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Ce livre, tout à fait intéressant, rend compte d’une période méconnue du surréalisme, celle de 1940 à 1944, et raconte l’histoire de La Main à la Plume qui assura la survie du surréalisme pendant l’occupation nazie.

Il est constitué d’extraits choisis d’une préface de Jean François Chabrun au livre de Michel Fauré, Histoire du Surréalisme sous l’occupation, publié en 1980.
André Breton et quelques autres sont partis pour l’Amérique et ceux qui restent, non seulement résistent mais passent même à l’offensive subversive, cultivant l’ambiguïté afin de ne pas se faire interdire de publication. C’est avec la complicité et l’assistance du groupe des Réverbères qui assurait la relève du dadaïsme que La Main à la Plume prit forme. Une trentaine de publications virent le jour jusqu’à la Libération, grâce notamment à l’action de Noël Arnaud.
Jean-François Chabrun restitue pour nous les principaux axes de l’action des membres de La Main à la Plume qui se retrouvèrent souvent écartelés, tiraillés, entre volonté poétique et volonté politique.
« Le spectacle le plus obsédant alors, il faut bien le dire, était ailleurs. Non que je veuille minimiser la somme des périlleux efforts déployés par un petit groupe de poètes qui croyaient que le droit à l’imagination allait de pair avec le droit de vivre, je le crois toujours. Je crois même que le plus infime mouvement de la pensée est mille fois plus important que la quasi totalité des grands événements qui obstruent les façades de l’information. Mais je ne crois plus qu’on puisse combattre l’intolérance par une autre intolérance, fût-elle soi-disant libératrice, fût-elle socialiste, fût-elle surréaliste. »