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L’idée fondatrice de Chevalerie spirituelle commune à l’islam, au christianisme et au judaïsme fut longuement portée par Henry Corbin sans qu’il soit véritablement entendu. Nous retrouvons cette démarche chez Philippe de Vos, familier de la pensée d’Henry Corbin comme de Gerhom Scholem. Comme Henry Corbin, il entre dans cette dimension initiatique par l’islam, principalement iranien, dont le soufisme, pour reconquérir la Grammaire sacrée et secrète qui génère la trame de l’univers.

« Cette Science des Lettres nous permet, dit-il, de contempler le Grand Œuvre de la création, les Lois de l’Univers qu’en Inde l’on nomme le Dharma, en islam Din Al Qayyim, le Culte éternel, ou Sunna Allah, la Coutume divine.

Les lettres manifestent de façon éminente la Loi de la création, construite à partir du couple Jamal, la Beauté, et Jalal, la Majesté, respectivement yin-yang, principe féminin-masculin. »

La voie dont il est question ici est celle qui jaillit, évidente, une fois les formes culturelles et traditionnelles traversées. Elle est alchimique et commune à l’Orient et l’Occident. Le sujet est bien la voie du corps de Lumière.

Philippe de Vos commence par aborder les alliances et les nuances entre voie prophétique et voie alchimique. Il détaille le processus initiatique, insiste sur l’importance des lignées et de certaines figures ou communautés spirituelles majeures comme les Ahl Al-Bayt, gardiens du secret. Il n’hésite pas à faire des références comparatives avec les formulations équivalentes des voies orientales, notamment chinoises ou avec les recherches scientifiques sur les niveaux informationnels par exemple. L’objectif est de mettre en évidence la manifestation théophanique des archétypes pour mieux se dégager des formes.

Basé sur l’enseignement de Jabir ibn Hayyan (Geber), mais aussi du Cheikh Ibn Arabi, la plus grande partie de l’ouvrage porte sur les vingt-huit lettres de l’alphabet arabe et leurs rapports avec les lettres hébraïques et phéniciennes. Chaque lettre est présentée (valeurs, nombres, phonations, natures, éléments, prophètes associés, sagesses correspondantes…) et commentée. L’aspect opératif n’est jamais perdu de vue derrière la dimension métaphysique.

Dans toute expression traditionnelle, le Retour à la Source, à l’Essence, est central et justifie les pratiques associées au corps de Lumière. C’est l’objet de la dernière partie de l’ouvrage. Le propos se caractérise par la Beauté, portée bien entendu par le sujet et par les lettres elles-mêmes, le compagnonnage qui typifie l’initiation et la Grâce qui n’est que Liberté.

« Ce que nous souhaitons, écrit encore l’auteur, est, bien entendu, l’extase dans la Joie et la Paix. Elle survient en effet, dans ce chemin, comme une Grâce ineffable et il est juste de la rechercher mais, vous l’aurez compris, c’est un don que l’on ne peut pas exiger. Toutes les pratiques précédentes sont destinées à nous configurer afin que cette prédisposition arrive et « Que notre cœur devienne le Trône de Dieu ». »

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