La mystique chrétienne, une compréhension des secrets de la révélation 9/15

Ce neuvième exposé ouvre une série de trois interventions consacrées à la mystique chrétienne. Féminine, même, pour être précis. Nous quittons à présent les rives de la Bible hébraïque pour celui du monde chrétien. Françoise Bonardel évoque dans ce premier opus, plus particulièrement, trois figures importantes mais peu connues de la mystique chrétienne : la béguine brabançonne Hadewijch d’Anvers (1200-1248), la béguine de Saxe allemande Mechthilde de Magdebourg (1207-1282) puis l’italienne, noble et franciscaine, Angèle de Foligno (1248-1309).

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Les volets dix et onze suivants, seront respectivement consacrés aux célèbres Thérèse d’Avila et Hildegarde de Bingen. 

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L’unio mystica chrétienne : une révélation, expérientielle, qui se souche sur la vision et non sur l’intellect

« Voir, c’est savoir » répète inlassablement Françoise Bonardel au cours de ce séminaire portant sur l’expérience visionnaire. Ainsi donc, comment ces femmes accueillaient-elles leurs visions et comment parvenaient-elles à s’en ouvrir auprès de leur hiérarchie ?

Une hiérarchie bien souvent masculine, plus instruite qu’elles, et incapable de comprendre la nature des récits extatiques de ces femmes dont les détails - parfois charnels - et la force de leur « union mystique » avec le Fils de Dieu, ferait perdre son latin à plus d'un homme, d'église ou non...

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Liste des films, séminaire intitulé "Expérience visionnaire et transformation intérieure" donné à Vézelay les 6-8 décembre 2019 :

Volet 1 : Introduction au séminaire « Expérience visionnaire et transformation intérieure » 1/15
Volet 2 : Jung, Dürer et Paul : trois expériences visionnaires, ou quand la conscience se sépare du corps 2/15
Volet 3 : Le visionnaire : un témoin, un médiateur 3/15
Volet 4 : Voir c’est savoir : quand la vue devient vision 4/15
Volet 5 : Solve et Coagula : la vision comme creuset entre calcination et sublimation 5/15
Volet 6 : Asclépios, quand la vision de Dieu était médecine 6/15
Volet 7 : Les visions d’Abraham, Moïse et Daniel 7/15
Volet 8 : Les visions d’Isaïe et d’Ézéchiel 8/15
Volet 9 : La mystique chrétienne, une compréhension des secrets de la révélation 9/15
Volet 10 : Sainte Thérèse d’Avila, quand la contemplation se conjugue à l’action 10/15
Volet 11 : Hildegarde de Bingen, ou quand la Connaissance devient intérieure 11/15
Volet 12 : Art visionnaire et iconographie alchimique 12/15
Volet 13 : Point sublime et surréalité, une frontière pour nos sens ordinaires ? 13/15
Volet 14 : Arts visionnaire et psychédélique : vers une connaissance « intégrale » ?  14/15
Volet 15 : Visions, intuition et individuation jungienne 15/15

Nota bene : les films sont mis en ligne au rythme de un tous les deux mois. Merci à la Libraire L'or des Etoiles , Vézelay, pour son accueil et organisation.

Extrait de la vidéo

Et je vais engager ce soir la troisième partie consacrée donc aux visionnaires et mystiques chrétiens et chrétiennes, et qui est une grosse partie tout de même très importante. Alors, à propos des visionnaires et mystiques chrétiens et chrétiennes, j'aurai deux questions préliminaires auxquelles j'ai donné une réponse parmi d'autres mais enfin j'ai fait un choix. La première c'est est-ce qu'il faut distinguer les hommes et les femmes mystiques, mystiques et visionnaires, mystiques et ou visionnaires, mais nous nous intéressons essentiellement aux mystiques et visionnaires.

Donc, est-ce qu'il faut distinguer hommes et femmes quant à la nature de leurs visions respectives et à la manière de les transmettre ? Est-ce qu'il y a une mystique visionnaire plus spécifiquement féminine et une plus spécifiquement masculine ? Je pense que oui. Je pense que oui, c'est-à-dire que l'expérience visionnaire des hommes est d'abord dans l'ensemble un peu moins fréquente.

Elle est en général, de mon point de vue, plus sobre. Chez aucun homme, vous ne trouvez les débordements extatiques d'une Angèle de Foligno par exemple et leur vision prenne souvent la forme d'une simple apparition avec laquelle ils entrent en dialogue. Je vous en montrerai quelques exemples. Il y a une sobriété dont la mystique féminine me semble relativement dépourvue.

Sur les femmes mystiques, je vous recommande l'ouvrage dirigé par Audrey Fela, auquel j'ai moi-même participé, « Les femmes mystiques », qui a été publié chez Robert et qui est un dictionnaire des grandes mystiques féminines, où vous retrouverez tous les grands noms et quelques autres moins connus. Si j'avais à caractériser en quelques mots la mystique chrétienne féminine et visionnaire, je dirais que la plupart de ces femmes revivent avec une intensité parfois insoutenable la passion du Christ, voire sa vie toute entière.

C'est le cas de Thérèse Neumann, Marie Valporta, que citait Laurent tout à l'heure, et s'unissent à lui, c'est le propre de l'unio mystica, s'unissent à lui dans des transports extatiques aux connotations fortement érotiques. L'extase, c'est-à-dire le ravissement durant lequel se produit l'unio mystica, conduit à un abandon total de soi, parfois doublé d'un désir d'anéantissement plus ou moins morbide, parce qu'il faut quand même bien dire que même en refusant les interprétations les plus réductrices de la psychanalyse, il y a quand même des moments où on se pose des questions.

Il y a une différence entre l'abandon de soi et le désir d'anéantissement, fût-ce dans des débordements érotiques quand même parfois un peu scabreux. Donc, le choix que j'ai fait, c'est effectivement de sélectionner quelques expériences mystiques au féminin parmi les plus significatives par rapport à la question de la transformation. C'est notre fil conducteur. Je ne prétends en aucun cas vous donner un tableau exhaustif de l'expérience mystique et visionnaire.

Justement, la deuxième question est là et je ne prétends pas non plus y apporter de réponses définitives si ce n'est celle que m'a inspirée la lecture de ces textes. Comment distinguer l'expérience mystique de l'expérience visionnaire ? Est-ce qu'il y a même une différence ? Alors, je pense qu'il y en a une, mais qui est difficile à établir et à justifier véritablement.

Pourquoi ? Parce que la plupart, alors nous allons parler des femmes d'abord et des hommes ensuite. Pourquoi ? Parce que la plupart des femmes mystiques, donc celles qui offrent leur vie à Dieu et qui s'abandonnent totalement à cette union mystique, ont pour la plupart des visions relatives, en particulier à la passion du Christ.

La plupart sont liées à la passion du Christ, qu'elles revivent avec une intensité parfois terrible. Donc la plupart de ces femmes ont des visions, ce sont aussi des visionnaires. Mais je dirais que dans ce cas-là, la vision accompagne l'union mystique. Ce qui est le moteur de l'expérience, c'est l'union mystique et il se trouve que la vision accompagne ce mouvement d'abandon.

Alors que des visionnaires, qui sont beaucoup plus rares, tels que Hildegard de Bingen, ne sont pas au même degré des mystiques. Vous ne trouvez pas chez Hildegard de Bingen des transports, des extases comparables à celles que nous trouvons chez les femmes mystiques dont nous allons parler. C'est un style beaucoup plus sobre et je pense que là, nous ne pouvons pas traiter exactement sur le même plan ces deux types de visions.

La plupart des visions des femmes mystiques visionnaires sont assez stéréotypées en fait. Quand je dis ça, c'est-à-dire qu'elles sont induites par l'union mystica et l'union mystica étant ce qu'elle est, elle produit des visions qui finalement se ressemblent quelque peu les unes les autres. En tout cas, ont des points communs. Quand je dis assez stéréotypées, c'est à peu près toujours les mêmes scènes qui reviennent.

Alors que chez Hildegard de Bingen, d'une certaine façon chez Sainte-Thérèse d'Avila aussi,

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