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Il y a une forme et une volonté d'emboîtement du religieux, de la révélation et de l'initiation dans la pensée de Jean Mourgues qui esquisse dans ce livre une réflexion d'ordre métaphysique mais qui démontre aussi la nécessité et la présence de la poésie :

" Y a-t-il un mouvement poétique plus riche et plus exaltant dans sa subtilité que celui qui naît de la simple apparition du jour, de la griserie de la lumière, de la montée des choses accédant à la conscience de l'être ?
Y a-t-il certitude plus enivrante que celle de la vie nouvelle qui, à chaque aurore, nous révèle l'immense existence qui surgit du néant, visible création ?
Tous les matins nous offrent une résurrection. Tous les matins, le monde sort du tombeau, et nous-même avec lui. Et tant que nos yeux demeurent ouverts, le tombeau reste vide.
Mais peut-on évoquer cette grâce des frais matins, qui mériterait bien une prière, sans penser à cette autre révélation, celle de notre vertu, celle de notre puissance, l'affirmation de notre grandeur ? Nous étions, dans la nuit, l'espérance du jour.
Et nous voilà, vibrants, et nés de la lumière.
Mais ce mot de révélation suffirait à tout dire, car il porte à la fois l'amour et la lumière, le mystère et la plénitude, l'interrogation et la force d'être.
Je crois que c'est, de notre condition, la véritable clé qu'accompagne, impossible à cerner, l'idée de la grâce. "
Jean Mourgues insiste sur les exigences de la queste, sur l'ascèse indispensable, sur l'herméneutique, qui vont fonder l'orientation du rite et sa verticalité.
Jean Mourgues (1919-1990) fut professeur de lettres et de philosophie, directeur d'un collège de l'enseignement public. Grand spécialiste du Rite Ecossais Ancien et Accepté, il fut Grand Commandeur du Grand Collège des Rites. Il restera dans l'histoire et la mémoire maçonniques comme l'une des personnalités marquantes de la seconde partie du XXème siècle.