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Cette édition du livre particulièrement important du Philosophe Inconnu consacré aux nombres est très réussie. Il s’agit de la réimpression de l’édition Chacornac de 1913, suivie de la reproduction du Manuscrit des Nombres copié par Léonard Prunelle de Lière.

 

Les nombres tiennent une place importante dans l’œuvre de Louis-Claude de Saint-Martin. Il aborde le sujet dès son premier livre, Des erreurs et de la vérité, mais aussi dans le Tableau naturel, De l’esprit des choses et développe certains points lors des Leçons de Lyon données aux Elus Coëns lyonnais.

C’est tardivement, quarante ans après la mort de l’auteur, qu’est publié Des Nombres, en 1843, d’après un manuscrit inachevé.

L’approche arithmosophique de Louis-Claude de Saint-Martin est bien sûr imprégnée de la doctrine de la Réintégration de Martinès de Pasqually dont la clé reste le passage du ternaire au quaternaire. Cependant, Louis-Claude de Saint-Martin puise à d’autres sources, notamment Jacob Boehme.

L’un des aspects les plus importants de la pensée arithmosophique de Saint-Martin est la prise en compte du plan dans lequel ils sont abordés. Si les nombres ont une essence, elle ne s’exprime pas de la même manière et avec la même intensité selon les niveaux auxquels ils sont saisis ou considérés. Les nombres deviennent ainsi vivants et corrélés au mouvement de l’Être. Il renouvèle ainsi l’enseignement donné par Martinès de Pasqually, évitant que les nombres se retrouvent figés par leurs définitions symboliques.

Outre les nombres, Louis-Claude de Saint-Martin s’intéresse aux figures géométriques associées, triangle, carré, croix, cercle, hexagramme et autres. Il se permet même un détour par les traditions chinoises, ce qui montre l’ouverture d’esprit du Philosophe Inconnu.

« Je ne puis nier, dit-il, avoir éprouvé une satisfaction de plus vives en rencontrant les traces antiques d’une vérité des plus profondes, et qui, grâce à Dieu, m’avaient été rendues palpables dans mes méditations plus d’un an avant que j’eusse lu le volume chinois qui nous les transmet. »

La pensée de Louis-Claude de Saint-Martin est à la fois traditionnelle et originale, en ce sens qu’il cherche à traverser les formes traditionnelles pour en saisir les vérités. C’est ainsi une structure « absolue » qu’il cherche à inscrire par les nombres, en même temps qu’un chemin de réintégration.

Cette belle édition intéressera tous ceux, qui de près ou de loin s’intéressent au courant martiniste en ses diverses expressions maçonniques et non-maçonniques ou, plus généralement à la symbolique des nombres.

Source: La lettre du crocodile 

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