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Le coaching est à la mode. Il permet de relancer ou renouveler la clientèle un peu essoufflée des formations à la communication et au développement personnel de la fin du siècle dernier. Les mêmes questions se posent. Quel intérêt réel ? Quelle part de manipulation ? Quel apport à la personne, au groupe, à la société ?

Baptiste Rappin sort des sentiers battus et mercantiles pour proposer un coaching qui ne soit pas soumis à la rentabilité prométhéenne. Il fait appel à la philosophie, à la poésie, à l’art, etc. Il oppose les valeurs de l’inutile, du rien, de la créativité à celles de l’utile, du tout à tout prix et du besogneux. Il n’est pas le seul, en ces temps incertains, à réfléchir sur la place de l’humain dans le monde professionnel d’aujourd’hui. De plus en plus nombreux sont les formateurs qui enseignent qu’un individu heureux et équilibré est plus créateur pour l’entreprise et la société qu’un individu sous pression et tendu à l’extrême vers un objectif qui n’est pas le sien.
Après avoir présenté le coaching moderne, Baptiste Rappin en cerne les limites et les dangers pour finalement nous inviter à réenchanter le coaching. Plutôt que de nous vendre un nouveau modèle, il préfère indiquer quelques pistes à explorer comme les consultations philosophiques (celles-ci, développées considérablement dans les pays du Nord, commencent à se multiplier en France grâce à des personnes comme Oscar Brénifier). Outre cette approche socratique, il propose également une approche spirituelle voire initiatique sur laquelle nous ne pouvons qu’émettre des réserves malgré la lucidité de l’auteur. Le projet louable, pensé, séduisant, se heurte à la nature même de l’initiation. L’initiation intéresse l’être et non la personne. Ce fut invariablement une erreur de vouloir lier verticalité et horizontalité.
L’intérêt majeur de ce livre réside dans l’interrogation qu’il fait de nos pratiques professionnelles (notamment dans les prétendues relations d’aides) et dans l’observation et l’analyse des mécanismes de notre société d’artifices.