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"Dieu géométrisa". De cette Géométrie naquît le symbole dont le franc-maçon est le dépositaire.
Rares sont les travaux maçonniques qui touchent à la profondeur du symbolisme maçonnique et révèlent toute l'importance de la Géométrie.

Le bel ouvrage de Julien Behæghel n'en est que plus méritoire.
Julien Behæghel traite de la queste du Centre, il parle donc aux Maîtres. Même si tous étudieront avec bénéfice ce livre, certains seulement sauront le pratiquer. Voici ce qu'en dit Georges H. Neslany, ancien grand maître de la Grande Loge de Belgique pour introduire ce travail :
"...il faut être Maître de Saint-Jean, chevronné et expérimenté, pour apprécier, assimiler et comprendre cette belle et sobre écriture. Il est vrai que l'initiation est l'élément qui justifie la loge. L'initiation est vraiment le sujet du livre, dont je mentionne volontiers tous les éléments : Dans "La quête du un" (titre de la première partie) sont traités : Grand Architecte de l'Univers, équerre et compas, trois grandes lumières, étoile flamboyante, et surprenant : l'escalier à vis (Winding Staircase chez les Anglo-saxons), le carré long, etc.
"Le 3 devient 33" est le titre de l seconde partie, qui fait approcher le lecteur des différents grades du Rite écossais ancien et accepté, par le biais des grades de perfection, philosophiques et administratifs (appellation malheureuse qui engendre une opinion erronée des trente et unième, trente-deuxième et trente-troisième degrés, dont le rituel atteint des hauteurs tant insoupçonnées qu'admirables)."
Julien Behæghel traite ici de la véritable franc-maçonnerie, c'est-à-dire de l'initiation. Si ce livre dérange, s'il déplaît, plus fréquemment, s'il ennuie, c'est parce qu'il oblige à l'abandon de l'avoir et du faire, qu'il martèle le masque de la personnalité jusqu'à ce que l'être apparaisse. La personnalité, l'ego, sent le danger. Travail d'artiste :
"La Maçonnerie n'a jamais eu d'autres sens, dans mon esprit, que son sens initiatique. C'est l'initiation qui la relie aux grands courants ésotériques du passé ; c'est l'initiation qui constitue le seul commun dénominateur de toutes les loges du monde. C'est l'initiation enfin qui transcende toutes ses différences et toutes ses oppositions, qu'il s'agisse d'obédiences ou de rituels.
L'initiation est non seulement le seul élément commun à toutes les loges mais aussi le seul élément qui les justifie toutes."
Julien Behæghel parle vrai car il tente la seule chose que puisse tenter l'initiable, à savoir l'impossible. L'initiation rejette sans vergogne celui qui reste incapable d'inconditionnalité, elle aime la folle sagesse ou la sage folie :
"R. Guénon disait que le symbole est une science. C'est vrai, mais c'est une science du coeur. C'est par le coeur et la sensibilité que nous pouvons entrer dans le symbole. D'emblée nous devons donc constater qu'il est impossible d'expliquer le symbole car le symbole est un livre muet que nous devons avaler pour le lire. Il est à la fois visible et invisible et seule la partie visible nous est vaguement connue. Alors que faire ? Comment appréhender l'inconnaissable, comment voir l'invisible ?"
S'en suit une longue, étrange et passionnante déambulation dans le labyrinthe au côté d'Hiram :
"Par les outils du franc-maçon, par ses symboles, par la magie du rituel, nous avons accompagné Hiram dans le labyrinthe. La pérégrination n'était pas facile, le signe ou le nombre était souvent mystérieux, l'itinéraire n'était pas logique. Comment peut-il être logique, alors que nous marchons dans l'inconnu, à la limite du temporel et de l'intemporel ? Et cependant, depuis la caverne première, celle dans laquelle nous avons tué, une première fois, la Bête en nous, nous nous sentons beaucoup plus légers.
[...] Voici la raison d'être du symbole et des rituels : nous permettre de mourir à la mort autant de fois que cela sera nécessaire."