Alexandre de Salzmann

Paradoxalement, quand un homme est sincèrement brûlé, il ne cherche plus une voie : c'est la voie qui se présente à lui. C'est précisément ce qui s'est passé par la rencontre apparemment miraculeuse de René Daumal, à l'âge de 22 ans, avec Alexandre de Salzmann (1874-1934). Pour Daumal, Alexandre de Salzmann fut un médiateur: grâce à lui, Daumal découvre l'enseignement de Gurdjieff. 

Pour visionner ce film ajoutez le au panier ou
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
53:32
À partir de 12 € / mois
VOD / 15€

nicolescu_alexandre_de_salzmann_1nicolescu_alexandre_de_salzmann_2
Ami de Kandinsky et de Rilke, membre du groupe Jugendstil, Alexandre de Salzmann était un remarquable peintre et dessinateur. Ses couvertures et illustrations pour la revue "Jugend" l'ont fait connaître dans l'Allemagne du début du 20e siècle. Alexandre de Salzmann, figure majeure de l'art du 20e siècle, a été aussi un décorateur et un metteur en scène reconnu.
nicolescu_alexandre_de_salzmann_3nicolescu_alexandre_de_salzmann_4

En 1922, à l'occasion de la représentation de Pelléas et Mélisande au Théâtre des Champs-Elysées, la revue "Choses de théâtre" saluait en Alexandre de Salzmann  "un des plus remarquables artisans de la rénovation scénique".

Qui était Alexandre de Salzmann ? Explications de Basarab Nicolescu dans cette conférence vidéo de 54 minutes, illustrée de nombreuses diapositives

Extrait de la vidéo

Et je l'ai acheté sans regarder la revue. Il y a à peu près plus de 25 ans. Et à la maison, je tombe sur un article époustouflant que je veux citer sur Alexandre de Salzman. Et à ce moment-là, ça s'est déclenché ma passion pour Alexandre de Salzman.

J'ai commencé à chercher, chercher, chercher et j'en ai trouvé certaines choses dont je vais vous parler aujourd'hui. Je suis très ému aussi pour une autre raison. Une sorte de cadeau du ciel qui m'a été fait pour cette conférence. Grâce au petit-fils d'Alexandre de Salzman, le docteur Alexandre de Salzman.

Et ce cadeau divin, c'est ces toiles qui vous ont accueillies à l'entrée. Peut-être vous ne les avez pas regardées trop attentivement. Ces toiles qui sont là, à côté de moi, sont des toiles d'Alexandre de Salzman. Et je dirai quelques mots sur deux toiles célèbres, célèbres pour de multiples raisons concernant la lutte des mages qui sont à l'entrée.

Il ne cherche plus une voie, mais c'est la voie qui se présente à lui. Et c'est précisément ce qui s'est passé par la rencontre, apparemment miraculeuse, à l'âge de 22 ans, avec Alexandre de Salzman par l'intermédiaire du peintre Joseph Sima. Vous avez ici un portrait d'Alexandre de Salzman qui est fait par Joseph Sima exactement dans l'année de la rencontre avec René Dommage. Vous savez que Joseph Sima est un peintre célèbre.

Aujourd'hui, il y a de multiples livres sur lui. Un très merveilleux paru au Bois d'Orient, d'ailleurs. Une grande exposition lui a été dédiée au Centre Pompidou. Cette rencontre providentielle marque la transition entre ce qu'on peut appeler l'homme brûlé et l'homme accompli.

Je citerai René Dommage. J'ai rencontré un être humain. Je ne l'aurais pas cru possible. Et pourtant, j'ai dû abandonner des biens commodes, des espoirs.

C'est l'espérance qui est lourde à porter. Fin de citation. Écrit Dommage dans La vie de Basile. Il a écrit aussi, un an avant de mourir, je cite, et j'aurais sombré dans ma propre philosophie si au bon moment quelqu'un ne s'était pas trouvé sur ma route pour me dire, voici, il y a une porte ouverte, étroite et dure d'accès, mais une porte, et c'est la seule porte pour toi.

Fin de citation. Qui est cet homme? Alexandre de Salzman. Alexandre de Salzman est aujourd'hui oublié, surtout en France.

Il y a très peu d'informations disponibles en français, un peu plus en langue anglaise. Heureusement, quelques événements très récents sont les signes d'une véritable redécouverte de son œuvre, et je suis très reconnaissant à Martine Luzardi d'avoir offert l'espace pour cette mini-exposition aussi qui préfigure peut-être autre chose que nous avons en vue. L'année du centenaire de la naissance de René Dommal fut faste.

La soutenance de la thèse de doctorat en études théâtrales, Alexandre de Salzman et les théâtres du XXe siècle par Carladi Donato à l'Université de la Sorbonne-Nouvelle Paris III. Georges Banu, le très bien connu critique de théâtre et ici présent dans la salle, était le directeur des thèses. Moi, j'étais membre du jury. Aussi, la publication du livre « René Dommal ou les perpétuels incandescents » où l'on peut trouver pas mal d'informations concernant Alexandre de Salzman.

Enfin, comme Christian l'a dit, la découverte par Christian Lemelec d'un riche fond de mâle à la bibliothèque Jacques Doucet contenant 20 lettres autographes adressées par Alexandre de Salzman à René Dommal. Mais, avant de vous donner quelques indications biographiques sur Alexandre de Salzman, je voudrais citer deux témoignages. Il me semble que ce sont les témoignages les plus pertinents. Ceux de Carl Ziegroesser et celui d'Antonin Arthaud.

D'abord, les témoignages de Ziegroesser. Ces témoignages de Ziegroesser sont donnés dans son livre « Man Shall Come to Me ». C'est un livre tiré à 300 exemplaires. Et la photo d'Alexandre de Salzman figure dans ce livre.

C'est une photographie de Stuyven qui est dans les fonds du musée d'art moderne de New York. À droite, c'est l'auteur du livre, Carl Ziegroesser. Qui est Carl Ziegroesser ? Pour les Français, ça ne dit pas grand-chose peut-être.

Il a été directeur d'une galerie entre 1919 et 1940, connue à New York. En 1937, il a publié un livre qui fait l'autorité encore aujourd'hui, « Six Centuries of Fine Prints ». Et entre 1941 et 1963, il est conservateur du musée à Philadelphie, « Museum of Art Prints », 52 et 55, administrateur et vice-directeur du Guggenheim Museum. Qu'est-ce qu'il nous dit sur Alexandre de Salzman, Carl Ziegroesser ?

J'essaie de traduire mon mot à mot. J'ai laissé les extraits en anglais. Dans l'été de 1927, j'ai passé plusieurs week-ends et quelques jours dans le château de Prieuré, près de Fauteblois, où Gurdjieff a établi son institut. Il y avait une personne parmi ceux qui étaient initialement au Prieuré, avec laquelle j'ai établi un contact immédiat.

C'était Alexandre de Salzman, parce que peut-être c'était un artiste, et nous avons eu un intérêt commun. Aussi parce que nous parlions allemand. J'ai passé beaucoup de temps avec lui à Fauteblois, je l'ai vu à Paris, j'ai acheté plusieurs dessins et des panneaux décoratifs de sa galerie, pour ma galerie à New York. Il était d'un grand talent comme artiste, même si, modestement, il s'appelait lui-même artisan.

Il réservait les noms d'artistes pour ceux qui ont réalisé l'œuvre d'art majeure, comme les sphinxes ou les pyramides. Ces objets d'art, considéraient-ils, avaient une profonde signification que l'art moderne manque.

Abonnez-vous à la newsletter de BAGLIS TV

Haut