La Montagne fleurie : de Zalmoxis à Hermès Trismégiste

On connait peu l’histoire de la Bulgarie et de la Macédoine. Dans l’antiquité les Thraces, Gètes et Daces étaient les noms donnés à ces peuples. Ce que l’on sait moins, c’est que cette petite région qui se trouve en face de la Mer Noire et de la Turquie actuelle a mis au monde des personnages mythiques, mondialement connus. Citons Alexandre le Grand, Dionysos, Orphée… et Zalmoxis ! Ancien esclave devenu roi - « roi-ours » pour être précis – disciple de Pythagore : Radu Dragan nous emmène ici à la rencontre des textes et vestiges archéologiques de ce Prêtre Roi.

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Un roi dont la légende et la renommée nous rappelle d’autres grandes figures tutélaires de l’Antiquité : Melkisédecq, Apollonius de Tyane et Hermès le trois fois grand

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La montagne fleurie, un symbole d’immortalité où la fleur symbolise la réalisation du Grand Oeuvre alchimique…

L’exposé de Radu Dragan comporte deux volets. Dans le premier, il citera certains passages des auteurs antiques qui ont évoqué la figure de Zalmoxis. Parmi eux : Hérodote, Strabon, Origène, Jamblique et Platon.

Dans la seconde partie, il interrogera les raisons et conséquences d’un renouveau de Zalmoxis, après mille ans d’oubli. En effet, on le voit réapparaitre sous la plume d’auteurs de la Renaissance, néo-platoniciens, férus de Kabbale et d’Hermétisme : Ficin, Pic de la Mirandole, Reuchlin et Agrippa.

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Trois thématiques principales ressortent de la pensée et des rites de Zalmoxis, « durant lesquels incantations et fumigations étaient comparables à des pratiques chamaniques » nous-précise Radu Dragan ; ce sont la montagne, la caverne, l’immortalité

Trois étapes, trois œuvres pour la réalisation des miracles d’une seule chose *?

Remerciements au groupe d’études Politica Hermetica.

* cf. la Table d’Emeraude rapportée à Hermès Trismégiste :
« ce qui est en haut est comme ce qui en bas, pour réaliser les miracles d'une seule chose »

Extrait de la vidéo

J'imagine que vous connaissez tous Rado Dragan, qui est un ami et un collaborateur de Politica depuis sans doute plus d'années qu'il ne peut s'en souvenir, en tout cas plus d'années que je ne puis m'en souvenir ou presque. Donc en 1998, comme vous le verrez si vous consultez l'ouvrage en question, il a publié un ouvrage en roumain qui a été totalement refondu, augmenté, mis à jeu, enfin bon bref, pour cette traduction italienne qui est, on pourrait dire, une suite d'essais mais reliée entre eux malgré tout.

C'est tout de même, ce n'est pas aucun article, c'est un ouvrage, une suite d'essais sur un certain nombre relatifs à l'alchimie, à l'hermétisme, à l'imaginaire, tous sujets sur lesquels non seulement il a compétence, double compétence d'anthropologue et historien et auquel il est lié par, disons, des années d'intérêt et de recherche. Je lui passe aussitôt la parole. Effectivement, j'ai publié en 97, je crois, un petit livre en roumain grâce à une petite subvention du ministère de la culture roumain, un livre qui est passé assez inaperçu là-bas mais qui, par hasard, a soulevé l'intérêt d'une, enfin, pas seulement de traductrice mais d'une linguiste italienne qui a fait vraiment un travail absolument remarquable.

Qui m'a fait revenir dans les bibliothèques pour faire des recherches, pour mettre à jour un texte qui est quand même déjà ancien à ce moment-là et qui a été publié dans les conditions, je dirais, graphiques absolument impeccables. Donc, si jamais ce livre pourrait intéresser, c'est l'édition italienne qui devrait servir de référence parce qu'elle est beaucoup plus sérieusement fabriquée, enfin, avec des références mises à jour et qui constitue un livre qui est pour moi, enfin, plus important.

Alors, pour passer dans le vif du sujet, ce que je vais essayer de faire ici, c'est de reprendre d'une manière un peu différente le sujet principal du livre parce qu'il y a plusieurs pistes de recherche qui se dégagent, mais le sujet principal qui est axé autour d'un personnage assez mystérieux qui est un prêtre-dieu qui s'appelle Zalmoxis, qui était un personnage de l'histoire ancienne d'Acogète sur lequel on a, et on va passer ça en revue tout à l'heure, des références des écrivains, des auteurs antiques, pas beaucoup.

Je les ai presque exhaustivement répertoriés ici et qui ensuite est complètement disparu pendant presque mille ans, on n'a plus parlé de lui, pour qu'il réapparaisse miraculeusement à la Renaissance sur la plume des écrivains, des cabalistes chrétiens de la Renaissance pour passer ensuite dans des livres d'alchimie comme des ancêtres légendaires de la magie et de l'alchimie. Et pour qu'ensuite il redisparait avec l'oubli qui a recouvert l'alchimie, les recherches ésotériques de la Renaissance pourraient apparaître cette fois-ci à la fin du XVIIIe et après ensuite dans le XIXe siècle, cette fois-ci comme un sujet de recherche linguistique, historique qui soit le plus proche de la façon de faire les recherches aujourd'hui.

Je vais faire un exposé en deux parties, la première c'est on va passer en revue les textes, les fragments plutôt des textes antiques qui parlent de Zalmoxis pour voir qu'est-ce qui a pu intéresser ensuite les esotéristes de la Renaissance et puis je vais passer à ces quelques textes-là avec des illustrations pour voir comment ce personnage a été transformé dans quelque chose de complètement nouveau.

Ça c'est un passage en revue on va dire historique. C'est-à-dire c'est la montagne, la caverne et l'immortalité. Des sujets on va dire assez universels mais ils se structurent autour de ce personnage et vous allez voir que c'est le même qui structure, et ça a été évident dans la Renaissance, le personnage d'Hermès Trismégiste et de la fameuse table d'Amoura. Mais je ne vais pas anticiper davantage.

Le premier texte parle de Zalmoxis, c'est dans les histoires d'Hérodote. Je fais une précision, j'ai utilisé dans la mesure du possible les traductions françaises de mes textes. Donc c'est des traductions que je n'ai pas fait moi-même, c'est des traductions peut-être françaises un peu plus anciennes. Donc voilà ce qu'il dit Hérodote.

« Les Gêtes se croient immortels et pensent que celui qui meurt va trouver leur dieu Zalmoxis, que quelques-uns d'entre eux croient le même que Gébélézis. » Bon, sans parenthèse, Gébélézis c'était le dieu de la foudre. « Tous les cinq ans, ils tirent au sort quelqu'un de leur nation et l'envoient porter de leurs nouvelles à Zalmoxis, avec ordre de lui faire part de leurs besoins. » Voici comment se fait la députation.

« Trois d'entre eux sont chargés de tenir chacun une javeline, la pointe en eau, tandis que d'autres prennent par les pieds et par les mains celui qu'on envoie à Zalmoxis. Ils le mettent en bras et le lancent en l'air de façon qu'il retombe sur la pointe de javeline. S'il meurt de ce blessure, ils croient que le dieu leur est propice. S'il ne meurt pas, ils l'accusent d'être un méchant.

Quand ils ont cessé de l'accuser, ils en députent un autre et lui donnent aussi leur ordre, tandis qu'il est encore en vie. Ces mêmes traces tirent aussi des flèches contre le ciel quand ils tombent et qu'ils l'éclairent, » je fais une parenthèse, ça c'est Gébélézis, « pour menacer le dieu qui lance la foudre, persuadé qu'il n'y a pas d'autre dieu que celui qu'il adore. » J'ai néanmoins ouï dire aux Grecs qui habitent l'Élespont-Télépont que Zalmoxis est un homme et qu'il avait été à Samos esclave de Pythagore, fils d'Omnesas.

Qu'ayant été mis en liberté, il avait amassé de grandes richesses avec lesquelles il était retourné dans son pays. Quand il remarquait la vie malheureuse et grossière des traces, comme il avait été instruit des usages des Ioniens et qu'il avait contracté avec les Grecs, et particulièrement avec Pythagore, un des plus célèbres philosophes de la Grèce, l'habitude dépensait plus profondément que ses compatriotes, il fit bâtir une salle où il régalait les premières de la nation.

Au milieu du repas, il leur apprenait que ni lui, ni ses conviés, ni leurs descendants n'en auraient point, mais qu'ils iraient dans un lieu où ils jouiraient éternellement de toutes sortes de biens. Pendant qu'il traitait ainsi ses compatriotes et qu'il les entretenait de parer du secours, il se faisait faire un logement sous terre.

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