Neptune, la force de nos émotions profondes et nostalgie de notre origine océanique

Les archétypes sont des forces invisibles, éternelles et universelles, qui agissent en nous. Contrairement à une compréhension du monde, et de l’homme, qui ne réduirait les phénomènes visibles qu’à leur simple expression mécanique et matérielle : nos corps, nos pensées, nos émotions sont mus par des énergies qui échappent à tout système de mesure classique. 

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Neptune correspond à une énergie impersonnelle qui nous invite à embrasser l’illimité. Quitter notre manteau de chair et abolir toute forme de limitations, charnelles ou mentales.

Ce « sentiment océanique » ou « union avec le Tout », théorisé par Romain Rolland* en 1927 dans son ouvrage consacré au mystique indien Ramakrishna (1836–1886), nous en avons tous fait l’expérience dans le ventre de notre mère. Sur un plan symbolique, mais aussi biologique : la composition du liquide amiotique (sodium, ion etc) est comparable à celui de l’océan.

Charley Wirth - BAGLIS TVEric Berrut - Neptune - BAGLIS TV

L’enfant à naitre reçoit un écho de Neptune, un « écho d’amour neptunien » qu’il tentera de retrouver à l’âge adulte. Dans sa vie amoureuse et parfois professionnelle, notamment s’il devient thérapeute.

Reprenant les travaux des psychanalystes Sándor Ferenczi et Jean-François Rabain (son concept d’ « enfant météo »), Eric Berrut poursuit dans ce second volet de nos entretiens consacrés aux trans-saturniennes, son étude sur l’influence que cet océan primordial a sur nos psychés. La difficulté d'intégrer et de conscientiser cet archétype, cela tant sur un plan individuel que collectif. 

Il nous met d'ailleurs en garde :  « dès lors qu’on s’identifie à un archétype, on est agi par lui »…

* Et qui sera l'objet d'une controverse avec Freud, cf. leur correspondance mais aussi trois ans plus tard, sa réponse officielle dans son ouvrage « Malaise dans la civilisation ».

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Liste des entretiens :

L’Iliade, un hymne au débordement des affects
L'Odyssée, un voyage intérieur

Ombre et lumière de Saturne, à la fois prédateur et structurant
Cronos-Saturne et la révélation de la paternité

L’archétype de la Mère en regard de Neptune et Pluton
Neptune, la force de nos émotions profondes et nostalgie de notre origine océanique
Pluton, guide d'introspection et de métamorphose

La Lune Noire et le choix de la Lune Noire vraie
La Lune Noire : identifier la dynamique profonde du désir

Extrait de la vidéo

On se retrouve aujourd'hui pour un second entretien en compagnie d'Éric Béru. Éric, bonjour. Bonjour, Charlie. Nous discutions auparavant de la question de Neptune, on a abordé la vision de Ferenzi qui me rappelait que la vie est née dans l'océan et que pour qu'elle puisse se répandre sur la terre ferme, les organismes ont dû, de manière physique, se mettre à l'intérieur d'eux-mêmes une eau qui ressemble, comme de gouttes d'eau, à l'océan primordial, c'est-à-dire qu'on a nos organes qui baignent dans un liquide qui contient des concentrations de minéraux très proches de ce qu'était l'océan au démarrage, le liquide amniotique est quasiment identique, notre sang a un taux de sodium qui est également le même que celui des océans primordial, et il me semblait que ça faisait complètement écho à l'idée de Ferenzi, à l'idée de ce dessèchement et à l'idée de cette continuité entre le milieu humide et le milieu sec.

Oui, Ferenzi a publié une étude, un essai, qui s'appelle Thalassa, il y a un sous-titre, et Thalassa est le correspondant de l'océan primordial que Hésiode appelle Pontos dans la mythologie. Certains auteurs associent Thalassa à Pontos, et dans cette thèse, comme on l'a évoqué dans la vidéo précédente, Ferenzi parle de la catastrophe du dessèchement quand des villes ont dû, suite au dessèchement, s'adapter au sec, et à partir de là, il fait un parallèle entre l'évolution de la ville, de l'humide au sec, et la venue au monde où l'enfant doit quitter l'humide pour s'adapter petit à petit au sec et au monde de Saturne.

C'est très significatif de noter que dans le thème de Ferenzi, on trouve un carré en T où il y a Soleil, Saturne et Neptune. En tant qu'astrologue, nous pouvions nous attendre, de la part d'un auteur qui a développé la thèse Thalassa et le concept de catastrophe du dessèchement, à trouver dans son thème une relation forte entre Saturne et Neptune. Ferenzi disait notamment ceci dans sa thèse que le liquide amniotique était l'océan introjecté dans le corps de la mer, et qu'en baignant dans le liquide amniotique, le fœtus baignait en écho avec la ville qui, au commencement, baignait dans l'océan primordial.

Nous avons aussi dit à propos de Neptune qu'il était vraiment très important que la mer, que l'objet maternant, offre à l'enfant un écho de Neptune, un écho de ce bain de sensation, de ce bain d'émotion, que le nouveau-né soit baigné dans l'accueil, bercé par l'amour neptunien, dirait l'astrologue. Si cette inscription neptunienne est par trop manquante, si cette incorporation, cette intégration de Neptune s'inscrit de façon trop défaillante au début de l'existence, il faut s'attendre à différentes conséquences, à savoir que, d'une certaine manière, le sujet va chercher Neptune dans sa vie parce que, précisément, il a manqué de pouvoir vivre vraiment Neptune, de faire l'expérience de Neptune au commencement et donc de pouvoir incorporer jusqu'à un certain point ce que signifie Neptune, ce que signifie le bain des origines, ce que signifie le sentiment océanique, le sentiment d'être bercé, le sentiment d'être porté par quelque chose de beaucoup plus grand que soi et voilà.

C'est ce qui nous rappelle ce qu'on dit habituellement de Neptune dans le sens de la quête de l'amour, on parlera peut-être de Casanova plus tard, de la soif des états émotionnels, de la perte dans l'ivresse, dans les drogues, dans l'alcool, éventuellement de la quête de rédemption, le mythe du sauveur, les états dépressifs, on a vraiment tout un panel autour de ça. Oui, avec ce que tu viens d'évoquer, en bref, nous avons vraiment affaire à des conduites neptuniennes qui évidemment ne sont pas choisies de manière délibérée, le sujet est agi par des tendances neptuniennes qui lui échappent, mais ces tendances neptuniennes ont une racine, c'est la nostalgie des origines, c'est la nostalgie de l'océan, c'est la nostalgie de l'amour fusionnel qui prévalait avant que n'advienne la séparation et comme tu l'as dit, ça peut être la quête du paradis de l'amour, la quête d'une terre promise, l'idée que le but de la pérégrination humaine serait d'atteindre une terre promise où coulerait le lait, le vin et le miel qui sont des nourritures en fait des terres premières, des paradis.

Il y a, comme tu l'as soulevé, effectivement la recherche d'états émotionnels forts où l'on recherche une forme de dissolution de soi dans l'alcool, dans la drogue, mais aussi dans des effets de masse. Il y a la quête de la rédemption qu'on peut voir individuellement, mais Dieu sait si on peut le voir collectivement, quand un peuple se donne à une personne qui se présente comme un messie, ça peut valoir pour un peuple, ça peut valoir pour une secte, mais qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?

Un Führer, pour l'appeler comme ça, le chef d'une secte ou quelqu'un d'autre encore est investi des traits de Neptune, c'est-à-dire de ce pouvoir de secours, de ce pouvoir de sauver. Dans mon livre, j'ai repris l'histoire de Casanova qui est tout à fait emblématique de cette manière avec laquelle le sujet ne met pas en œuvre Neptune, mais la manière avec laquelle le sujet est agi à son insu par Neptune.

Le thème de Casanova est le thème d'un grand neptunien. Il y a une conjonction Neptune-Lune-Noire opposée à la Lune, il y a un très important

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