images/livres/La-Veuve-Egyptienne.jpg

Joseph Tsang Mang Kin, ancien ministre de la Culture de l’Île Maurice est aujourd’hui Président du Souverain Sanctuaire du Rite de Misraïm et Memphis pour l’Océan Indien et de la Confédération de Souverains Sanctuaires Traditionnels des deux Hémisphères. 

Dans une Franc-maçonnerie égyptienne qui ne cesse de se morceler depuis les passages à l’Orient Eternel de Robert Ambelain et Sebastiano Caracciolo, entre querelles gallinacéennes, faux documents, hiérophanies auto-proclamées, hypertrophies des égos et des filiations – les deux sont concomitantes - Joseph Tsang Mang-Kin apparaît comme un vieux sage soucieux seulement du travail initiatique. Son action, que ce soit comme Grand-Maître de l’Ordre Maçonnique Traditionnel, dont l’influence va bien au-delà de l’Océan Indien, ou d’animateur de la Confédération des Souverains Sanctuaires Traditionnels, laisse espérer la fin du processus d’émiettement des rites maçonniques égyptiens et un rassemblement autour de l’essentiel.

Trop européo-centrés, les Francs-maçons d’Europe de l’Ouest ignorent généralement tout des Franc-maçonneries d’autres continents. Pris dans le filet de l’illusion de l’universalisme maçonnique, nous ignorons les spécificités et les richesses de Franc-maçonneries éloignées, qu’elles soient sud-américaines, asiatiques, africaines ou autres, et, avec ce livre qui nous ouvrent sur bien des inconnus, mauriciennes. Autre illusion tenace, celle qui fait systématiquement des Francs-maçons des progressistes, pourfendeurs des esclavagistes ou autres prédateurs des libertés. En réalité, la Franc-maçonnerie, reflet épais de la société en sa diversité, fut le plus souvent réfractaire au changement, partagée, voire clivée, sur les questions sociétales profondes. Ce livre en témoigne.

Le travail considérable de Joseph Tsang Mang-Kin n’est pas seulement un ouvrage historique sur la Franc-maçonnerie de l’Île Maurice ou de l’Océan Indien, il questionne l’institution maçonnique, qui ne manque pas d’errances aujourd’hui comme hier, et constitue une opportunité, en cette période de mutations singulières, d’évaluer et orienter.

L’Île Maurice est un carrefour exceptionnel des mondes et des cultures. Il existe un regard mauricien qui permet à des spiritualités multiples de se reconnaître et de se tourner ensemble vers la Source unique et ultime. De cette manière, la Franc-maçonnerie mauricienne et indienne peut constituer un laboratoire pour le reste du monde. Sa culture îlienne est un cadre privilégié pour l’expression de l’archétype de l’Île centrale, en ses multiples expressions selon les traditions.

Le voyage historique et géographique offert par Joseph Tsang Mang-Kin est un dépaysement, un décentrement, ouvrant sur de vastes infinis dès lors que le lecteur sait prendre appui sur cette histoire particulière et complexe pour explorer les méandres créateurs de la pensée, derrière le rideau sombre des opinions conditionnées qui, trop souvent, polluent l’expérience initiatique maçonnique. Il veut renouer le fil rompu entre mythes et histoire par un long survol temporel et géographique du monde initiatique.

Joseph Tsang Mang-Kin témoigne. Avec modestie et distance. Le lecteur, récepteur, est invité à faire de la matière du témoignage une connaissance et une ressource pour le présent et l’actualisation de futurs bienveillants. Il s’agit moins de régresser jusqu’à une source d’expérience directe que de se doter d’outils choisis de compréhension et d’édification.

Source: La lettre du crocodile 

VOUS AIMEREZ AUSSI

Haut