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L'auteur présente tout d'abord Cheikh Arslân, et met en évidence la modernité de ce personnage peu commun. Il définit également des notions telles que le ribât, le djihâd mineur et ledjihâd majeur. Le ribât n'est pas sans rappelé l'éthique et l'inconditionnalité de certains collèges hermétistes.

-Ibn 'Arabi le définit en effet comme "l'attachement sans relâche de l'âme" à une discipline spirituelle, une idée, une oeuvre.
La seconde partie est consacrée à l'Épître et à ses commentaires. L'Épître intéressera quiconque se consacre à l'Éveil, tant elle rassemble et condense les éléments essentiels de la Queste, gnose, amour, certitude et foi, non-agir, expérience du réel, etc.
Voici un extrait significatif, concernant L'idolâtrie cachée.
"Ton être entier associe imperceptiblement à Dieu autre que Lui (shirk khafî).
Cette affirmation péremptoire sur laquelle s'ouvre l'Épître ne s'adresse pas au polythéiste grossier, qui "associe"(sens premier du mot shirk) à Dieu d'autres divinités: onparle dans ces cas d' "associationnisme manifeste" (shirk jalî ). Elle concerne celui qui croit en un Dieu unique, mais ne Le perçoit pas comme seul Agent derrière les causes secondes. Toutefois, elle ne résonne pleinement que chez les hommes engagés sur la Voie initiatique; en effet, tant qu'ils ne sont pas parvenus à la "réalisation spirituelle", ceux-ci sont encore enclins à attribuer à leur ego une existence autonome par rapport à Dieu. Ils restent ainsi assujettis à un associationnisme d'autant plus pervers qu'il est caché ( khafî ), "subtil" (latîf ) selon Junayd. Il va sans dire que l'homme moderne est, à son propre niveau, très concerné par le Shirk khafî. En effet, si l'idolâtrie primitive -au sens du fétichisme- ne présente plus d'attrait pour lui, il existe par contre dans nos sociétés de nombreuses formes d'idolâtrie évoluées et donc insidieuses, parmi lesquelles A. Huxley mentionne celles ayant un caractère technologique, politique ou moral."