1 1 1 1 1 1 1 1 1 1

Le symbolisme islamique est particulièrement riche et mérite une véritable investigation. L'entrée dans la culture islamique par ses symboles est sans doute l'une des plus passionnantes et l'une des plus exigeantes en raison de l'ambivalence du symbole dans la Tradition de l'Islam. Ce livre est l'occasion de découvrir l'univers musulman, univers qui, en cette période de tensions, attire et effraie tout à la fois car il reste largement inconnu à l'occidental.
L'auteur de ce dictionnaire, Malek Chebel est anthropologue, spécialiste du monde arabe et musulman. Collaborateur de nombreuses revues, il a aussi écrit une vingtaine d'ouvrages sur l'identité, la psychologie et la symbolique musulmanes.
Malek Chabel traite du symbole musulman sous l'angle de la vie quotidienne mais aussi sous l'angle de la doctrine. Ë travers ses 1600 entrées, ses milliers de renvois et de citations, sa bibliographie très complète, ce dictionnaire explore l'imaginaire traditionnel de l'islam, en révèle sa profondeur et sa complexité.
Malek Chabel avertit : " la culture islamique, via la langue arabe, est imprégnée d'une notion ancienne, l'ambivalence, dont il faut tenir compte dans le traitement du symbole, celui-ci étant perçu, ici, comme une simple partie, sans doute déjà conséquente, d'un ensemble plus vaste constitué du réservoir de toutes les "Représentations collectives". Mieux. Ë leur contact, la symbolique se développe et, dans une dialectique d'échanges microscopiques, s'enrichit au fur et à mesure qu'elle se trouve reliée à des protocoles concrets. Aussi, sommes-nous régulièrement amené à expliciter quels niveaux de sédimentation sont privilégiés, quels univers composites de rite ou de doctrine et quels Sinnbilden (étym. probable du mot Symbole en allemand : Bild = Image ; Sinn = Sens) exotérique ou ésotérique sont davantage retenus. Pourtant, ni dans le Coran ni - a fortiori - dans la langue arabe, on ne peut tout traiter du seul point de vue symbolique, car alors nous tomberions dans le travers de ces auteurs jusqu'au-boutistes, qui transforment tout phénomène, même prosaïque, en une alchimie permanente o des évocations mystiformes, contrefaites, malaxées, déformées, le disputent à la fantasmagorie de l'auteur. [...]
Le corpus ici réuni n'est pas exhaustif et, dans un domaine aussi touffu, il est superflu de chercher une telle exhaustivité, aussi vaine que dangereuse. Le concept choisi, celui d'un Dictionnaire, avec des entrées aux corrélations diverses, est suggestif d'une complexité réelle puique le champ sémantique couvert, pour étendu qu'il puisse être, ne peut en aucun cas s'absoudre, ici ou là, de quelque imperfection. Le plus gros des entrées est spécifiquement coranique, le reste est musulman : Perse, Turquie, monde arabe. En revanche, dans un souci d'équilibre, plusieurs concepts d'origine proche-orientale - égypte ancienne, Mésopotamie, Mythologies méditerranéennes, Religions du Livre, Notions pré-islamiques, Maghreb ancien (Numidie, Carthage), Afrique noire, etc. ont été introduits ou suggérés. Leur seule vertu est d'offir un contraste salutaire permettant à qui veut l'entendre une extrapolation utile et éclairante. Nous n'avons pas cherché à atteindre une quelconque Symbolique universelle, car plus que jamais, pour une religion-culture-langue comme l'Islam, l'heure n'est pas à l'éclatement tous azimuts mais à une recentration conceptuelle, seul paradigme pouvant concerner des Musulmans aussi divers les uns des autres que les Yéménites, les Mauritaniens, les Indonésiens, les Comoriens, les Slaves, les Afghans, les Maliens, les Chinois, les Musulmans français ou américains."