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L’ouvrage, présenté, traduit et annoté par Patrick Mandala, rassemble l’essence des enseignements de Râmana Mahârshi, sous une forme très condensée. Le modèle en est celui de la Bhagava-Gîtâ. En dix-huit chapitres, sous la forme de conversations ou d’instructions, l’enseignement non-dualiste de Râmana Mahârshi est présenté de manière très structurée. Le texte a été revu et parfois corrigé par Râmana Mahârshi.

Beaucoup des conversations reprises dans ce livre viennent des échanges avec Ganapathi Muni, l’un des premiers disciples de Râmana Mahârshi, l’un des plus proches, lui-même maître spirituel renommé.

Les entretiens débutent par l’importance et la nature de la méditation, la place des pratiques, leurs bienfaits et leurs limites. Ces exercices, et les efforts associés, disparaissent quand il n’y a plus de mental.

« Le mental peut-il arriver à s’attraper lui-même comme s’il était un objet ? interroge Râmana Mahârshi. La voie véritable, mârga, consiste à chercher et à trouver la source de toutes les fonctions mentales. Cette source du mental est la Réalité suprême. En raison de l’interdépendance des pensées, le Soi ne peut être connu. Lorsque les pensées ont toutes disparues, Il peut être connu. » Pour découvrir sa véritable nature, l’être humain peut s’appuyer sur diverses pratiques comme la répétition des mantras ou pranava afin de cesser l’identification à l’objet. Chacune des paroles de Râmana Mahârshi visent le but ultime et cherchent à libérer des identifications, des croyances, des limites et des pièges du langage jusqu’à se fondre dans sa propre Source. Ainsi, pourquoi parler de la libération ? « Comme en réalité il n’y a pas de « servitude », il n’y a donc pas de « libération. » Ces distinctions passagères doivent être dépassées et Râmana Mahârshi veillent à ce que l’on ne puisse pas s’arrêter en chemin dans la satisfaction d’une identification partielle.

Plutôt que l’étude des Ecritures, Râmana Mahârshi insiste sur une « enquête sur soi-même », la recherche de la source de la pensée « Je » :

« Le résultat de l’enquête sur soi-même est la libération de toute souffrance. C’est le plus haut de tous les fruits. Il n’y a rien de plus élevé que cela. »

Les paroles de Râmana Mahârshi sont pleines de beauté et de profondeur, cependant le lecteur ne doit pas oublier qu’elles sont également éminemment pratiques et appellent une mise en œuvre, ainsi sur le karma, le lien, la société… Les mystères sont rappelés afin que le lecteur ne s’installe pas dans l’illusion de la compréhension intellectuelle :

« Bien que le Suprême se meuve en raison de sa propre divine shakti, en réalité il est immobile. Seul le Sage peut comprendre ce profond mystère. »

L’enseignement tend vers l’Un par la simplification et la non-séparation, peu importe le chemin emprunté.

« Demeurer dans le Soi est identique pour tous, de même la destruction de la servitude est identique pour tous mais il n’y a qu’une seule sorte de libération. La différence entre les libérés n’apparaît qu’aux esprits des autres. »

Certains mots, principalement sanskrits, sont explicités par Râmana Mahârshi afin de restituer au mot sa profondeur. Les paroles de Râmana Mahârshi sont brèves, elles invitent à la méditation afin d’en rechercher toute la saveur (rasa).

Quelle que soit la voie ou la pratique du lecteur, cet enseignement ne pourra que lui permettre d’aller plus loin, plus profondément dans la « saisie » de la non-dualité.

Source: La lettre du crocodile

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