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Dominique Godrèche est ethnopsychologue. Elle a une grande expérience de l’apport de la méditation dans la santé. Elle a ainsi ouvert dans le service du Professeur Olievenstein, spécialiste des addictions, une consultation basée sur la pratique de la méditation. Une première en France, qui a beaucoup de retard dans ce domaine par rapport à d’autres Etats comme la Belgique, le Canada, l’Italie…

Sa pratique et sa pensée se fondent sur une grande expérience de la méditation, vipassana, mindfulness mais aussi des rites de guérison amérindiens, lakotas notamment, mexicains ou autres.

Les confinements successifs qui ont marqué la planète lors de pandémie de Covid ont révélé les grandes carences de nos sociétés incapables de référence interne et de rappel à soi. Dominique Godrèche examine les déconstructions qui sont les nôtres, celles de la personne, du lien social, du langage… qui génèrent suspicions, violences, isolements, addictions, peurs, souffrances.

En rendant compte du chemin qu’elle a parcouru parmi plusieurs traditions, principalement le bouddhisme, qu’elle détaille dans un chapitre intitulé « carnets de vipassana », elle laisse émerger en elle, ou retrouver les composants naturels d’une vie libre des conditionnements, goûtant la non-séparation. C’est auprès de Satya Narayan Goenka qu’elle découvrit et approfondit vipassana. Elle raconte les pratiques, les exigences, les difficultés de vipassana, les discours de Goenka, les histoires traditionnelles qui viennent illustrer et révéler ce cheminement. En développant longuement ce processus, elle permet au lecteur de saisir comment vipassana modifie notre rapport à nous-même, à l’autre, au monde, durablement contrairement à bien des pratiques.

« L’assimilation ? dit-elle. Au début de l’apprentissage, il y a deux phases : l’enseignement, ses caractéristiques, les techniques, la terminologie, le contexte culturel. Tout cela contribue à l’exotisme de l’expérience… Et le disciple : ses caractéristiques, sa culture, sa différence et sa distance avec ce qui lui est transmis. Sa relation à l’enseignement. Après un certain temps, ces deux phases fusionnent pour n’en faire qu’une, se fondant l’une à l’autre. Le stade des définitions formelles est alors dépassé, les catégorisations, la terreur respectueuse devant l’Autre. L’enseignement a imprégné l’enseigné ; il l’a fait sien.

A cet instant, le disciple vit ce qui lui a été transmis, n’éprouvant ni le besoin d’en parler, ou de l’exhiber. L’enseignement fait partie de lui : il est lui. »

De retour en Europe, Dominique Godrèche va vivre les richesses de la rencontre des savoirs entre Orient et Occident grâce à l’ouverture d’esprit de Claude Olievenstein. En ouvrant une consultation thérapeutique avec initiation aux pratiques méditatives dans un centre de soin en réponse aux pratiques addictives, elle va découvrir l’essence de sa pratique tout en observant les mécanismes de l’addiction qui interrogent à la fois les dysfonctionnements sociétaux et la nature de la conscience.

« Il s’agit donc de réussir à habiter le présent autant que possible, en débloquant les mécanismes qui empêchent d’y participer. Ne plus aborder la réalité à travers le processus mental des « oui » ou des « non ».

Lorsque se lève le barrage des craintes et des rejets, la participation à l’instant s’intensifie. Et la capacité d’être un, d’être avec. »

Le témoignage de Dominique Godrèche est précieux, il permet d’envisager un autre rapport à la santé et au monde, plus ajusté au réel, plus épanouissant, plus créatif. Si la pratique méditative favorise l’auto-réparation, c’est d’abord parce qu’elle constitue une ouverture naturelle à la nature, à l’autre, à la beauté, à la liberté.

Source: La Lettre du Crocodile

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