Les masques et l’éveil : Charles Antoni

Charles Antoni est le père d’une œuvre visionnaire qui s’est construite à travers de nombreuses rencontres et voyages. Tour à tour comédien (pour la troupe d’Ariane Mnouchkine), voyageur, prof de Yoga, éditeur puis écrivain, le fil d’Ariane de son parcours pourrait se nommer : quête d’Absolu, de l’Esprit, du Soi. Inde, Asie Centrale, Chine, Mexique : autant de destinations et de traditions qui, d’un point de vue extérieur semblent se superposer mais dont la diversité, envisagée sur un plan intérieur, s’emboite et conduit à l’éclosion d’un monde intérieur.

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L’éveil à ce « monde intérieur », à la fois pierre angulaire et premier pas dans une démarche spirituelle, Charles Antoni lui donna un nom : L'Originel.

L'Originel, une aventure éditoriale phare de la Tradition

Conçu à la première personne du singulier et uniquement avec des documents d’archives, ce film, réalisé par Jacques Spohr, est un autoportrait posthume de ce libre penseur.

« Lorsque les masques tombent le moi intérieur apparait : Ramana Maharshi »

Charles Antoni (1941 – 2016) fut un pionnier dans l’enseignement du yoga et du tai-chi-chuan en France. Fustigeant l’amoncellement de conditionnements et autres « injonctions performatives » plus ou moins stéréotypées (suivez mon regard : développement personnel ? ndlr) dont notre époque semble raffoler, Charles Antoni nous donne ici de nombreuses clés pour enfin, peut-être : devenir réalisateur de sa vie.

Lien vers la maison d'édition que Claire Mercier et Jonas Endres ont poursuivi : https://loriginel.com/

Extrait de la vidéo

Je vis où bon me semble, le temps et l'espace n'existent pas pour moi, je suis une force Très bien l'écrit sur le terme d'émergie Notre réalité, elle est fausse Même toi, si je te regarde, je ne peux pas te voir en entier, je te vois de face Si tu te tournes et je vois le dos, je ne vois jamais la face Donc c'est une inversion de tout et comme disait Rimbaud, c'est une inversion des valeurs Donc finalement, nous ne voyons jamais les choses au complet Et si par exemple je vous prends en photo maintenant, je tire la photo, je la sors et elle est plate Tout est plat et donc vous êtes tous, tout est sur le même plan Et c'est pour ça qu'à partir du moment où c'est plat, pour que le temps existe, il faut l'espace Le temps n'existe parce que je suis ici et que je vais à la porte Alors effectivement, il y a un espace, donc il y a un temps maintenant et là-bas Mais si j'enlève l'espace, il n'y a plus rien Comme dans toute chose, il nous faut chercher avant de nous rendre compte des choses C'est clair, il nous faut expérimenter C'est comme un enfant, il faut qu'il expérimente des trucs et à ce moment-là, il fait ou il ne fait pas Et là, pour apprendre des choses dans la vie, que ce soit l'armée, que ce soit n'importe quoi, il faut expérimenter Donc moi, j'ai expérimenté à peu près tout Et à ce moment-là, tu arrives à cette chose qui est, qu'y a-t-il quand il n'y a plus rien, quand il ne reste plus rien Et à ce moment-là, tu fais un tel recul que la logique voudrait que tu t'es trouvé toi-même Ce qu'on peut apprendre, ce que j'ai appris en tous les cas, c'est que dans ma vie ordinaire C'est qu'effectivement, petit à petit, les masques tombent et on peut voir On peut voir quel rôle joue telle ou telle personne, etc.

On peut voir tous ces masques-là Et en ce qui me concerne, effectivement, je me suis aperçu que j'étais plein de différents masques Et que je n'arrivais pas à percer ce qui était l'essence de moi-même Qu'est-ce qu'il y avait derrière tous ces masques ? Et les sept choses dont parlait notamment Ramana Maharshi De ce moi intérieur, ou ce qu'on appelle communément le soi Et ce soi est toujours derrière ces masques-là Et ce soi, c'est moi-même, mais en profondeur C'est moi-même, à quelqu'un d'autre C'est la raison pour laquelle, à un moment donné, que ce soit dans le soufisme Ou dans les traditions de l'Advaita Vedanta Moi égale Dieu C'est ce qu'il dit en permanence Moi égale moi égale Dieu C'est ça, et c'est ce qu'on arrive à trouver, à un moment donné Et ce que l'on est véritablement Si vous voulez obtenir des réponses, adressez-vous à moi en tant que votre majesté Vous en comprendrez certaines, et d'autres non Afin que vous signifiez mon point de vue Je vais me décrire et corriger les notions erronées Que les gens ont de moi et de mon lieu de résidence Mon opposition est ce que vous autres créatures terrestres appelez Dieu Chez l'acteur, il y a deux choses Il y a un, le masque Et il y a l'identité profonde Et l'acteur sait très bien que cette identité profonde, il ne la confond pas avec le rôle et avec le masque Mais il prend le masque Mais nous dans notre vie, nous faisons la confusion entre le masque et cette identité profonde Et en général nous nous prenons pour le masque Vous voyez ?

Et donc Persona, Persona, Personalité, Persona vient du latin Qui veut dire masque finalement Et nous, nous pouvons vexer les gens parce que les gens se sont pris dans leur masque Mais dans cette personnalité qui n'est pas forcément eux Mais il y a une confusion totale Donc c'est ça la grande différence et la grande leçon de l'acteur Logiquement je ne dis pas que tous les acteurs sont comme ça, ils ne sont pas forcément conscients de ça Moi je parle d'un certain théâtre, n'est-ce pas ?

Le théâtre total, le théâtre absolu Alors c'est une grande leçon parce que jamais l'acteur ne se prend pour le rôle Il y a une différence Donc il y a le moi intime et il y a le masque qu'il prend et qu'il joue à fond Mais quand il sort de scène, il abandonne ce masque et reprend son moi intime Vous comprenez ? Et c'est ça l'importance de deux C'est pourquoi le théâtre est une leçon extraordinaire Je parle de l'acteur, du jeu de l'acteur Et qui peut amener à une compréhension de beaucoup de choses Je n'ai pas eu de bac, je n'ai rien appris, je ne lisais rien J'aimais beaucoup le football à l'époque, j'ai fait un peu de musique Et j'ai commencé à lire, curieusement, c'est à l'armée que j'ai commencé à lire les philosophes Tout ça c'était en Algérie, je recevais des bouquins et tout, je lisais Je recopiais des bouquins, je passais mes soirées à ça Pendant que d'autres faisaient autre chose, mais moi c'était ça qui me plaisait Voilà le seigneur du château Finalement je suis passé d'une certaine manière à travers toutes les épreuves Que ce soit l'Algérie, tout ça, je suis passé à travers Beaucoup de gens ne sont pas revenus, c'est clair Et puis même quand je suis revenu, je suis monté à Paris Et effectivement, là à Paris, je me suis découvert une fois tout à fait inconditionnel Pas du tout teinté de religion ou quoi que ce soit Puis rien ne me faisait peur, moi j'étais joyeux, même si je dormais devant Si j'avais pas le droit à manger, tout ça, j'étais un homme heureux Tout à coup la vie se présentait à moi, c'était formidable Mais je me sentais extrêmement libre Il y avait une sensation en moi qui était de liberté totale Et puis je m'étais inscrit dans un cours de théâtre à cette époque-là Au départ j'avais 21, 22 ans, je ne sais plus exactement Et évidemment la grande découverte pour moi avait été Antonin Artaud Antonin Artaud était un révolutionnaire du théâtre, fabuleux Et il avait écrit son fameux livre qui s'appelle Le théâtre et son double Et dedans, à l'intérieur de cet ouvrage, j'avais remarqué Qu'il faisait énormément référence à René Guénon Qui était un théâtreur, un théâtreur, un théâtreur

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