Pourquoi l'initiation ?

Alain Pozarnik s'interroge sur la véritable initiation, un terme selon lui, étranger à la pensée occidentale moderne. Revenant sur les grands concepts de toute philosophie et de toute métaphysique, il part du postulat de base : devenir un homme véritable, c'est maîtriser ses pulsions animales et ses mécanicités humaines. L'homme de néandertal se posait déjà des questions : d'où viens-je? Qui suis-je? Que se passera-t-il après ma mort ? Depuis l'aube des temps, l'homme s'est interrogé sur la présence et l'influence de l'indicible.

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47:10
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Au cours des siècles, il a établi un système de croyances, de superstitions et de rites que chacun est aujourd'hui libre de suivre ou non.
A partir de nombreuses illustrations issues de la tradition maçonnique, l'auteur invite donc le spectateur à s'interroger sur les choix à faire dès lors qu'il désire vivre une authentique initiation entre suivre "les bonnes raisons" que lui dicte son intellect ou bien "la grande raison" qui lui vient de son coeur....

Extrait de la vidéo

La grande question en maçonnerie ou en initiation d'une façon générale, c'est pourquoi ? Pourquoi voulons-nous nous initier ? En fait, je crois que l'homme a cette particularité de sentir et d'aspirer à une grandeur, à une noblesse, à des qualités de vie, à un bonheur tout à fait légitime qu'en fait il est absolument incapable de vivre. Il est incapable de vivre ce bonheur auquel il aspire parce qu'il est toujours pris par une mécanique. La mécanique de ses pensées, la mécanique de ses émotions, la mécanique de son corps physique, il est toujours pris comme tous les mammifères sont pris par leur vie. Et son intelligence, son esprit qui pourrait faire la différence avec les autres mammifères, en fait il l'utilise et il la met au service, au service de sa mécanicité animale, de ses désirs, de ses pulsions et il ne progresse pas de cette animalité vers son humanité véritable qu'il sent en lui. C'est une question que tous les hommes se sont posées, toujours, comment réussir à vivre et à devenir un homme véritable. Alors qu'est-ce que ça veut dire devenir un homme véritable ? En fait, je crois que cette première question a été posée à la préhistoire par les néandertaliens. Les néandertaliens étaient les premiers à enterrer les morts dans des espèces de ventres de la terre, des tumulus, ils mettaient leurs morts en position fétale, orientés vers la sortie du tumulus comme s'ils allaient renaître quelque chose et aussi quelque chose d'eux-mêmes allait renaître et poursuivre leur vie. C'est assez exceptionnel parce qu'on ne trouve jamais dans la nature une renaissance, à part les cycles annuels, on ne retrouve pas de renaissance d'un corps, d'un animal qui serait mort. Alors est-ce que les néandertaliens étaient en contact, avaient une conscience qui leur permettait de ressentir ce qu'il y avait au-delà de la mort et donc de ce fait, ils ont poursuivi et enterré les morts et créé des rituels.

C'est possible. En tout cas, ils ont vécu avec l'homo sapiens pendant 35 000 ans et ils sont disparus de façon assez mystérieuse. L'homo sapiens était un homme plus intelligent, plus souple, plus mentalement structuré et probablement l'homo sapiens n'avait plus cette sensibilité de l'au-delà. Mais il avait appris du néandertalien que cet au-delà pouvait exister, qu'il y avait une espèce de magie, une espèce de communication avec l'invisible. Et l'homo sapiens a commencé à chercher comment rentrer en communication avec cet invisible. A partir de là, il y a eu probablement deux branches. Une branche religieuse où il suffisait de croire en l'invisible et une branche initiatique où l'homme tel qu'il était, avec son incapacité d'avoir une conscience plus ouverte, apprenait comment acquérir cette connaissance. Et ça, c'est toute la voie initiatique que l'on retrouve à travers toute l'histoire de notre humanité. On la retrouve à Babylone, on la retrouve chez les Perses, on la retrouve chez les Égyptiens, chez les Grecs bien sûr, où l'initiation était tout à fait officielle. Chaque ville citée, chaque état cité avait son initiation, qui formait les intellectuels, qui formait les magistrats, qui ouvraient l'esprit de ceux qui s'y intéressaient. A Rome, avec certaines déviances, on commençait à arriver à la croyance et à la superstition plus que l'initiation. Et petit à petit, avec le Moyen-Âge, nous avons sombré dans la superstition et la croyance pure. Malgré tout, le chemin initiatique s'est propagé à travers les constructeurs de cathédrales qui étaient au service de cet invisible justement. Et les constructeurs de cathédrales, au moment où ils se sont éteints vers le XIIIe siècle, ils ont commencé à s'éteindre vers le XIVe, XVe siècle, ont retransmis leur savoir au reste de la population avec la maçonnerie moderne qui est née en 1717. Donc il y a une filiation continuelle de cette connaissance initiatique. Quels étaient donc les grands problèmes que nous ont soulevés ? On pourra éventuellement revenir sur ce problème des initiations à travers l'Histoire car ils sont passionnants et on les retrouve encore actuellement. Par exemple, dans l'initiation mitraïque, Mitra est né d'une étincelle jaillie d'une pierre. Et on voit bien que les francs-maçons recherchent la lumière et se considèrent eux-mêmes comme la pierre.

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