Hérédité et destin, des racines à la fleur

« Nous sommes porteurs de souvenirs dont nous n’avons pas été les témoins... ». Cette affirmation, anodine en apparence pour les familiers du travail sur l’inconscient, tant personnel que collectif, lève en réalité le voile sur un pan entier de l’un de nos « arrières mondes » les moins étudiés, comprendre « le plus refoulé » : celui de l’importance de nos ancêtres, de l'influence de notre lignée dans notre vie de tous les jours.

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Si la psychogénéalogie étudie les répétitions et injonctions inconscientes à partir d’un arbre généalogique, le protocole transgénérationnel (terme dont la maternité appartient à Carole Labédan NDLR ) entrevoit un dépassement de la psychogénéalogie et de la psychanalyse classique par une prise en compte affirmée du rôle des défunts : « on devient héritier », « le sujet devient acteur de son histoire ».

Carole Labédan, Protocole Transgénérationnel, BAGLIS TV

S’intéresser plus à la racine qu’à la floraison, plus à l'invisible qu'au visible

Dans une société où la séduction, le paraitre, le succès matériel, l’invulnérabilité sont avec autant d’obscénité mis en avant (pléonasme volontaire  obsto/obstetrix : « se tenir devant »), Carole Labédan nous invite au contraire dans ce premier échange* à nous ouvrir, cultiver même, ces fragilités qui sommeillent de manière plus ou moins latente, et plus ou moins douloureuse, au plus profond de nous.

Une vision nouvelle de nos émotions, de notre âme et psyché, où cette fragilité devient tremplin. Un remède qui nous permettra de nous réapproprier notre destin :  « faire quelque chose de cet héritage de manière singulière et personnelle » nous dit-elle. 

« Notre fragilité est un outil, pas une condamnation », d’où une ouverture sur les systèmes divinatoires et le chamanisme…

Souhaitez-vous découvrir ce lien universel et de tout temps éternel  qui nous unit à cet héritage individuel ?  Qui unit cette trame à notre âme ? 
Comprendre ainsi que l’âme de chacun est à dimension variable, en constante évolution et que certains outils, parfois divinatoires, permettent tel un vieux piano désaccordé de retrouver son juste la  ?


Série de cinq entretiens :
1. Hérédité et destin, des racines à la fleur
2. Le corps et l’âme de la femme : un creuset ou un bouclier ?
3. Naître à son humanité 
4. C’est par les images que se transmet le sens d’un récit
5. Le Minotaure en soi

Extrait de la vidéo

Bonjour Carole, bonjour Marie, merci de me recevoir chez toi à Romainville aujourd'hui, c'est l'équinoxe de printemps, c'est un cadre idéal pour échanger sur ce que plus de trente ans de thérapie avec des patients t'ont enseigné, je sais qu'il y a trois grands domaines qui t'ont beaucoup nourri et qui continuent de te nourrir aujourd'hui, le premier c'est l'analyse transgénérationnelle et la psychanalyse, le deuxième c'est la médecine traditionnelle chinoise et la vision énergétique et le troisième c'est le rapport aux ancêtres et aussi comment les systèmes divinatoires permettent d'interroger la notion de destin, évidemment il ne faudra pas hésiter à me corriger et donc on va commencer aujourd'hui à explorer tout ce que ces années t'ont enseigné à travers deux temps, peut-être que ce qui serait intéressant d'entendre c'est pourquoi est-ce que pour toi être thérapeute c'est indissociable du fait d'être humain, de ton expérience personnelle, de la vie et de ton parcours de vie et ensuite dans un deuxième temps comment est-ce que ce projet de devenir humain peut être articulé autour des notions d'héritage ou de fatalité, celle du destin et ensuite de la fragilité, donc on a un beau programme, oui un joli menu alors peut-être la première chose que j'ai envie de te demander c'est comment est-ce que ce désir de comprendre ce que ce que c'est de vivre est né chez toi et comment est-ce qu'il t'a habité ?

Je dirais qu'il m'a d'abord habité par la carence, il m'a d'abord habité par le manque, par l'angoisse et très tôt dès l'enfance parce que je voyais bien qu'il y avait une échéance qui était la mort qui était prévisible et toute ma question portait sur le sens de cet entre deux dans lequel j'étais supposé habiter et vivre parce que je pense que très tôt la question du sens pour moi était primordiale par rapport à celle de la jouissance, du plaisir de vivre etc qui ne m'a jamais paru suffisante donc par rapport à cette question de donner et pas seulement donner de manière active mais trouver c'est à dire découvrir, explorer à travers des différentes choses et pouvoir découvrir que la vie avait du sens a été essentiel donc ça a beaucoup orienté ma vie personnelle dans un premier temps et pendant de nombreuses années j'ai abordé différentes formes de thérapie etc mais j'avais toujours un sentiment d'insatisfaction et puis un jour quand j'avais une trentaine d'années j'ai rencontré Jodorowsky qui faisait à ce moment là un travail sur l'art généalogique et là vraiment j'ai eu une espèce de sentiment d'évidence que c'était ça, c'était cette chose là que je cherchais et que ça complétait, ça donnait une dimension que je n'avais jamais trouvée dans les approches que j'avais faites jusque là et maintenant avec le recul je dirais que ce qui était très nouveau et très puissant c'était le fait que les influences des défunts étaient prises en compte de manière active alors qu'en psychothérapie, en psychanalyse jusque là ça n'avait jamais été le cas.

Donc cette prise en compte des défunts est-ce que c'est ça qui est essentiel dans l'analyse transgénérationnelle ? Oui sauf qu'à ce moment là le terme même d'analyse transgénérationnelle n'existait pas, c'est moi qui l'ai mis à jour si on peut dire au bout d'un certain temps, on parlait seulement de psychogénéalogie, la psychogénéalogie étant l'étude des répétitions des injonctions conscientes etc qui sont à travers les générations et qui se traduisent par des faits, des maladies, des répétitions de dates, de lieux, de symptômes etc, une sorte de grille de lecture différente que effectivement le transgénérationnel éclairait en tant que point de vue global, c'est à dire que tout ce qu'on regarde peut être vu d'un point de vue transgénérationnel, la psychogénéalogie c'était vraiment la technique si on peut dire thérapeutique qui permettait d'aborder ça et ça a été éclairé pour moi par le fait que la psychanalyse qui était par ailleurs une démarche extrêmement puissante et intéressante courait le risque de s'enfermer dans une boucle un peu égotique dans laquelle on connaissait son symptôme, on analysait son symptôme, on décrivait son symptôme et on restait enfermé dans son symptôme, c'est à dire quelque chose au niveau de la cause initiale pouvait rester extrêmement à l'scompte pendant très longtemps et moi j'ai vu beaucoup de gens, beaucoup de patients au début qui venaient en psychogénéalogie parce qu'ils étaient un peu au bout des ressources que leur analyse leur apportait et qui en quelques séances tout d'un coup voyaient apparaître des pans entiers de signifiants qui jusque là n'étaient jamais visibles.

Est-ce que tu dirais que cette approche transgénérationnelle elle permet aussi de rendre le patient plus actif dans sa démarche ou en tout cas de passer sur un autre plan de connaissance de soi, c'est à dire que comme tu viens d'expliquer il peut y avoir une certaine limite dans la psychanalyse de se savoir, dis-moi si je me trompe, mais qui est un peu hors de soi et j'ai l'impression que l'analyse transgénérationnelle permet d'interagir plus ou de faire le lien entre la connaissance et son parcours personnel et je peut-être que je me perds un peu dans toutes ces notions.

Non, non, je pense que tu dis avec tes mots qu'effectivement le transgénérationnel a rendu consistant le fait qu'on était un héritier, qu'on n'était pas juste un objet isolé ou un sujet même un peu théorique je dirais, on est un héritier qui devient sujet de son histoire ce qui veut dire qu'on doit s'approprier son héritage et que cet héritage qu'on le veuille ou pas, qu'on le trouve agréable ou pas, il existe et que dès qu'on met à plat plusieurs générations de son histoire on ne peut pas ne pas voir qu'il y a des effets de répétition, des effets de bouche etc qui sont objectifs donc de ce point de vue avec des grosses guillemets je dirais presque que ça permet de donner une coloration presque scientifique dans le sens où vraiment on s'appuie sur des faits, c'est démontrable, les dates ne sont pas falsifiables, on ne transforme pas les faits du passé, on les contemple si on peut dire.

Et comment est-ce que cette approche transgénérationnelle elle t'a amené aux autres pans dont on a parlé tout à l'heure, celui de la médecine chinoise ? Quand j'ai commencé à travailler sur mon oeuvre avec Jodorowsky, je suis tombée très malade, j'ai été vraiment je pense profondément ébranlée dans ce que ça a mis à jour et pendant plusieurs mois j'ai été vraiment en très grande difficulté et à ce moment là pour le dire un peu succinctement je dirais je pense que ça m'a remis sur un seuil qui était très proche de la difficulté de ma conception et qui me remettait sur presque une faille presque psychotique et pendant plusieurs mois, ça a duré 3-4 mois, j'ai vraiment eu l'impression qu'à chaque instant je pouvais tomber dans une faille d'anéantissement et j'ai rencontré à ce moment là un médecin qui transmettait beaucoup aussi autour de la médecine chinoise Jean-Marc Essalet qui m'a invitée à devenir sa patiente et j'ai vraiment vu concrètement de manière extraordinairement réelle et concrète à quel point peu à peu, et ça a pris du temps, cette sorte de filet initial de l'énergie ancestrale, l'énergie des reins qui permet la conception, qui pour moi était devenu une espèce de filet

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