La première consiste à penser que l’eschatologie n’est pas exclusivement une représentation du monde ni même une conception du temps mais bien un mode de vision spécifique ; l’eschatologie relève en ce sens du visible, de la vision, ou de la vue. La seconde hypothèse consiste à inscrire la vision eschatologique de l’histoire dans l’intention théologico-politique du martyr telle qu’elle s’est déployée dès le début du IIème siècle de notre ère.
Henry Corbin parle lui-même dans « En islam iranienne » (Vol.4) d’un mode de vision eschatologique : une vision des choses selon le règne des formes intelligibles intermédiaires entre le monde sensible et le monde suprasensible : « toute hiéro-gnose, toute perception visionnaire est eschatologique puisqu’elle met aux conditions du temps mesuré par la chronologie de ce monde-ci : nous en avons un exemple saisissant dans le hadîth du Nuage Blanc commenté par Rûmi.  
Avoir la capacité de percevoir les formes spirituelles, c’est déjà appartenir à leur monde, c’est déjà être sorti, fût-ce momentanément du temps opaque et dense de ce monde-ci ».
A quelle « appartenance » Henry Corbin se réfrère-t-il?
A quoi correspond cette vision ?
A  quel cadre théologico-politique se rattachent  les martyrs ?
A vous de vous faire un idée dans cet exposé de 52 minutes filmé lors du 5ème colloque des Journées des Amis d’Henry et Stella Corbin.