1 1 1 1 1 1 1 1 1 1

L’opposition entre catholiques et francs-maçons perdure, nourrie de préjugés, vieilles rancunes et peurs diverses, malgré les outils internationaux en matière de droits de l’homme qui devraient vider cette question de toute substance. Jean Lancelin, avec courage, respect et pertinence, reprend cette opposition afin de l’analyser à distance et démontrer la compatibilité possible entre l’expérience maçonnique et la vie catholique.

Lui-même ayant été plongé dans sa vie personnelle au cœur même de ce conflit de loyauté, a choisi de s’appuyer objectivement sur son vécu. Il analyse d’abord les croyances catholiques hostiles à la Franc-maçonnerie et comment celles-ci se transmettent et se reproduisent au sein d’une famille catholique ordinaire chaleureuse et soucieuse de justice, comment aussi l’actualité vient les soutenir par des biais perceptuels orientés qui nous conduisent à trier les informations données par la réalité afin de renforcer nos croyances. L’observation de Jean Lancelin vaut d’ailleurs pour comprendre la construction de tout processus d’exclusion et de diabolisation. Les conditionnements existent dans tous les milieux. Il en vient alors à aborder la découverte des origines religieuses de la Franc-maçonnerie, de son projet spirituel et sociétal qui mettent en évidence tout ce que partage les deux institutions, Eglise et Franc-maçonnerie, à travers, notamment, un ésotérisme chrétien et un ésotérisme maçonnique qui obéissent à une même structuration et une même symbolique initiatiques. Conscient des lacunes et des dysfonctionnements de l’Eglise comme de la Franc-maçonnerie, Jean Lancelin dégage de sa propre histoire, à la fois banale et singulière, qui lui permit de s’abstraire des représentations dogmatiques anti-maçonniques et de faire le pas, difficile, vers le Temple maçonnique, des points de sagesse qui jalonnent tout chemin initiatique. Il met ainsi en évidence les fondements d’une coexistence, et pourquoi pas un jour une réelle alliance, possible entre l’Eglise et la Franc-maçonnerie à condition bien sûr que celle-ci reste déiste. « Il est insensé, nous dit-il, de penser qu’un Dieu, la sagesse même, puisse limiter à l’Eglise chrétienne les moyens d’approche de l’homme vers lui. La destinée de la maçonnerie est d’apporter des avantages spirituels à tous les hommes et elle ne représente qu’une des nombreuses voies vers Dieu. Quoi qu’il en soit, une maçonnerie qui ne reconnaîtrait pas Dieu, peu importe le nom qu’on lui donne, ne serait qu’une coquille vide. » Le lecteur trouvera aussi dans ce témoignage un ensemble de repères pour comprendre, avec recul, la longue histoire de cette opposition fondamentale qui a influencé et influence encore le cours des évènements politiques.

Editions Dervy-Medicis
Source: La Lettre du Crocodile