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Ce livre précise avec des mots simples ce qu’il faut réellement entendre par éveil à travers des questions directes telles que : A quoi nous éveillons-nous au juste ?, les aperçus d’éveil, ce qui empêche l’éveil, le mythe de l’éveil… Ce livre aborde également de manière très claire, sous forme d’exposés synthétiques et clairs tous les thèmes adjacents à la question de l’éveil : identité sociale et psychologique, l’ego et le changement, l’ego spirituel, les niveaux de conscience, le libre-arbitre, l’acceptation et l’action juste, l’éveil au quotidien, le Réel et l’irréel, l’Unité et la multiplicité…

Surtout, ce livre suggère de manière explicite mais à peine visible au lecteur pressé, avide de réponses sensationnelles ou toutes faites, une voie « secrète », intime, libertaire, toujours évoquée et jamais explicitée, la voie du non faire.
« L’éveil c’est la fin de votre identification à l’esclavage et le début d’une vie de liberté… Paradoxalement, vous pouvez réaliser immédiatement qu’il n’y a pas de chemin, que tout est là depuis toujours. Cette réalisation est possible si vous quittez votre espace mental et découvrez soudainement le moment présent. L’appel sonne l’heure du retour à la maison. La maison Je suis. Vous êtes invité à vous débarrasser de votre histoire personnelle, à voir que vous n’êtes pas le héros de votre histoire personnelle, vous êtes tout ce qui est. Abandonnez tout ce que vous avez construit. Ce petit moi qui vous a permis d’expérimenter la survie est maintenant un fardeau…. Fondamentalement, il n’y a rien à déconstruire, tout ça c’est du cinéma. Il s’agit de voir l’illusion. Vous êtes le miracle de la vie se reflétant elle-même… A chaque instant, l’Infini ouvre ses bras. L’espace est ouvert, c’est en nous identifiant à ce qui est limité que nous quittons l’Illimité. A quoi nous éveillons-nous ? « A nous-mêmes. L’ego est une projection de Soi (le non manifesté) dans l’espace et le temps (le manifesté). Le Soi, sans formes et sans limites, crée et projette une pensée « moi ». Cette forme pensée se cristallise et se gonfle en accumulant toutes les expériences vécues. Ce que nous croyons être nous est en fait une idée projetée de la Source. Cette situation qui consiste à être Source et à ne plus se vivre en tant que Source, mais en tant que projection de la Source ». Le moi, le chercheur spirituel ne peut s’éveiller. Il n’y a personne à éveiller. « La Vie n’a besoin de personne pour se manifester à travers les formes. A l’instant où l’ego revendique une expérience, un processus de corruption se met en place. Quand « Je suis », il n’y a ni désir, ni résistance, c’est notre état naturel… C’est le Soi qui préside à la libération de lui-même en tant que moi… ». C’est si simple que, dans l’ignorance du processus d’identification, nous recréons encore et encore tout un tas de filtres qui nous empêchent de réaliser notre véritable nature. Les notions même de quête et de chercheur spirituel sont un obstacle au basculement, à la saisie par le Réel. « Le chercheur spirituel est une identité, un personnage virtuel, à partir duquel la recherche spirituelle est effectuée. Le chercheur a un but, il veut quelque chose. Le piège est sa volonté. Il y a « quelqu’un » qui veut quelque chose et il croit qu’il l’obtiendra un jour. Là est le nœud du problème. Il utilise diverses stratégies de marchandage avec la Vie. L’ego du chercheur spirituel veut faire cavalier seul. Il se détache du Tout pour réaliser son projet personnel…. Nous sommes conditionnés à chercher le bonheur dans le faire et l’avoir. Pour aspirer à autre chose, il faut d’abord reconnaître que notre fonctionnement est déviant. Tant que la fourberie de l’ego n’est pas vue, l’avidité, la convoitise et l’orgueil sont aux commandes de notre vie. Vivre l’unité requiert une réappropriation des aspects névrotiques de l’ego mis en place pour assurer notre protection… L’unité ne s’oppose pas à la dualité, elle l’englobe ».
L’auteur s’attache à pourfendre toutes les croyances sur l’éveil, y compris celle que l’éveil est la dernière étape. « Après l’éveil, le chemin s’articule autour de trois étapes : Unité, multiplicité et Unité/multiplicité. La première étape est la dissolution du moi ou plutôt la prise de conscience que son existence est une illusion. Le Vide vivant apparait comme la plus grande évidence. C’est la vision individualisée du nouveau-né. Dans la première étape la vision se porte sur le non-manifesté, l’absolu. Dans la seconde, elle se porte sur la manifestation, les phénomènes. Je me reconnais à travers la multiplicité. Tout est soi. Le cœur s’ouvre, aime et se reconnaît en toute chose. Le Soi vous fait mourir à vous-même et revivre par Lui. Chaque forme est une expression de Soi. La diversité témoigne d’une créativité infinie. Vivre l’éveil, c’est se reconnaître et vivre en tant que Rien et Tout. » Troisième « étape », troisième aspect du déploiement de l’éveil : « Lorsque l’Unité est reconnue dans la multiplicité et que la multiplicité est reconnue dans l’Unité, il devient possible de vivre les deux simultanément. L’absolu et les phénomènes sont reconnus. Rien n’est différent ou en dehors de Soi. Tout est Soi. Ces trois étapes peuvent se chevaucher momentanément ». Enfin, dernière illusion à dissoudre chez les apprentis et pseudo-éveillés. « Découvrir que je suis l’espace dans lequel la création surgit n’est pas la finalité. Nous sommes à mille lieues de l’extase de la reconnaissance que je suis Créateur créant la création en cet instant. Etre conscient de soi en tant que Source créatrice créant l’univers au présent est fulgurant. L’union Créateur/création est un don de Soi à soi et de soi à Soi .Un nouveau « je » est né, c’est un ego serviteur et aimant. A partir d’un « je » conscient, Dieu se réalise et crée librement. Un changement radical s’opère en l’absence de « je », laissant la place au don total de Soi en soi. C’est à Sa naissance que l’on assiste en soi. C’est en mourant que l’on se sent soudain exister dans la plénitude. C’est en Le Vivant qu’on L’engendre et qu’on Le fait exister ».
Le lecteur qui veut vraiment dépasser la dimension intellectuelle de ce livre doit s’efforcer de repérer entre les lignes et les concepts ce qu’est cette praxis minimaliste, cette posture de reconnaissance sans voie. Quelques éléments pour commencer le chemin sans chemin. « Devenir conscient de tous les subterfuges de l’ego demande de la vigilance… Dans le moment présent, sans mental, il n’y a aucune préoccupation en lien avec le fait d’être meilleur ou moins bon que quelqu’un d’autre. Lâcher prise c’est cesser de « faire » pour « Etre ». Je suis ce que je suis, c’est tout… L’intention de ne vouloir rien d’autre que communier à la Source est déterminante… Cessez de vouloir toutes choses, y compris l’éveil… Si vous dirigez votre attention sur l’espace vide et vivant situé en amont, à la source de vos pensées, si vous y maintenez votre attention en permanence, votre chemin est terminé ».