies, qui semblent distinctes au départ, mais qui finissent par se rencontrer. On a d'une part ces groupes de jeunes gens qui constituent une sorte de confrérie citadine pratiquant les arts martiaux et prenant part souvent à l'agitation des villes au début de l'islam.

Ils sont attestés aussi bien en Syrie qu'en Irak et surtout en Iran, et particulièrement à Nishapur, la capitale du Khorasan. C'est à eux que les historiens se sont intéressés, évidemment. Dans ces attestations anciennes, on ne voit pas encore apparaître très clairement la relation de la fauteuil avec les corporations de métiers, qui apparaîtra plus tard. Et parallèlement, la vertu de fauteuil, donc la vertu comme noblesse d'âme et surtout comme dévouement total à l'autre, est mise en valeur, parallèlement à cela, dans les textes du tasawwuf, du soufisme.

El Salami, donc, à Nishapur, est le premier à rédiger un ouvrage consacré à la fauteuil, spécifiquement. Et la fauteuil apparaît comme la somme des vertus, des nobles caractères, et finalement l'expression du soufisme lui-même. Et c'est aussi l'excellence dans le compagnonnage, avec tout ce qu'il exige de dévouement à l'autre, de préférer l'autre à soi-même. Ça devient la définition même de la fauteuil dans le soufisme, préférer l'autre à soi-même.

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