Pour un bouddhisme occidental 1/2 ?

« Le Bouddhisme est une voie d’une extrême rigueur, rigueur comparable à celle empruntée par le christianisme !» nous dit Françoise Bonardel. Face à une société postmoderne qui favorise l’individualisme même dans sa spiritualité (développement personnel, spiritualité « à la carte ») et décontextualise systématiquement tout ce qu’elle touche 

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57:23
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- Le bouddhisme pratiqué en France est-il caricaturé ?

- Peut-il authentiquement représenter une voie vers  l’éveil 

- L’occident a-t-il su l’adapter à sa culture afin de le rendre aussi fécond qu’il ne l’est en Asie ?

Jean-Marc Vivenza bouddhisme occidentalBruno Bérard bouddhisme occidental

Nous avons réunis Françoise Bonardel, Jean-Marc Vivenza et Bruno Bérard afin de répondre à ces questions et tenter de dissocier l'attrait de l’exotisme - et tout l’imaginaire "peace & love" -  d’une authentique Quête spirituelle.

Une table ronde (de 2x 50 min) animée par Virginie Durand.

Extrait de la vidéo

Françoise Bonnardel, bonjour ! Bonjour Bruno Bérard, bienvenue à vous également Jean-Marc Benzard et merci à tous les trois d'être ici parmi nous pour cette rencontre consacrée à la question suivante, grande interrogation, pour un bouddhisme occidental.

Avant de débattre sur cette question, cette large question, je voulais vous interroger l'un ou l'autre pour savoir au fond ce qui vous a mené aujourd'hui à être ici autour de cette table, quel bon vent vous amène, ai-je envie de vous dire, quel bon vent vous amène, c'est-à-dire qu'est-ce qui, dans votre parcours, votre itinéraire, qu'il soit personnel, professionnel, peut-être familial, que sais-je, vous amène ici à débattre de ce sujet ? Je vous laisse la parole Françoise.

Merci, écoutez je crois que c'est une double raison au moins, raison personnelle et raison professionnelle, en ce sens que je suis professeure à la Sorbonne en philosophie des religions et je me suis très vite aperçue en prenant mes fonctions du fait que les philosophes occidentaux, en tout cas dans mon environnement philosophique, il y avait une méconnaissance assez totale, pour ne pas dire absolue, du bouddhisme et d'une façon plus générale de tout ce qui concernait l'Orient.

A partir de là, ce greffe sur un parcours personnel qui m'a amenée dans les années disons 90 à peu près, à m'intéresser de très près au bouddhisme et à m'engager personnellement sur cette voie. Par conséquent, tout en essayant de garder la différence entre les deux, il n'est pas question d'enseigner la philosophie du point de vue bouddhique, mais néanmoins de rétablir un pont, de rétablir la possibilité d'un dialogue avec l'Orient. Et d'ailleurs le premier cours, le premier séminaire que j'ai fait à la Sorbonne, au grand étonnement de tous mes collègues s'intitulait « Pour un dialogue avec l'Orient ». Ce qui, à la Sorbonne dans les années 90, était, paraît-il, quelque chose de tout à fait, je dirais presque révolutionnaire, ou enfin en tout cas n'était pas du tout dans les habitudes d'une UFR de philosophie. Donc voilà, c'est une double raison, une heureuse convergence je dirais, entre une démarche personnelle et puis la reconnaissance d'un vide philosophique. Comment se fait-il au fond que les philosophes, à quelques exceptions près bien sûr, sur lesquelles on aura peut-être l'occasion de revenir, mais comment se fait-il que les philosophes occidentaux continuent à se détourner d'un certain nombre de sagesse, spiritualité, religion, etc., qu'ils ne connaissent pas et ne font parfois pas même l'effort de connaître.

On retrouve la nécessité de faire ce pont dans votre livre « Bouddhisme et philosophie » qui est paru récemment à l'édition L'Armatan. J'ai envie de me tourner vers vous maintenant, Bruno Gérard, et de vous poser la même question. Quel itinéraire, quel chemin jusqu'ici, maintenant ?

Alors sans remonter trop loin dans les générations, mon père Pansy l'a enseigné à un moment les philosophies orientales à l'école française du yoga. Et puis plus récemment, donc mon enfance a baigné dans une relative connaissance, mais en tout cas vécue, de l'hindouisme et du bouddhisme un peu. Et puis plus récemment, j'ai pris des fonctions d'éditeur ou de directeur de collection, et à ce titre j'ai eu le plaisir de contribuer à la publication du livre de Françoise Bernardel, ou un livre de mémoire de François Chénique, qui a beaucoup travaillé aussi le bouddhisme.

C'est paru également aux éditions L'Armatan, qui s'appelle « Souvenirs métaphysiques d'Orient et d'Occident ». Et avec une partie spécialement sur le bouddhisme tibétain. Et c'est tout.

Alors si, je rajouterais peut-être que dans mes études, dans mes recherches, j'ai utilisé ce que j'ai pu apprendre du bouddhisme, donc notamment dans des sources peut-être meilleures que moins bonnes. Et puis j'ai beaucoup d'amis autour de moi qui se déclarent bouddhiques, bouddhistes, et donc en en parlant avec eux, je me suis amené à me poser des questions de société et je pourrais jouer un mister loyal à cette table ronde. A nouveau la question se pose, pour un bouddhisme occidental, point d'interrogation. Jean-Marie Wenza, j'ai envie de vous dire, à votre tour, quel chemin vous aussi aujourd'hui ? Eh bien, mon parcours a d'abord été marqué, pour ce qui me concerne, par un intérêt très fort pour les néo-platoniciens tardifs. Et à l'instigation de Georges Vallin, j'ai eu, je dirais, la bonne idée de me pencher sur les penseurs indiens des troisième, quatrième siècle, dont ils considéraient qu'ils étaient sans doute les néo-platoniciens les plus accomplis et les plus aboutis du point de vue des propositions. J'avais, pour ce qui me concerne, un grand intérêt pour Damasius, Jamblick, etc. Et je suis allé sur la pointe des pieds, au fond, chez ces personnages. Et la découverte que j'ai faite a été bouleversante, c'est-à-dire que je suis rentré en contact avec une forme de pensée qui, non seulement, m'a ouvert des horizons extraordinaires, mais que j'ai trouvé d'une puissance, sur le plan conceptuel, je ne dirais pas infiniment supérieure, parce qu'il y a des choses très, très, très fortes du point de vue des néo-platoniciens grecs, mais, en tout cas, qui possédaient une dimension exceptionnelle.

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