La légende de Taliesin

Cet exposé est la suite du volet : Vers une tradition universelle ? Le scénario dans laquelle Jean-Louis Brun expose une clef de lecture inédite, iniatique, issue du Yi Jing, permettant de comprendre l’ordonnancement de plus d’une quinzaine de mythes et légendes. Selon la légende, Taliesin aurait vécu au VIème siècle. Chef des bardes, et barde du roi Arthur, Taliesen aurait aussi enseigné Merlin. Quelle est la légende de ce barde, prince des chants ? Et quelle association pouvons-nous établir avec l'ordre des  huit hexagrammes établi par jean-Louis Brun ?

Pour visionner ce film ajoutez le au panier ou
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
14:09
À partir de 12 € / mois
VOD / 15€

Les huit symboles qui se retrouvent successivement au fil de ce récit sont : 

1 « une coupe qui se vide » : la fin de la perception dualiste du monde, 
2 « la lumière en haut, le feu en bas » : la maitrise de ses désirs
3 « le vent sur le lac » : la recherche du Maître Intérieur
4 « la montagne sous le ciel » implique un changement de peau,
5 « la montagne sur la foudre », suggère l’union des principes masculin et féminin, ou encore un retournement qui précède à une naissance
6
 « le vent sous la terre » : la fin des illusions, la sortie de l’obscurité vers la lumière
7 « le feu dans le ciel » : le rayonnement
8 « l’eau sur la terre » : l’union parfaite des eaux

Réponse de l’auteur dans ce volet de quinze  minutes.

brun_serie_3_5brun_serie_4_5

Extrait de la vidéo

Une légende celte, l'histoire de Taliesin, le chef des bardes.

Ce que nous allons évoquer, c'est donc, comme dans les autres séquences vidéo, une série de symboles, de 8 symboles, qui constituent un scénario, qui racontent une histoire, et que l'on retrouve dans plus d'une douzaine de mythes et de légendes réparties sur toute la planète, sur tous les continents.

Cette légende de Taliesin, chef des bardes, prince du chant, je l'ai découverte tout récemment dans la mythologie celtique.

Je prie les amateurs de celtisme ou de druidisme d'excuser la prononciation des noms, je ne suis pas sûr d'avoir la prononciation correcte.

Donc c'est une légende qui se déroule au pays de Galles.

Mes textes de référence, c'est la traduction du livre de Taliesin par Lady Charlotte Guest en 1877, et puis également certains éléments apportés par Jean Marcal dans son ouvrage Les Celtes et la civilisation celtique.

Alors, dans la première étape de ce scénario universel des mythes et des légendes, dans la première étape, on assiste à l'apparition d'une terre sèche dans un lac, ou un lac qui se vide.

Un thème très fréquent.

Également dans le mitriacisme, comme dans l'alchimie d'ailleurs, la première étape du processus est quelque chose qui s'appelle le corbeau, je le cite ici parce que nous allons le retrouver, et puis c'est le début d'une voie vers la connaissance.

Eh bien, dans l'histoire de Taliesin, une sorcière qui s'appelle Caridwen ou Keridwen ou Ceridwen selon les sources, a sa demeure au milieu d'un lac, ce qui signifie de toute évidence qu'elle habite sur une terre émergée au milieu d'un lac.

Au passage, le nom de Caridwen ou Ceridwen rappelle Ceres, la déesse qui a donné Céréale, qui est liée au nom des céréales, une déesse liée à la terre et la fertilité, ce qui est un point commun avec Isis, et on a vu dans la séquence consacrée au mythe d'Isis que le mythe d'Isis procède lui aussi du même schéma.

L'un des fils de cette sorcière s'appelle Morvan, et Morvan d'après Jean Marcal signifie le corbeau de mer, donc on retrouve à la première étape également une allusion qui existe également dans d'autres disciplines, dans d'autres traditions, sur ce fameux corbeau qui signerait le début de l'œuvre.

Et puis Caridwen a un autre fils qui est très très laid, il est tellement laid que la sorcière a peur qu'il ne puisse être accepté parmi les nobles, car ils sont de nobles lignés, ça aussi c'est un élément qui est courant, qui est commun dans les débuts des voies de réalisation, c'est la destinée royale, puisque se réaliser c'est se royaliser, c'est accéder au rang de roi, roi d'un royaume intérieur, pour ce qui nous concerne bien sûr, mais dans l'imagerie des mythes ça prend l'aspect d'un royaume extérieur.

Et donc, ayant peur que son fils ne soit jamais accepté parmi les nobles, elle décide de lui donner une grande connaissance, une grande inspiration, ce qui lui permettra d'être accepté en dépit de son apparence physique absolument hideuse.

Voilà donc pour la première étape qui se déroule, comme dans le schéma que nous traitons dans toutes ces séquences, qui se déroule sur une terre sèche au milieu d'un lac.

Alors, la deuxième étape, dans le scénario universel des mythes et des légendes, la deuxième étape présente un feu en bas et au-dessus un éclair ou un rayon de lumière.

Elle symbolise, pour le feu qui est en bas, l'aveuglement lié à la dualité, ou plutôt au dualisme.

Et l'élévation de ce feu vers le haut, par ce rayon de lumière ou cet éclair, transforme cette vision dualiste en un œil unique, un symbole de vérité unique, un symbole de pensée moniste par opposition à dualiste, que l'on retrouve évidemment dans le symbole du troisième œil ou de l'œil unique, c'est l'accès à un éveil.

Et bien, dans cette histoire, donc à la suite de ce que je viens de relater, Carrie Dwayne, la sorcière, charge un aveugle, qui s'appelle Morda, et un enfant ou un nain, selon les versions, un certain Gwionbak, ou Gwionbach, je ne suis pas sûr de la prononciation, de faire bouillir un chaudron pendant un an et un jour.

Alors, l'aveugle Morda, et c'est très intéressant, l'aveugle est chargé d'entretenir le feu.

Et vous voyez que le feu inférieur, le feu qui est sous le chaudron, est déjà lié à l'aveuglement ou à la cécité.

Et Gwionbach, lui, est chargé de remuer ce chaudron.

Et ils ne doivent pas cesser l'ébullition et l'agitation du chaudron pendant un an et un jour, dans quel but ? Dans le but que, à partir de cette décoction de feuilles, de plantes que Caridouane met dans le chaudron, se dégagent, par distillation, par purification, trois gouttes de charme.

Et ces trois gouttes sont liées, selon Jean Marcal, à un symbolisme qui existerait encore aujourd'hui en druidisme, qui serait trois rayons de lumière.

Alors, vous voyez qu'on a déjà le tableau symbolique qui s'est construit spontanément.

En bas, le feu, en haut, le ou les rayons de lumière, le nombre trois n'étant pas incompatible avec le nombre un, puisque le trois est ce qui mène au un.

Donc, le tableau symbolique est bel et bien reconstruit.

En bas, le feu, en haut, le rayon de lumière.

Et seulement, ça ne se passe pas comme avait prévu Caridouane parce que, par accident, Gwionbach, chargé d'agiter le chaudron, va avoir ces trois gouttes qui vont tomber sur son doigt.

Et comme c'est brûlant, il va porter son doigt à la bouche et il va absorber ce distilat de charme et d'inspiration qui était destiné au fils du Caridouane.

Et il va, tout à coup, avoir une compréhension des choses tout à fait supérieure.

Et, entre autres, il va tout de suite comprendre que Caridouane est extrêmement rusée et dangereuse et, par conséquent, il va immédiatement s'enfuir vers son pays pour rentrer chez lui.

À ce moment-là, Caridouane arrive, elle constate les dégâts, c'est-à-dire non seulement Gwionbach est parti, mais en outre, le chaudron, qui ne contenait plus que du poison, puisque ce n'était que poison à part ces trois gouttes, le chaudron s'est fendu.

Tout ce qui était à l'intérieur s'est répandu, ça a même empoisonné les chevaux de Caridouane et, furieuse, Caridouane va battre le pauvre aveugle Mordat qui restait là.

Et l'histoire dit très clairement, dans la traduction de Lady Charlotte Guest, qu'elle le bat avec un bâton ou une souche de bois, elle lui bat le visage jusqu'à ce que l'un de ses yeux tombe sur sa joue.

C'est intéressant d'ailleurs parce que Jean Marcal, en reprenant le texte, a écrit jusqu'à ce que ses yeux tombent sur sa joue, mais dans la traduction de 1877, c'est un oeil.

Ce qui signifie qu'on est passé de deux yeux à un oeil.

Abonnez-vous à la newsletter de BAGLIS TV

Haut