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Ce qui caractérise le plus les nouvelles d’Olivier Bidchiren est peut-être un art maîtrisé de la surprise sous une plume légère qui permet au lecteur de traverser les pires situations sans se départir d’un regard légèrement et délicieusement décalé.
« La vision qu’il observa collait à merveille aux images que proposaient les cinéastes quand ils s’attaquaient à montrer – à grand renfort d’effets spéciaux – le domaine des dieux dans la tradition hellénique. Le fameux et légendaire Olympe.

Petra le conduisit sur une plate-forme instable et mouvante. Elle était constituée de nuages. Léger et agile comme le vent, il flotta dessus. Autour de lui, des milliers d’hommes et de femmes désincarnés attendaient que la nuit tombât pour se mettre à l’ouvrage. Pour patienter, avec les nébulosités, ils s’amusaient à créer des architectures et des œuvres d’art aberrantes. Lui, ça ne le distrayait pas. Il y voyait de la puérilité. S’il fallait tuer le temps, autant le faire dans le plaisir, pas dans le travail. Mais ça, les catholiques oubliaient de le préciser.
La Sainte, qui ne portait en tout et pour tout qu’un lourd trousseau de clefs, connecta le front de Serge Moreau à un long ombilical argenté, le reliant ainsi à la chaîne constituée de voleurs de rêves. »