La chaine d’Or d’Homère: la Nature dévoilée

La chaîne d’or d’Homère constitue une référence depuis l’antiquité. Réunie en allemand dans un manuscrit du XVIIIème siècle et, chose plutôt rare pour un ouvrage d’alchimie, dans un langage compréhensible pour les non-initiés, cette chaîne nous spécifie dix anneaux "de Platon". Une échelle qui relie le Ciel et la Terre, le monde des dieux et le monde des hommes, et qui exprime le fondement des voies dites "opératives"…

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L’Occident, lorsqu’il cherche des signatures de Dieu, n’est pas contraint de se tourner vers l’Orient !

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L’ouvrage, édité par Sesheta Publications pour la première fois dans son intégralité, est composé de trois parties. La première est accessible aux débutants qui abordent l’alchimie, la deuxième s’adresse à ceux qui travaillent au laboratoire et la troisième aux opératifs avancés qui sauront découvrir dans leurs échecs répétés les savoirs qui ne sont pas immédiatement accessibles dans les écrits. Devant l’ampleur d’une telle ambition, nous avons souhaité interroger son éditeur sur la genèse connue de cet ouvrage, ainsi que sur le contenu de cette "Nature dévoilée"...

Une plongée dans les racines de l’illuminisme, de la théosophie, du rosicrucianisme, avec comme figure tutélaire: Paracelse.

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Souhaitez-vous approcher cette œuvre, saisir les raisons de sa pérennité et de son influence ? Influence qui s’étendit jusqu’à des personnalités comme Goethe ou Jung... Eléments de réponse dans cet entretien passionnant réunissant Fred MacParthy, Matthieu Frécon et Hervé Solarzyck

Extrait de la vidéo

Bonjour, nous accueillons aujourd'hui Fred McParty et Mathieu Léon au sujet de la réédition de « La chaîne d'or d'Homère » à Aurea Catena Aumérie. Fred, vous êtes le directeur des éditions Secheta. Pouvez-vous nous parler un petit peu de votre parcours ? En tant qu'éditeur ou en personnel ?

En tant qu'éditeur. En tant qu'éditeur. L'idée, Mathieu le sait très bien, la première chose que j'avais travaillée c'était de faire connaître Crolet en français. Donc on avait monté une petite maison d'édition dans les années 90 qui a duré un an et à peine.

Et puis j'ai mordu moi la chose et petit à petit l'idée c'était de faire connaître des textes inédits et puis surtout des choses qui n'étaient pas disponibles en français. Et d'élever un petit peu le niveau, on va dire, pas de la culture française au niveau ésotérique mais d'essayer de faire bouger un petit peu les choses, de faire avancer les choses par rapport à la littérature ou anglo-saxonne ou allemande même.

Donc d'apporter du neuf avec du vieux. Ou de faire du neuf avec du vieux. Mathieu, vous connaissez Fred depuis bien longtemps. Votre parcours à vous ?

Pour moi c'est exactement la même chose qu'il y avait avec Fred. On s'est rencontrés autour de Crolet et puis en travaillant moi avec Philippe Pissier on a eu envie de publier du Crolet, ce que personne ne voulait faire à l'époque. Donc j'ai monté les gouttelettes de Rosé, qui n'a aucune petite structure associative, qui n'a pas de prétention professionnelle mais qui a publié petit à petit des trucs depuis ces années-là, depuis la fin des années 80.

Et puis il publie du Crolet mais aussi d'autres choses dans le domaine de la magie, de l'ésotérisme, de l'occultisme, etc. Des vieux trucs aussi, comme Marianne Naglowska, etc. Puis je suis tombé dans l'alchimie avec spécialement La Nature du Voilé, c'est-à-dire la chaîne d'Ordomère, et j'ai réveillé les gouttelettes de Rosé pour publier un livre sur la distillation et l'alchimie récemment. Et ce qui fait que finalement, avec Fred, alors que ça fait longtemps qu'on ne s'est pas rencontré physiquement, même encore aujourd'hui, on est un peu sur la même longueur d'on.

Et donc je parle souvent de son édition de la chaîne d'Ordomère, et donc c'était l'occasion d'en parler ensemble ici. Alors, donc la chaîne d'Ordomère qui a été publiée, republiée récemment aux éditions Secheta. Tout à fait. Le titre est assez intéressant.

Pourquoi Homer ? Je pense que Homer, c'est la notion d'Odyssée. C'est plus dans cet esprit-là, parce que l'édition allemande avait un double titre, c'était la chaîne d'Ordomère et les anneaux de Platon. Donc c'est un petit peu la reprise, la conception du philosophe hermétique, donc de reprendre la philosophie grecque et de l'amener, on va dire, à quelque chose de beaucoup plus hermétique, qui est très traditionnel au XVIIe et XVIIIe siècle.

Donc c'est un petit peu l'Odyssée spirituelle ou hermétique à travers le mythe d'Homer, lorsque ça n'a strictement rien à voir avec Homer, ça c'est clair. Oui, le parcours spirituel en fait, le parcours aventureux pour retourner à... On est en alchimie, donc on peut se supposer pour retourner à un état originel. Entre autres, entre autres, oui.

Alors la chaîne d'or, là aussi c'est un élément intéressant du titre. On voit bien l'or alchimique, mais la chaîne, de quelle chaîne s'agit-il ? Ah, c'est la chaîne de, on va dire, ce qui provient du chaos jusqu'à notre matière. C'est-à-dire, c'est un petit peu comme l'art psychétrotique, mais vu totalement au niveau hermétique, uniquement.

Donc un enchaînement qui part d'un point donné et qui arrive à un autre point... Qui part du chaos et qui va jusqu'à la perfection et la quintessence. D'accord. Voilà, c'est pour ça qu'on retrouve deux symboles identiques dans la chaîne d'or en elle-même, dans le premier graphique de la chaîne en elle-même.

Alors, de quand date ce texte ? Il y a une première version qui a été publiée, visiblement. Tout à fait. La toute première version, on va dire, imprimée, est de 1723.

Mais moi ce que j'en ai conclu, ce que j'en ai vu à travers beaucoup d'écrits allemands, c'est que c'est un texte qui a circulé pendant très très longtemps sous le manteau et qui se passait d'alchimiste à alchimiste, de main à la main. Et petit à petit, je pense que le texte déjà s'est construit comme ça, parce qu'il y a différentes versions, une en deux parties, une en trois parties. Il y a même des éditions allemandes où il y a une seule première partie.

Et petit à petit, le texte a dû se construire, se maturer, et ils en ont fait une édition imprimée en 1723. Mais le texte, à mon avis, remonte plus au XVIIe, et la publication, et au XVIIIe siècle, ça c'est clair. D'accord. Et ensuite, il a été traduit en d'autres langues ?

Il a été traduit par la suite en latin, il y a eu une édition latine, ensuite une édition en 1772 en français, mais 1763 pour la version latine. Mais qui est assez coupée, on va dire, qui n'est pas complète, qui n'est pas l'identique version de la version allemande, qui est beaucoup plus courte. Donc la version française date du XVIIIe siècle ? Du XVIIIe siècle, tout à fait.

Il y a une traduction fin XVIIIe en français, qui est très courte aussi, qui est tirée de l'édition latine et qui n'est pas tirée de l'édition allemande. Parce que ce qu'on a réédité dans la chaîne d'Ordomère, là, chez Seychetta, c'est la version allemande qu'on a... Enfin, on a retraduit une bonne partie de la version, parce qu'il y avait des chapitres qui étaient trompés de moitié. Donc on a réédité une version intégrale de la chaîne d'Ordomère.

Un peu comme les éditions anglaises de Backstrom, etc. Alors, Mathieu, est-ce que vous pouvez nous parler du contenu du texte ? C'est un texte alchimique, vous connaissez suffisamment bien l'alchimie, je pense. Pourquoi ce texte ?

Quel est son propos ? Quel est son objectif ? Alors, moi je connais au départ l'édition française, donc l'édition qui n'est pas la plus complète sur le plan d'édition, mais qui contient quand même l'essentiel du texte. C'est un texte absolument unique dans l'histoire de l'alchimie.

C'est un texte qui ne contient pas le mot alchimie, ou aucun des termes techniques, rien du jargon alchimique habituel. Jusqu'au premier tiers, on aperçoit un peu les termes, sur un graphique, les termes sel, soufre, mercure, dans le sens spagyrique. Mais il n'y a aucun terme technique au départ. C'est un texte qui est très pédagogique, qui s'adresse vraiment à des débutants, à des amateurs qui s'intéressent à l'alchimie.

C'est un peu l'alchimie pour les nuls de l'époque. C'est unique dans l'histoire de la littérature alchimique, parce que tous les autres livres s'adressent finalement à des gens

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