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Publié à La Table Ronde dans la collection Les petits livres de la sagesse, ce livre rassemble quelques textes choisis, de Victor Hugo à Thérèse d'Avila en passant par les Évangiles, qui tous révèlent un aspect de Marie Madeleine, une facette de la Femme Absolue.

Mais laissons Jacqueline Kelen nous parler d'elle, nous parler d'elles, nous parler d'Elle, nous parler d'Ailes :

"Elle a la liberté d'une légende, l'audace de l'amour. Elle s'élance, elle pleure, elle espère. Elle aime la vie et les parfums, l'immense et l'inouï. Elle vit dans l'étonnement et suscite le miracle.

Elle est belle, richement parée, et on ne lui connaît pas d'époux. Subissant les insultes de ceux qui la traitent de fille trop libre menant mauvaise vie, elle se tait : elle attend la Rencontre. Elle sait que tout est possible, que du fond de la plus grande détresse se lève la beauté. Elle continue de répandre ses larmes, ses baumes, ses caresses. Déjà elle se prépare pour la fête. Elle est le printemps même. Elle s'appelle Marie de Magdala. De Jésus elle est indissociable.

[...]

L'âme chemine entre deux lumières, la lumière de l'esprit et la lumière des sens. Ces derniers ne sauraient faire obstacle, ils participent au contraire à la quête de perfection, de salut. Dans une perspective mystique, le charnel ne s'oppose pas au spirituel puisque les sens peuvent s'ouvrir en portes de l'invisible, puisque le corps entier peut être porteur de l'impalpable.

[...]

De cette heureuse conspiration entre les sens et la sagesse, de cet éveil du corps vivant et amoureux, découle une vérité que peu veulent entendre : l'amour pour le Divin est en résonance avec l'amour pour un être humain particulier. Et réciproquement. Je veux dire par là que Marie Madeleine (comme chacun d'entre nous, homme ou femme) désire, approche, et aime le Divin de la façon même dont elle désire, approche et aime l'homme de son coeur. Il ne peut pas y avoir rupture, distance entre ces deux plans, entre ces deux réalités. Ainsi l'amour fou qu'elle porte à Jésus ne peut-il être disjoint de l'amour infini qu'elle ressentira pour la Divinité ; son amour visible reflète son amour invisible."

Nous sommes parfois très proches de la pensée de Charles Duits, comme sans doute de tous ceux qui reconnaissent, en leur chair comme en leur âme, le pouvoir d'éveil et la fonction d'initiatrice de la Femme.