Hiram et Freud 1/3

"La Franc-Maçonnerie sur le Divan" aurait pu s’intituler cette rencontre inattendue entre un franc-maçon, Jacques Fontaine, et une psychanalyste (non-initiée), Marie-Hélène Gonnin. Qu’ont en commun un franc-maçon et un analysé ? Quelles correspondances pouvons-nous établir entre le rituel d’une tenue maçonnique et un passage sur le divan ?

Si pour Jacques Fontaine, le "Connais-toi toi-même" socratique représente le fil rouge entre psychanalyse et Franc-Maçonnerie, pour Marie-Hélène Gonnin, à l’instar d’un iceberg (10% émergé et 90% immergé) les franc-maçons ne se livrent qu’à un examen superficiel de conscience, celle de la partie émergée de la psyché.

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En effet, pour Marie-Hélène Gonnin, la règle maçonnique et sa codification morale correspondent aux "coups de bâton" qu’assène le Surmoi.

Pour elle, les franc-maçons auscultent certes leur conscience, et c’est tout à leur honneur en ces temps d’éparpillement généralisé, mais ils ne s’aventurent jamais dans la partie immergée de leur psyché : l’inconscient, et qui est pourtant la plus profonde.

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Ainsi la sexualité, le refoulement et la notion même d’inconscient ne semblent pas trouver de correspondance dans les quelques quatre vingt-symboles sur lesquels tout franc-maçon travaille…

Est-ce lié au siècle et demi qui sépare l’avènement de la franc-maçonnerie de la psychanalyse ? "Autre époque, autre tendance" ? Ou bien la réalité ne se situerait-elle pas sur un autre plan, dans les mythes et allégories tels que le meurtre d’Hiram ? L’édification de son temple intérieur ?

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Eléments de réponse dans ce premier volet d'une durée de 41 minutes, animé par Daniel Videlier et enregistré au Forum 104.

Extrait de la vidéo

Bonjour, je m'appelle Daniel Videlier, et je vais tout de suite commencer par vous présenter mes deux accompagnateurs. Tout d'abord Marie-Hélène Gonin, co-auteure du livre dont nous allons parler. Elle est psychologue de formation et a également une formation psychanalytique. Actuellement, elle est consultante en ressources humaines et elle répond dans l'ouvrage que nous vous présentons aujourd'hui au patronyme de Juliette Dumoulin.

Jacques Fontaine en face de moi, Joseph dans le livre, est expert en ingénierie de formation, consultant en ressources humaines, initié depuis 43 ans, ce que n'est pas Marie-Hélène, et passionné pour transmettre le génie de la formationnerie. Venons-en maintenant au livre sujet de notre entretien qui s'intitule « Hiram et Freud ». Nous reviendrons sur les deux patronymes, surtout sur le premier qui est un peu moins connu que le second.

Un essai de psychanalyse appliqué à la formationnerie. Vous pouvez vous procurer ce livre chez EdiLivre, soit sur papier, soit en le téléchargeant, puisque EdiLivre est un éditeur spécialisé dans le téléchargement, et vous pouvez vous le procurer dès la rentrée prochaine. Sans plus attendre, je vais poser à Jacques Fontaine une première question qui respectera comme les questions suivantes l'ordre pédagogique du livre.

Jacques, la psychanalyse fait souvent peur, et en même temps, ou pour cela même, elle apporte une meilleure connaissance de soi. Que faut-il en penser ? Alors que la psychanalyse fasse peur, oui, et c'est d'autant plus vrai dans le monde maçonnique où une des visées, une des finalités de la franc-maçonnerie se donne pour être mieux se connaître soi-même. Et par le fait même que, Marie-Hélène pourra peut-être expliquer, mieux se connaître soi-même, c'est relativement limité en franc-maçonnerie.

Et le fait d'agiter la psychanalyse a quelque chose d'inconvenant et d'incongru. Et très rapidement, on dit, mais je ne suis pas anormal, nous ne sommes pas des anormaux, c'est-à-dire qu'il y a des confusions entre la thérapie et la psychanalyse. On peut dire aussi, mais Freud rapporte tout au sexe et la franc-maçonnerie jamais ne parle de sexe. On verra ce que l'on peut en penser avec Marie-Hélène.

Voilà sur la connaissance de soi en franc-maçonnerie. Alors, ce n'est pas nouveau, quand même, cette injonction de connaissance de soi. Et il faut saluer la maçonnerie dans la mesure où, dès la moitié du XVIIIe siècle, à peu près au milieu du XVIIIe siècle, on lit dans le manuscrit Bello qui est déposé à la Bibliothèque Nationale, cette phrase-là, le premier point de la franc-maçonnerie est de se connaître soi-même.

Donc l'idée d'introspection est une idée ancienne pour la franc-maçonnerie. Maintenant, les temps ont passé, 1900 et Freud s'est également écoulé et on peut avoir un regard renouvelé sur ce que veut dire une telle phrase. Voilà ce que l'on peut dire. D'accord.

Nous allons demander justement à Marie-Hélène, elle, ce qu'elle en pense. Alors, je vais revenir sur les propos de Jacques. En psychanalyse, la connaissance de soi revêt un autre aspect. La signification c'est toujours se connaître, mais pas du tout sur le même registre.

Si je voulais faire une comparaison en utilisant une métaphore, je vais prendre un iceberg. Dans un iceberg, il y a 90% du volume de l'iceberg qui est immergé, alors que 10% sont émergés. Où vont les maçons ? Ils vont jusqu'à la surface de l'eau, peut-être un tout petit peu en dessous de la surface de l'eau, mais rarement, parce que ce n'est pas leur vocation, dans ce qu'on pourrait appeler la grosse masse profondément, qui intéresse particulièrement la psychanalyse.

Alors, là-dessus, Freud a proposé deux topiques de l'appareil psychique, le préconscient, le conscient, l'inconscient. Un peu plus tard, il proposera le surmoi, le moi, etc. Je tire mon chapeau aux francs-maçons, dans la mesure où leur devise est « connais-toi toi-même », et je pense que réfléchir à la connaissance de soi-même, c'est quelque chose d'assez remarquable à l'heure actuelle, puisque beaucoup de personnes, a contrario, ne veulent pas se connaître.

Bien entendu, on n'est pas dans le même registre de la connaissance. On n'est pas dans le registre des pulsions, quand on parle de la franc-maçonnerie, des francs-maçons, mais je salue cet effort de connaissance. Est-ce que tu voudrais dire, Marie-Hélène, par là, comme on a travaillé ensemble, on a fait le livre, j'ai des idées sur ce qui peut être dit, que les francs-maçons, par rapport à ce que tu appelles la topique, c'est-à-dire l'étagement du psychisme que nous avons tous en conscient, inconscient, et au milieu, cette zone plus floue, le préconscient, les francs-maçons descendent dans le conscient, frôlent le préconscient, mais ne vont pas jusqu'en bas.

Est-ce que l'on pourrait employer le terme, simplement, d'examen C'est-à-dire que les francs-maçons font les meilleurs d'entre eux, parce que c'est pas encore évident que tout le monde le fasse, mais se livreraient à un examen de conscience. Alors, le mot me paraît tout à fait approprié, d'autant plus que dans l'examen de conscience, il y a une espèce de connotation morale. Presque religieuse. Presque religieuse, presque sectaire, puisque souvent on a parlé de secte maçonnique.

Simplement, moi je retiendrais l'aspect moral des choses. Chez les francs-maçons, la connaissance de soi est une espèce de devoir moral. Connais-toi toi-même, d'autres l'ont dit avant les maçons, mais simplement cette espèce d'exigence, on verra plus tard qu'il y a un certain nombre de principes moraux qu'on pourra interpréter sur un plan psychanalytique, mais quand Jean dit, on s'arrête le conscient, le préconscient, et on descend jamais au niveau des pulsions, alors que précisément c'est ce qui intéresse le psychanalyse.

Voilà, d'accord. Est-ce qu'on a épuisé ce premier point ? Oh, épuisé certainement pas, mais c'est ce premier point qui est crucial. Pour notre entretien.

Alors, j'ajoute quand même pour nos spectateurs, ceux qui regarderont la vidéo ou ceux qui liront le livre, j'ajoute que dans le livre, il y a deux parties. Vous pouvez lire le livre de deux façons. Soit les parties de droite, où c'est toute l'histoire de plusieurs rencontres entre Juliette Dumoulin et Joseph Friedberg. Et au fur et à mesure de ces rencontres, je raconte à Juliette tel ou tel point de la maçonnerie, et comme nous le faisons actuellement, elle réagit, elle, en faisant la lecture, en passant en quelque sorte au scanner.

Elle scanne complètement le rythme maçonnique pour voir ce que c'est. Donc c'est utile de savoir, alors que dans les pages verso, il y a toutes les explications des concepts psychanalytiques simplifiés et tout à fait pédagogiques. Je le dis parce que le livre vise quand même deux types de lecteurs, et ces deux types de lecteurs ont besoin de s'alimenter aux pages verso et aux pages recto. D'une part, ce sont tous les psys, alors les psychologues, les psychothérapeutes, les psychiatres, voire peut-être même les psychanalystes, qui seront contents de se retrouver en famille et qui ne sont pas obligatoirement initiés, et ceux-ci s'intéresseront au dépouillement sur le divan du rythme maçonnique.

Et puis, de l'autre côté, il y a tous les initiés, mais initiés au sens large. Il y a bien sûr les francs-maçons, mais on peut parler également des rose-croix, on peut parler des théosophes, et ceci ne départ pas par rapport à l'analyse analytique qu'en fait Marie-Hélène. Voilà, je me permets, si ça ne vous dérange pas Daniel, de faire juste la partie pour dire qui est Hiram, parce que autant Marie-Hélène, tu l'as dit, Freud est connu, très connu, bien connu, pour nous c'est un monument du génie humain, pour d'autres, il est à mettre aux oubliettes.

Bon, chacun voit ce qu'il veut chez ce grand-homme.

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