Etretat initiatique 2/2 : un Haut-Lieu immémorial ? 

« A Etretat, on a beaucoup parlé de passages secrets, bien réels d’ailleurs, mais on a moins pensé en termes de lieux de passages symboliques et initiatiques…. Une fois de plus, on a confondu une quête matérielle de trésor avec une quête spirituelle d’absolu ! » nous précise Stéphan Levacher dans ce second volet consacré aux mystères de la ville d’Etretat. 

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27:21
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Si le précédent volet nous donnait une lecture symbolique et alchimique de deux demeures : le Manoir de la Salamandre et le Manoir de la rue Notre Dame, à présent Stéphan nous emmène dans une lecture spirituelle et initiatique de cette ville, chargée d’histoire.

Trésor réel ou trésor symbolique : Maurice Leblanc, l’auteur du célèbre Arsène Lupin, a, de ce point de vue, volontairement alimenté confusion et phantasmes…

Ces hautes falaises, ces pythons rocheux étaient déjà présents il y a plus de dix mille ans. L’homme de l’époque, qui nourrissait déjà sa quête de sens par des symboles et des représentations allégoriques, percevait ici, probablement, une communion entre les différents règnes. Celui de la roche, des grottes et des formes animales. Autant de supports de projection pour une meilleure compréhension de sa propre condition et son évolution.

Un lieu initiatique préceltique : de l’Adam Kadmon aux secrets des Rois de France.

Hormis la proximité géographique – donc stratégique - avec le Royaume d’Angleterre et les visées royales qui depuis François 1er à Napoléon Bonaparte ont influencé le devenir de ce paisible village de pêcheurs (en apparence seulement), Stéphan Levacher nous emmène ici sur les traces de rituels préceltiques dont la perdurance se retrouverait, de manière cryptées, dans les œuvres de Maurice Leblanc…

Extrait de la vidéo

L'image la plus sophistiquée de la façade du manoir de la salamandre des Trotas représente un homme qui tient un bouclier aiguë. Sur ce bouclier en forme d'aiguë, on voit un aume métallique, un pont et un lion domestiqué. L'humain, l'homme, désigné par le aume, est ramené ici, par ce biais, à son mental représenté par la tête, un mental au soi-disant panache, très fier narcissiquement d'une puissance qu'il s'octroie et usurpe.

Mais il n'engendre en réalité que rapport de force et dureté, ce que Plotin appelle le choc des solides. D'où l'intérêt de démanteler ce corps premier, en réalité situé en bas de l'échelle des êtres. Il faut démanteler ce corps métallique, incomplet dissocié, afin de le reconfigurer. Ce travail, nécessaire pour évoluer de l'alchimiste de lui-même, s'effectuera en trois phases signifiées par les piliers du pont.

La domestication et stabilisation des souffres concrétionnées en l'état de lion rouge lors du troisième opus permettra d'envisager le franchissement d'un pont, c'est-à-dire le passage d'une dimension dans une autre. L'extrémité cachée du pont par la main du porteur d'écu suggère que cette autre dimension transcendantale n'est pas visible. L'écu que tient possède l'opérateur est aussi par définition une pièce d'argent ou d'or.

La référence aux deux pièces de métal précieux qui rapprochent des cieux ainsi que la pointe du bouclier annonce le mariage fusion du soleil or, d'une pleine conscience fondée par la concrétion des trois souffres, avec la pleine lune argent, c'est-à-dire l'inconscient structuré en âme. Cette hiérogamie, ce mariage sacré engendrera un corps de nature autre en mesure de percevoir ouvrir l'autre dimension encore occultée.

Le terme du processus est la dématérialisation, spiritualisation totale de l'être, ramené et reconduit à son essence sans forme, libéré in fine comme un parfum par la fleur de lys, IS ou LYS, au terme du processus de transmutation de la pierre de son être. Le poinçon orienté comme une aiguille vers le ciel indique une remontée possible vers le principe et un dépassement envisageable de la matérialité du corps de l'être signifié par la maison.

Le manoir affiche plusieurs têtes magnifiques de Baphomet. Les têtes de Baphomet correspondent au début de l'œuvre au blanc. Ce sont des représentations du nouveau mixte des deux corps premiers, mixte qui permet le mélange des mercures et des souffres, décloisonnés et brassés. Ce nouveau corps est instable, facétieux et potentiellement dangereux.

Il y a un risque en l'état d'une inflation psychique. Les différentes têtes, quoi qu'il en soit, nous montrent les états variés du mercure durant la phase au blanc, mais le processus est voué aussi à engendrer de beaux fruits, des fruits mûrs de l'arbre de vie. Les différentes représentations de moines culs par-dessus tête évoquent plus sereinement et de façon drôlatique la décentration opérée. La bonhomie des figures augure une recentration féconde et même une stabilisation progressive d'un centre de sagesse en ce qui concerne la statuette de facture récente qu'on trouve à l'entrée de l'halle du marché à quelques pas du manoir, la tête renversée et centrée et stabilisée par les mains.

La figure fait penser au taiji tu, au symbole du yin et du yang. Le porche d'entrée qui donne accès au restaurant du manoir de la Salamandre accumule d'autres représentations très intéressantes et cohérentes. L'une d'elles nous montre l'alchimiste en pleine action. L'alchimiste de lui-même favorise la végétation des archétypes, leur poussée et déploiement.

Il suit intuitivement leur filon et transforme ainsi sa propre pierre, la structure de son être, grâce à son travail déterminé. Les chiens musiciens représentent la fonction psychopompe en œuvre dans la psyché, les chiens flèrent un gibier invisible à l'homme cognitif et le poursuivent, le pourchassent instinctivement. L'intuition relie ainsi peu à peu les polarités dualisées du corps, ce qui permet de rétablir une harmonie d'ensemble, celle de la totalité de l'être.

Le chien qui joue de la corne muse ou du corps ou de la trompette. La corne muse, l'intuition, guide et relie les opposés. Elle est au service de l'âme, occultée, lunaire. Elle sert le travail occulte du soufre de l'âme, le vrai soleil que l'âme reflète comme elle peut et dans le prolongement émanation duquel elle se trouve.

La salamandre de la bouche de laquelle sort l'arcade du bâtiment indique que le pilote de l'œuvre, c'est en effet le soufre de l'âme qui aspire à transcender la totalité quasiment dissociée du corps premier. La croix de la porte d'entrée du restaurant stipule la verticalité ascensionnelle qui pourrait permettre de franchir un seuil, un certain niveau d'être. A l'intérieur du manoir, on trouve, dans la pièce principale, dix sculptures sur bois.

Le nombre dix renvoie au divin non encore manifesté mais sur le point sans doute de bientôt l'être manifesté. L'homme qui croque une pomme montre l'importance du désir quel qu'il soit puisqu'il répond à une attraction salutaire. Le musicien réfère à l'art des cordes, à la possibilité de créer des liens d'harmonisation par conjonction des deux corps, le visible et l'invisible. L'homme à la lanterne suggère que chaque un possède une petite lumière dans le temple intérieur de sa psyché.

Celle-ci guide le pèlerin dans l'obscurité de la caverne de son être premier dont il faudra bien sortir. L'homme à la gourde a quelque chose d'un fou. Se lancer dans une telle aventure d'une transformation radicale de son être peut paraître une folie périlleuse. Mais chacun possède la réserve de substances nécessaires pour cheminer, affronter le périple.

L'autre homme à la gourde n'est déjà plus considéré comme un fou. Peut-être a-t-il atteint un stade où il y a moins de risque de succomber à l'ivresse inflationniste, un stade où les contenus psychiques libérés sont déjà mieux régulés. L'homme au tonneau indique que les souffres concrétionnées ont été bonifiées en noyaux

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