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Prières secrètes de guérison par l’invocation des saints de Paul Sanda

Ce nouveau livre de Paul Sanda s’inscrit dans la lignée des deux précédents, Haute Magie des Pentacles de l’Abbé Julio et Rituels de guérison par les archanges, c’est-à-dire, une alliance entre une pratique quotidienne, ici orientée vers la guérison, et la gnose.

L’ouvrage propose ainsi un ensemble d’indications pratiques pour l’invocation des saints, dont bien sûr les soixante-dix-huit saints choisis et présentés pour leur intérêt historique et opératif, certains très connus comme saint Paul, d’autres moins connus et plus singuliers comme saint Pantaleon. Ce choix se termine par la Vierge Noire et une superbe invocation à Notre Dame des Ténèbres. Chaque chapitre consacré à un saint obéit à une même structure : nom du saint, fonction de guérison, fête, portrait, analyse, matériel requis, protocole, rituel, prières et pratiques secrètes. Celles-ci proviennent de corpus gnostiques peu connus ou oubliés.

Mais cette pratique est nourrie par un ensemble théorique aussi nécessaire que pertinent, introduisant au christianisme ésotérique et gnostique.

« Pour les gnostiques, souligne Paul Sanda, le culte des saints, et son autre face tangible, le culte des reliques, avec la distance qui doit être prise par ceux qui les vénèrent, ont toujours bénéficié d’un écho majeur, non pour les raisons presque « populistes » des catholiques romains mais, au contraire, pour des raisons ayant trait à la magie, à la puissance d’utilisation énergétique mobilisable, à la manifestation même de la présence mystérieuse, souvent éprouvée au réel dans la matière. Les reliques, gardant la mémoire engrammée du saint qui en fut la matière consciente, devenant ainsi des talismans, des pentacles capables de décupler un égrégore, de faire circuler des flux énergétiques, et de déclencher des réactions distantes, de l’ordre e la transformation visible et de la guérison. Chez les gnostiques, le saint est considéré comme un détenteur de la puissance et de la clarté, comme un initié qui a pu et su découvrir l’éveil et parcourir la Tradition, une Tradition qui contient l’essentiel de la Connaissance émanée des Mystères antiques, qui a pu soit être éprouvée par expérience directe, soit conservée par une révélation obtenue d’un état supérieur de conscience, en un accès ouvert à l’invisible, par Transfiguration. »

Et de préciser plus loin :

« Les saints ont porté à un rare degré de perfection l’exercice de la quête de la vérité, et pratiqué, à un très haut degré, les vertus libératrices de la Gnose, de cette Connaissance qui naît au plus profond du creuset, au cœur même de cette croix dont le centre laisse alors échapper l’essence immortelle de la vie. C’est cette merveilleuse étincelle que chaque être peut imaginer, avec patience, pouvoir libérer, et voir gagner l’élévation sublime. Il ne s’agit pas ici de se lier, de s’entraver, à un savoir arbitraire qui conditionne à des schémas réducteurs, mais bien d’accepter de s’affranchir des modèles rigides de l’éducation, et des censures, des barrières, que des traditions non comprises ont pu ériger. (…) Mais tout cela n’a que peu d’importance : ce qui compte c’est l’alchimie du bonheur parfait, et cette alchimie ne peut se développer, du plus profond de soi-même, qu’à l’écart des turpitudes du monde. Plus que jamais, la société semble dure, et le monde profane insensible, fermé. Mais le saint ne fuit pas, il est en présence dans ce monde et dans ce temps. Il se crée des espaces secrets, à l’intérieur de son quotidien social même. Progressivement, il développe en lui l’amour, par le retrait, par l’abandon de toute idée de devoir exercer un pouvoir. Il développe en lui la compassion, par l’usage agréable de sa pensée propre, qu’il a su laisser croître indépendamment de toute influence non désirée, il développe en lui la curiosité la plus vaste, par la contemplation de la merveilleuse inventivité de la nature. Il sait enfin utiliser l’énergie qui le traverse, en direction de sa recherche de vérité, pour sa recherche du bien, pour sa quête de Dieu. »

La sainteté n’est donc pas réservée à quelques-uns mais devient ici un art de vivre au plus près de sa propre nature originelle offert à tous. Il s’agit d’une dialectique subtile dans la dualité qui peut mettre en évidence cette infinité d’intervalles entre les objets que nous refusons de voir, autant d’accès au Grand Réel, à la Conscience-Origine, non duelle. Le risque d’identification à la forme demeure, bien entendu, tant que nous restons inscrits dans une temporalité quelconque dont il faudra bien un jour s’affranchir. La mort avant la mort typifie l’initiation. Seul le Silence du saint permet une immaculée conception au beau milieu d’un océan de tranquillité.